Mardi, 18 Septembre 2018
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Mbanga:une « fausse revenante » sème la panique

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Duplex Ledoux Tandougang présente depuis quelques jours une dame comme étant son épouse morte en 2013 des suites d’une intervention chirurgicale.

Par Blaise Djouokep, à Mbanga

Dans l’espace aménagé à la véranda du domicile familial construit en matériaux provisoires au quartier 4 à Mbanga, Corine Djanga sert l’odontol (alcool artisanal) aux clients. A cette heure de la journée (11h), trois personnes s’abreuvent. Et au moment où le reporter arrive sur les lieux ce jeudi 10 mai, celle qui est présentée dans la ville de Mbanga depuis quelques jours comme étant une « revenante » achève de servir un autre client qui s’en va avec son précieux breuvage. Visiblement, la dame en question est mal à l’aise lorsqu’elle aperçoit des hommes de médias. Sa mine se transforme davantage avec l’arrivée d’une population de plus en plus massive qui accourt à la rencontre de celle qui fait le buzz dans la zone.

Une centaine de personnes assiègent ce domicile et chacun y va de son commentaire. Celle qui est l’objet de toutes les curiosités se saisit des objets pour chasser la foule. En
vain. Pourtant, de son côté, Duplex Ledoux Tandougang, le chef de famille, garde son calme devant cette foule qui accuse pourtant sa bien-aimée d’être une revenante, du fait de la forte ressemblance entre cette dernière et son épouse Marie Noëlle Ndogmo (et non Corine Djanga), décédée le 1er décembre 2013 des suites d’un accouchement par césarienne.

L’histoire commence le mercredi 02 mai dernier, vers 9h. « J’étais assis, en train de vendre, lorsque j’ai vu une moto passer avec une femme à l’arrière. Mon cœur s’est mis à battre à cause de la beauté de la femme. La moto est revenue quelques minutes après et s’est garée près de mon commerce. La dame à l’arrière s’est empressée de venir s’assoir à mes côtés et m’a regardé avec insistance. Je servais le vin aux clients en tremblant d’émotion. Elle me dit qu’elle veut goûter le vin, je lui en donne. Puis, elle se met à me poser des questions en me demandant où sont les enfants, combien d’enfants j’ai [il a 4 enfants dont trois garçons, Ndlr]. Les enfants arrivent un à un et je les lui présente. Elle appelle ma fille, la benjamine, l’embrasse et me dit qu’elle a beaucoup grandi », raconte le chef de famille.

Tout au long de son histoire, ce quadragénaire ne cesse de présenter cette dernière comme étant la mère de ses enfants. Puis, c’est au tour de Duplex Ledoux Tandougang de poser les questions à celle qu’il est convaincu être son épouse ressuscitée. Bien qu’elle ne le connaissait pas, il va la conduire à la maison familiale pour se rassurer qu’elle portait la cicatrice qu’avait sa défunte épouse au ventre. Ce qui achèvera de le rassurer une fois le constat qu’elle avait une entaille suturée sur le ventre. La nuit tombée, lorsqu’elle lui dit qu’elle ne partira pas et qu’elle a faim, les deux iront hors du domicile trouver de quoi manger.

Avant de rentrer dormir dans le lit conjugal. Il est plus de 20h. Ce, au grand bonheur de Duplex Ledoux, qui voit son rêve se réaliser. Il dit avoir sans cesse prié Dieu pour faire revenir son épouse. Et, durant toutes les nuits qu’ils passeront ensemble, confie-t-il, sa dulcinée lui confiera vouloir se venger contre tous ceux qui lui ont fait du mal.

Revirement
Une version qui diffère de celle que donnera le mari devant le commandant de la compagnie de gendarmerie de Mbanga, le capitaine Essaga Essaga. D’après une source
proche du dossier, le père de famille aurait avoué que la dame n’est pas son épouse morte, mais une femme dont il était amoureux depuis quelques temps et avec qui il voulait s’engager pour fonder une famille. Une déclaration, poursuit la source, faite en présence de deux frères de la mise en cause (l’un vit à Loum et l’autre à Yaoundé) qui ont fait le déplacement de Mbanga pour les besoins de la cause.

Après l’ouverture d’une enquête, la famille, apprend-on, aurait demandé qu’un test d’Adn soit fait, afin de savoir si la « revenante » est effectivement leur sœur et la défunte épouse de Duplex Ledoux. Par la suite, la dame a été conduite chez un pasteur chez qui elle a passé quelques jours avant de regagner le domicile conjugal. Cette dernière qui semble avoir des problèmes mentaux n’a pas pu donner son nom, encore moins ses origines. Son récit est décousu et incohérent, même si quelques précisions se dégagent de ses propos. « Je ne suis pas morte ! », clame-t-elle, avant de poursuivre, sous les cris et insultes des populations : « Je viens de Douala où je vivais au quartier Ancienne gare routière Dakar pendant trois ans. Avant ces trois années, j’étais dans un monde où je ne devais pas être. On me menaçait, me bastonnait et me torturait. Il
faut qu’on me traite avant que je ne retrouve ma mémoire, afin de pouvoir reconnaître la personne qui m’a emmené dans ce monde-là », explique-t-elle.

Elle avoue par ailleurs avoir été mise dans un véhicule à Douala par un policier. A s’en
tenir à ses propos, elle a débarqué à la gare routière de Mbanga et a emprunté une moto pour son domicile. Dans le quartier, le voisinage est également divisé. La confusion naît de la forte ressemblance entre cette dame et feue Marie Noëlle Ndogmo, la défunte épouse de Duplex Ledoux. D’après le chef de bloc, Christen Chwey, « seul Jésus Christ a ressuscité des morts ». Pour lui, c’est une « absurdité, un montage ».

Pourtant, à écouter un voisin et ami du chef de famille, Agbor James, « la ressemblance des deux femmes est frappante. Je me dis que c’est sa femme qui est revenue », tente-t-il de trancher. Tout en indiquant que « c’est la même personne ». Par crainte, certains accrocs de l’odontol s’abstiennent de consommer désormais leur alcool à cet endroit. La confusion continue de régner dans le quartier, en attendant les résultats de l’enquête ouverte par les éléments de la compagnie de gendarmerie de Mbanga et ceux du test Adn.

 

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