Mardi, 14 Août 2018
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Marcel Niat/Célestine Ketcha: Comme chien et chat

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Le président du Sénat et le maire de Bangangté se vouent une cordiale animosité.
Par Robert Nkaké
L’absence de Célestine Ketcha Courtès à la tribune, au cours du meeting du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), tenu le 02 juin dernier à Bangangté (département du Ndé, région de l’Ouest), a exhumé les vieux crocodiles de la division dans le marigot politique local. Pour certains, le maire de Bangangté a tout simplement opté pour la politique de la chaise vide. Pour d’autres, l’édile se trouve hors du pays. Hier, Mutations n’a pas pu joindre l’intéressée au téléphone. Un élément suffisant pour remettre au goût du jour, la « guerre de leadership » entre Marcel Niat Njifenji et Célestine Ketcha Courtès. Les deux s’évitent soigneusement et leurs partisans se livrent à des batailles aussi ouvertes que fratricides.

Un volet du conflit entre les deux hauts cadres du parti au pouvoir prospère sur le champ médiatique. La radio dénommée « Ngangté Fm » appartenant au maire a cessé d’émettre depuis quelque temps. Les causes de cette fermeture ne sont pas officiellement connues, mais dans la ville de Bangangté, la clameur populaire se repaît de ce que le président du Sénat aurait joué de son influence auprès du ministre de la Communication, afin que cette radio ferme au profit de Radio Medumba dont il serait le promoteur.

Ce qui ne semble pas avoir découragé le maire Célestine Ketcha Courtès, qui fera ouvrir une autre radio (Acfed Fm), sans doute comme alternative. Elle aussi va être fermée pour « illégalité et propos haineux » sur les ondes. Une fermeture qui n’a pas fait l’unanimité au sein de la population car, le 03 juin dernier, une frange des auditeurs de ladite radio a saisi l’occasion d’un prêche œcuménique célébrant la reconduction du sénateur Marcel Niat Njifenji au perchoir du Sénat, pour manifester leur mécontentement et réclamer la réouverture de Acfed Fm. La rivalité entre les deux caïmans de Bangangté déborde sur le plan sportif à la faveur de l’affaire Panthère du Ndé. Une affaire qui n’a pas fini de révéler ses secrets même si aujourd’hui, l’avantage est du côté de Marcel Niat Njifenji.

Comment en est-on arrivé là, alors que tout prédisposait les deux personnalités à une cohabitation pacifique à défaut d’une franche amitié ? En effet, d’après des sources concordantes, tout part de 2007 et des élections municipales qui se sont tenues cette année-là. Un cadre du Rdpc, originaire de Bangangté, rapporte qu’après avoir été maire de la ville de 2002 à 2007, Marcel Niat Njifenji met le pied à l’étrier de Célestine Ketcha Courtès, qui fait alors fortune dans les affaires à Douala. « C’est Courtès qui demande ensuite à avoir Eric Niat [le fils du président du Sénat, Ndlr] à ses côtés », précise ce militant.

Manège
Une fois devenue maire, celle-ci va continuer à étoffer son Curriculum vitae (Cv), en raflant des titres sur les plans national et international. Elle devient notamment présidente du Réseau des femmes élues locales d’Afrique (Refela), représentante du Refela en Afrique centrale et au Cameroun, en plus de sa fonction de présidente de la section de l’Organisation de femmes du Rdpc (Ofrdpc) du Ndé ; ou encore de sa qualité de membre du Conseil mondial des maires. Célestine Ketcha Courtès a surtout l’avantage d’être proche de feue Rosette Mboutchouang et de sa fille, la première dame, Chantal Biya.

Dès lors, l’envergure politique de ce magistrat municipal va inquiéter dans le Ndé. Certains vont s’en émouvoir auprès de Marcel Niat Njifenji. « Beaucoup s’en iront lui dire qu’elle tient à jouer un rôle politique majeur dans le département. Son nom est régulièrement cité parmi ceux qui pourraient par exemple faire leur entrée dans le gouvernement », ajoutent-ils. Les plus inspirés diront au président du Sénat que Célestine Ketcha Courtès finira par lui ravir le leadership dans le département, s’il n’y prend garde.
Pour un autre militant du Rdpc, l’entourage de la maire s’est livré au même manège. En soufflant au maire que Marcel Niat Njifenji tient dur comme fer à l’éjecter de son poste pour placer son fils, Eric Niat, actuel 4e adjoint. Ce qui a eu pour effet d’alimenter un conflit sourd entre les deux personnalités. Et surtout, d’après certains, à pousser le maire à « manquer de respect » au président du Sénat, surnommé « le vieux ».
Le troisième larron dans l’affaire s’appelle Njimoluh Seïdou Pokam. Le chef supérieur Bangangté entretient lui aussi, pour diverses raisons, des rapports exécrables avec Marcel Niat Njifenji. Le monarque finit par former avec Célestine Ketcha Courtès, un tandem anti-Niat. L’absence de « Sa majesté » et de « Madame le maire » samedi dernier au meeting de Bangangté n’a donc pas surpris grand monde.

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