Vendredi, 20 Septembre 2019
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Mieux vaut tard que jamais:La mixtape qui arrive à point nommé

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Avec son nouveau projet, Dareal vient donner un bol d’air frais à une machine rap camerounaise qui semblait présenter des signes d’essoufflement.

Par Lucien Bodo

Du temps s’est écoulé, mais le vocal est resté intact, puissant. L’inspiration n’a pas tari. Au contraire, elle semble même déborder. Le 14 juin dernier, le public a fait la rencontre de « MVTQJ » (Mieux vaut tard que jamais), mixtape de 14 titres éclectiques aussi bien dans les thèmes abordés que les styles mis en évidence. Le titre à lui tout seul est une invitation à l’abnégation, à l’effort et à la patience. Peut-être une réponse de Dareal – pur rappeur qui se fait aussi appeler « Darealozor » – à son public ; lequel s’impatientait et s’inquiétait déjà.

Produit chez Square Flow, « MVTQJ », sur la forme, privilégie le rap pur et dur. L’idylle entre l’écriture sonore, la voix et les rimes offrent une cadence puissante qui tient le rapophile en haleine. L’artiste y met un peu de trap, de l’égotrip (Sale, Pas de quartiers, Aucun lait). Il vante aussi les mérites de l’effort en revenant sur son parcours meublé de pentes ascendantes et descendantes (Les begs). Avec un succès déroutant, il s’essaye sur du story stelling, (Wo)men are trash, Chutes). Sous divers angles, il fait une photographie actuelle de la vie dans la société camerounaise, notamment dans les ghettos (Mapanes, c’était avant). Une ode s’élève également pour célébrer la fête (Bahat, Lit). Dans « Tu ndem », featuring sur lequel est invité Teddy Doherty, il rend un hommage appuyé à la troupe de comédiens « Les Baos ». Dareal rappelle aussi au public son côté bestial à travers « All The smoke », un clash intense qui piétine le refrain.

Pour obtenir pareil résultat, le rappeur, qui montre qu’il a gagné en maturité, s’est rapproché de plusieurs professionnels aguerris du milieu. Dareal a écrit toutes les chansons de la piste 1 à la piste 14, même si Teddy Doherty et Elena Serna ont chacun couché leurs couplets dans les deux featurings du projet. Des collaborations qui permettent d’éviter de justesse une balade musicale en solitaire. Le projet a été mixé et masterisé chez Black Tyga recordz dont 2P Negger est le propriétaire. Paulo Ndedi (Batteur des X-Maleya) a travaillé les arrangements sur « Chutes, LIT et (Wo)men are trash ». ANG, producteur camerounais basé à Londres a produit l’instru de l’intro. Stormz Kill It, producteur camerounais basé quant à lui au Maroc, a produit plusieurs titres tels que « Sale » « Bahat », ou encore « Aucun lait ».

Autant d’acteurs et bien d’autres qui ont permis à Dareal d’enregistrer un bon score jusqu’ici malgré une faible campagne de communication. En effet, « MVTQJ » comptabilise déjà, en moins d’un mois d’exploitation, plus de 30.000 streams sur les plateformes de téléchargements et streaming légales. Un showcase serait déjà en préparation pour la 2emoitié du mois d’août 2019 à Yaoundé au Bambou Lounge. Des clips sont également prévus.

Il aura donc fallu attendre un peu plus de quatre ans pour savourer à nouveau un projet complet du Darealozor. Ceci après la sortie de l’EP « 1×2+ » (Une fois de plus) en mars 2015, titre tiré d’un gimmick qu’il a l’habitude de répéter dans ses morceaux. Au regard du résultat, on pourrait être tenté de dire que l’attente ne fut pas vaine.

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