Jeudi, 2 Avril 2020
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Médaille et revers du boycott

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A moins d’un mois des législatives et municipales 2020, l’adrénaline monte irrésistiblement dans les états-majors des partis politiques, les médias classiques et les réseaux sociaux.

Par Georges Alain Boyomo

Alors que la campagne électorale s’ouvre officiellement le 25 janvier, une campagne d’un autre genre se déploie d’ores et déjà. Entre les partisans du boycott et de la participation aux prochaines consultations électorales, un chassé-croisé frénétique a cours. Chaque camp entend rallier le maximum de potentiels électeurs à la cause qu’il défend.

Drôle de confrontation dans un Etat en maturation démocratique. Un pays où l’expression souveraine du peuple, et donc, l’exercice de la citoyenneté via les élections, ne doit en aucun cas prêter le flanc à des disputes…

En démocratie, le bulletin de vote (ballot) est préférable à la balle du fusil (bullet). Le changement doit s’opérer par les urnes et non par les armes. L’élection sous ce prisme est considérée comme la modalité par excellence de résolution des problèmes auxquels fait face la communauté. Ce postulat prend une tonalité particulière lorsqu’il s’agit d’une élection de proximité.

De toute évidence, nous serons les derniers à jeter la pierre à ceux qui pensent qu’une élection suppose des règles du jeu transparentes et équitables, mais également un cadre qui permet d’exercer en toute sécurité, liberté et responsabilité son devoir citoyen. Mais boycotter un scrutin en contexte camerounais est-il une option pertinente et réaliste face à un pouvoir habitué des passages en force et friand de scores staliniens, quand bien même ses performances ne reposent pas toujours sur une légitimité irréfutable ?

Se retirer du processus peut certes rogner la crédibilité du scrutin et alerter la communauté nationale et internationale sur les griefs brandis, mais ce qu’on gagnerait dans le boycott vaut-il ce qu’on perd dans le combat pour le changement, par essence long, pensé et gradué, d’un système trentenaire ostensiblement vermoulu ?

Voilà, de notre point de vue, les questions essentielles que nous devons nous poser rendus que nous sommes à un carrefour décisif de notre Histoire sociopolitique et de notre destinée commune.

Il n’est pas certain que cette bouteille à la mer émeuve ou fasse fléchir le front du boycott. Il est même fort possible que ce plaidoyer glisse sur certains irréductibles comme de l’eau sur les plumes d’un canard. Il n’empêche. Dans une société organisée, chaque individu, chaque corporation doit jouer son rôle. La presse doit porter la plume dans les problématiques qui agitent la société et structurent le progrès social. Se dérober de ce rôle, c’est faillir à sa mission.

Il y aura un après 9 février 2020. Le Cameroun ne deviendra pas le champion en matière de respect des canons démocratiques. Il ne deviendra non plus le pays de Cocagne où coulent le lait et le miel, mais un cap sera franchi. Ceux qui ne le perçoivent pas ou qui ont délibérément choisi de rester en gare au moment où le train s’est ébranlé n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Du reste, même en cas de secousse sismique au sommet de la pyramide institutionnelle, le Cameroun ne repartira pas du néant. Les architectes et adeptes du « Ground zero » ne doivent pas le perdre de vue.

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