Samedi, 20 Juillet 2019
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Médicament contre l’hépatite B: Tensions de stocks

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Des  factures impayées sont à l’origine de la pénurie du Tenofovir 300 mg dans des centres hospitaliers spécialisés.

Par Guy Martial Tchinda

Les patients souffrant d’hépatite virale B suivis au Centre hospitalier universitaire (Chu) de Yaoundé n’ont pas d’inquiétudes à se faire quant à la disponibilité des médicaments. Du moins pas pour l’instant. A la pharmacie de cette formation sanitaire le 13 juin, tous ces médicaments sont disponibles, même si le stock est très limité. « Nous observons une rupture de stock des médicaments contre les hépatites depuis plusieurs mois, ce qui fait que le peu que nous avons reçus récemment nous permet uniquement de gérer nos patients. Ce dont nous disposons actuellement sera épuisé d’ici la semaine prochaine. S’il faille vendre un médicament à un malade, il faudrait au préalable que ce dernier soit enregistré et suivi dans nos services », explique une source à la pharmacie. Une situation qui fait que, même disposant d’une ordonnance, il est impossible d’accéder aux médicaments dans cet hôpital qui fait partie de ceux éligibles pour la prise en charge des hépatites au Cameroun. « Même si vous avez une ordonnance, il faut que le chef de service rencontre lui-même le patient », renseigne-t-on au service de gastroentérologie.

Cap sur l’Hôpital central de Yaoundé, Pavillon pharmacie. Ici, le problème de la disponibilité du traitement se pose aussi, et peut-être un peu plus. « Nous avons des médicaments mais en très petite quantité, uniquement pour nos malades. Il n’est pas possible de les vendre à quelqu’un d’autre », explique une dame en service dans ce pavillon. « Si quelqu’un est malade, il est mieux qu’il se fasse enregistrer au Chu », poursuit-elle. Difficile de rencontrer le chef du service de gastroentérologie devant le bureau duquel les patients sont alignés en file indienne.

A la Centrale nationale d’approvisionnement en médicaments et consommables médicaux essentiels (Cename), l’on renseigne mieux sur la situation. « Nous avons observé des tensions de stocks du Tenofovir 300 mg comprimés mais nous avons aussitôt passé une commande urgente de 2440 boîtes. Cette petite commande qui ne respecte pas tous les protocoles de passation des marchés a été réceptionnée et distribuée dans les centres de prise en charge des hépatites », dévoile une source selon qui, la rupture n’était pas due à un retard d’expression des besoins. « Nous avons passé une commande de 30000 boîtes depuis plusieurs mois mais elle n’a pas été livrée à temps du fait des factures impayées. C’est ce qui a causé la rupture », poursuit notre source. Même s’il ne précise pas le montant des factures impayées, notre interlocuteur indique qu’elles ont été réglées et que compte tenu du fait que les transactions bancaires peuvent prendre du temps, le fournisseur peut entrer en possession de son dû avec un petit retard. « Le laboratoire Hetero à qui la commande a été passée devrait livrer ces traitements dès réception des fonds. Et puisqu’ils sont transportés par voie aérienne, ça ne prendra pas beaucoup de temps », conclut-il.

Bien que ces mots apaisent, ils ne rassurent pas pour autant sur la disponibilité en temps réel des médicaments. La date de livraison des traitements dépendant du temps que mettront les transactions bancaires. Les stocks disponibles peuvent-ils tenir jusqu’à la livraison de la prochaine cargaison ? Difficile de le savoir. Entretemps, des malades payent déjà le lourd tribut de la pénurie.

Le Tenofovir dont il est question est utilisé seul ou en association avec Emtricitabine pour le traitement de l’hépatite B, l’une des formes les plus mortelles de la maladie. Cette pathologie se transmet par voie sanguine, à travers le partage d’objets tranchants souillés chez le coiffeur,  chez les tradipraticiens, lors des tatouages, etc. « Elle se transmet également par voie sexuelle à travers les sécrétions vaginales et le sperme ; une mère peut aussi la transmettre à son enfant, soit lors de l’accouchement, soit pendant l’allaitement », explique Dr Paul Talla, le chef service gastroentérologie de l’hôpital général de Yaoundé, dans une interview accordée à Mutations. Tout comme les autres formes d’hépatites virales, l’hépatite B est responsable principalement de deux complications à long termes qui sont la cirrhose et le cancer du foie.

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