Jeudi, 13 December 2018
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Au marché : la mangue sauvage en perte de saveur

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Les difficultés de commercialisation font moisir le produit dans les magasins de stockage à Ebolowa.
Par Guy Roger Mvondo
Le Nigéria a commencé à s’investir dans la culture de la mangue sauvage, communément appelée « Ndo’o ». Le commerce de ce produit rencontre depuis lors des difficultés dans les marchés de la ville d’Ebolowa. « Depuis le mois de Juin 2017, on n’arrive pas à écouler nos stocks. Les Nigérians veulent prendre le seau de 15 litres à 9000 Fcfa alors que nous l’avons acheté à 19.000 Fcfa », informe Mohamed Moctar, membre d’un Groupement d’initiative commune (Gic) de commerçants du « Ndo’o ».
La fermeture de la frontière avec la Guinée-Equatoriale à Kyé-ossi a rendu la situation encore plus critique. « Avec les Gabonais et les Equato-guinéens qui achètent en petites quantités, nous enregistrons souvent des pertes parce qu’ils ne prennent que le produit trié. Les Nigérians demeurent donc jusqu’à présent notre unique espoir », confie Ibrahim Choutegnigni, membre de la société Bodjongo.
Garnie de viande ou de poisson, la soupe produite par la graine oléagineuse du « ndo’o » -Irviengia gaboneusis, nom scientifique- est un plat succulent très prisé. « La sauce du ndo’o actuellement consommée par tous les camerounais, est un plat séculaire qui a gardé intact son prestige dans l’ère culturel Bulu-Fang-Beti », informe une revendeuse du marché Oyenga à Ebolowa.
L’aptitude à se conserver le plus longtemps possible à l’état sec ou pâteux, rend le « ndo’o » disponible à n’importe quelle saison de l’année. Classé parmi les produits forestiers non ligneux, il obéit, dans son exploitation, à un circuit plus ou moins contraignant, allant du ramassage au séchage, en passant par le décorticage. Une fois sur le marché, le produit poursuit son chemin dans la consommation, la transformation et la commercialisation.
En ce qui concerne la transformation, Thérèse Edo’o, propriétaire d’un Gic, compte sur le marché une gamme variée de produits dérivés. Beurre, savon anti-cicatrisant, verni à ongles, lait de toilette, baume rhumatismale, huile raffinée anti-cholestérol très légère pour la digestion, en sont quelques merveilles disponibles dans son laboratoire. « C’est ma grand-mère qui m’a initiée dans cette activité. Je la voyais fabriquer certains produits comme la pâte à consommer et le verni. J’ai juste ajouté un peu de formation à ces connaissances basiques pour produire les résultats que beaucoup de gens apprécient aujourd’hui », se vante-t-elle.
La commercialisation aidant, le « ndo’o » est devenu toute une industrie du côté du Nigéria. Le produit sert, à en croire les acteurs de sa chaine des valeurs, à fabriquer des produits pharmaceutiques et cosmétiques dans ce pays. Pour cette raison, le marché du « ndo’o » aura été des plus florissants au cours des deux dernières décennies. L’on a assisté à une ruée des ressortissants de cet Etat voisin vers les villes et campagnes. Mais la filière traverse une mauvaise période depuis quelque temps.

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