Samedi, 21 Juillet 2018
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Diocèse de Bafia: Mgr Jean-Marie Benoît Bala, l’évêque porté disparu

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Mgr Jean-Marie Benoît Bala

Depuis l’annonce de la disparition de l’évêque de Bafia, Mgr jean Marie Benoît Bala les recherches se poursuivent sous le Pont d’Ebebda. Un village situé à plus de 40km de Yaoundé. Les plongeurs de la marine nationale et des sapeurs-pompiers fouillent les profondeurs du fleuve Sanaga. Du moins aux alentours du Pont d’Ebebda. Jusqu’à présent le corps du prélat, qu’on indique avoir plongé dans le fleuve le mardi 31 mai, après  23h, n’a pas été retrouvé. La police scientifique de la gendarmerie nationale a déjà scruté le véhicule du prélat garé sur ledit pont. Elle est à la recherche des indices devant servirent à l’enquête judiciaire.

Par Marguerite Papana

 

Sur les réseaux sociaux, la rumeur circule depuis 15h30min le mercredi 1er juin. L’évêque de Bafia, Jean-Marie Benoît Bala, a disparu depuis la veille en matinée. « J’ai suivi la rumeur. J’ai appelé ma sœur vivant à Balamba, non-loin du pont qui s’est rendue sur les lieux. C’est donc elle qui m’a appelée pour me confirmer la disparition de l’évêque de Bafia », raconte une source. Sur le pont d’Ebebda, dans le département de la Lekié, région du Centre, son véhicule est garé. A l’intérieur de la Land Cruiser Prado blanche, sur le siège passager avant, une serviette blanche, son permis de conduire, le dossier du véhicule, sa carte nationale d’identité et un mot. Sur le bout de papier on peut lire « Je suis dans l’eau ». Ainsi, les recherches sont orientées dans le fleuve.

De ce fait, depuis 13h de ce 1er juin, des équipes chargées de l’enquête sous la tutelle de Naseri Paul Bea, gouverneur du Centre, fouillent les eaux de la Sanaga à la recherche du corps du prélat. «Depuis le matin, le véhicule de l’évêque de Bafia est sur le pont sans que l’on ne sache à qui il appartient. Ce n’est qu’aux encablures de 13h qu’un prêtre qui passe par là reconnait le véhicule de l’évêque et que je suis interpellé », fait savoir Maurice Tchoffo Saa, préfet du département du Mbam et Inoubou. Pendant que plusieurs personnes émettent l’hypothèse d’un suicide, les autorités administratives se veulent plus prudentes.

« Pour le moment, on ne peut pas conclure à un suicide ; l’on attend de retrouver son corps dans l’eau », renchérit le chef de terre. « Des collaborateurs proches de l’évêque disent qu’il serait parti de Bafia autour de 23h30 la veille, le mardi 31 mai. Quelle direction a-t-il prise ? On ne sait pas. Mais pour le moment le véhicule regarde dans le sens de Yaoundé Bafia », a confié le préfet Tchoffo Saa, aux confrères du poste national de la Crtv.

Pour une source proche du prélat,  l’idée d’un suicide devrait être abandonnée. « L’évêque n’a pas de tendances suicidaires. Il est moralement et spirituellement solide», affirme-t-elle. Alors, la piste d’un enlèvement serait explorer. « S’il voulait se suicider, il aurait laissé un message au peuple de Dieu », confie une source.

Cette disparition survient pendant que la communauté catholique de Bafia est très attristée par le décès de  l’Abbé Armel Collins Ndjama. C’était  le recteur du petit séminaire Saint André de Bafia. Réputé très maladif. Il est décédé dans la nuit du 09 au 10 mai dernier des suites d’une « courte maladie ». Il a été inhumé le 23 mai prochain au cimetière de la Cathédrale de Bafia. Un décès que beaucoup imputerait, sans début de preuves, à l’évêque de Bafia, lui-même malade depuis quelques temps. Au moment où nous allions sous presse hier, les recherches ont été suspendues. « Il fait nuit. L’eau monte. Opération de recherche suspendue pour la nuit. Retour sur Yaoundé et départ à nouveau à 4h30.

Bilan

Pas de corps », indique un message des sapeurs-pompiers en charge des fouilles. Dans une interview  accordée au magazine Nyanga paru en septembre 2013, Mgr Jean-Marie Benoit Bala revient sur les grands évènements de sa vie. Originaire d’Oveng dans la Mefou Akono, Mgr Jean-Marie Benoit Bala est né le 10 mai 1959 à Mbalmayo, dans le département du Nyong et So’o. Il est ordonné prêtre le 20 juin 1987. Après son ordination il occupe diverses charges : vicaire, curé et aumônier diocésain des écoles; vice-procurateur diocésain; supérieur du petit séminaire de Yaoundé; aumônier de la Congrégation des filles de Marie  et professeur au grand séminaire de Nkolbisson.

Il est nommé évêque le 15 avril 2003 en remplacement de Monseigneur Athanase Bala. Le 13 juillet 2013, l’évêque a célébré sa première décennie épiscopale. Ce Fils d’exploitant forestier et d’une employée du Saint Cœur de Marie, est le benjamin d’une fratrie de trois enfants dont une fille. Son envie de devenir prélat lui vient d’une enfance à imiter des prêtres. Il mentionne dans l’interview « tout petit déjà à la cathédrale de Mbalmayo, j’avais l’habitude de singer les prêtres. « Mes camarades et moi jouions à célébrer la messe et moi je faisais le prêtre ».

Vocation

Plus tard, il entre dans l’Action catholique des enfants. « J’étais au CEI. A l’époque, on nous appelait « Cœurs vaillants » et nos camarades filles « Ames vaillantes »…je pense que c’est là que ma vocation a commencé à se clarifier véritablement », fait-il savoir. Après le cycle primaire, il présente le concours au petit séminaire de Mbalmayo. Sa mère, membre de l’Ekoan Maria (association mariale, ndlr) rêvait que l’un de ses fils devienne prêtre. C’est ainsi que ses parents encadrent son vœu de devenir prêtre. « J’ai été très bien suivi par ma mère et mon pèrecde ce point de vue-là ». Au petit séminaire, Mgr Adalbert Ndzana, leur formateur avait surnommé « le club des rieurs ».

Toutefois, son parcours n’a pas été un long fleuve tranquille. Le doute, il en a connu notamment sur son option de vie. Son père décède alors qu’il est encore au petit séminaire. Sa mère décèdera après son entrée au grand séminaire. «Ces instants-là ont été très difficiles à vivre. Et même, on va jusqu’à remettre en cause une option de vie qu’on avait déjà prise.

Mais avec l’encadrement de nos éducateurs au grand séminaire on a ou garder le cap », peut-on lire dans la dite interview. Le prélat a toujours su rester humble. « Quand j’écoute tous ces témoignages dithyrambiques sur ma personne, c’est vrai, cela m’effraie, parce que c’est pour moi un appel fort à aller au-delà de ce que je peux accomplir maintenant », confie-t-il au magazine Nyanga. Un concert de prières de ses fidèles va ainsi à son endroit.

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