Mardi, 25 Juin 2019
Accueil quotidien mutations sante L’insuffisance rénale chronique. Dr Georgette Guemkam : « boire au moins un litre d’eau par jour pour aider le rein à mieux fonctionner »

L’insuffisance rénale chronique. Dr Georgette Guemkam : « boire au moins un litre d’eau par jour pour aider le rein à mieux fonctionner »

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Pédiatre néphrologue en service au Centre Mère et Enfant de la Fondation Chantal Biya, elle conseille de boire au moins un litre d’eau par jour pour se prémunir de cette maladie dont la prise en charge reste onéreuse et très difficile surtout en pédiatrie.
Par Guy Martial Tchinda
Vous avez pris part le 12 mars dernier au symposium scientifique sur les maladies rénales organisé par l’Hôpital Gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, à l’occasion de la 14e Journée mondiale du rein. Comment se portent les reins au Cameroun ?
J’espère qu’ils se portent bien et j’espère aussi qu’ils iront de mieux en mieux.
L’une des maladies évoquée lors de cette rencontre c’est l’insuffisance rénale chronique. Comment peut-on définir cette pathologie ?
L’insuffisance rénale chronique est toute maladie rénale dont l’évolution dépasse trois mois. elle est différente de la maladie rénale aiguë en ce sens que cette dernière est une atteinte rénale brutale qui peut survenir même pendant la diarrhée, lors des vomissements du nourrisson ou encore dans le cas des maladies graves, particulièrement lors du paludisme grave parce qu’une étude réalisée il y a deux ans montrait que l’insuffisance rénale aiguë était présente dans 26,3% des cas (de paludisme grave).

Parlez-nous des causes de la maladie.
Les causes sont multiples. Ce sont surtout les maladies congénitales et/ou héréditaires ou malformatives qui sont à peu près à 50% à l’origine de l’insuffisance rénale terminale. Il y a également des causes glomérulaires et des causes acquises. Ce sont très souvent les glomérulonéphrites chroniques dues aux glomérulonéphrites aiguës post infectieuses parfois mal traitées, aux hépatites surtout B congénitales de l’enfant, le syndrome néphrotique congénital ou cortico-résistant… qui vont évoluer de façon sournoise vers des maladies rénales chroniques puis vers une insuffisance rénale terminale plus tard.

Quels sont les facteurs de risque et signes annonciateurs ?
Ce sont surtout : consanguinité, polyhydramnios, oligoamnios, prise de médicaments comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les inhibiteurs de l’enzyme de conversion pendant la grossesse… Il faut les connaitre, les rechercher et les éviter pendant la grossesse.
Après la naissance, il y a : le petit poids de naissance, la prématurité et le retard de croissance, le retard surtout pondéral voire stagnation pondérale …il faut donc éviter les médicaments néphro-toxiques tels que les aminosides et tout médicament de la route voire non prescrit par un professionnel de santé.

Quel rapport établissez-vous entre le diabète et cette maladie ?
Chez l’enfant, il faut que la maladie diabétique évolue pendant une dizaine d’années environ pour avoir une influence réelle sur la maladie rénale chronique. Dès lors que le diabète et l’hypertension artérielle sont présents chez l’enfant, évidemment le pronostic devient aussi péjoratif et requiert un suivi plus approprié, plus régulier et fréquent. Le risque d’évolution vers la maladie rénale est plus rapide. Par contre, l’impact du diabète et de l’hypertension artérielle sur la maladie rénale chronique est rapidement néfaste chez l’adulte.

Quelles sont les manifestations de la maladie rénale chronique ?
Elles sont diverses et sont fonction de l’étiologie. Toujours est-il qu’à un stade avancé de la maladie rénale chronique ; le cœur va être atteint ; l’anémie sera présente, on aura une atteinte osseuse par manque de vitamine D ; les convulsions ; l’hypertension artérielle va s’installer ; les protéines vont passer dans l’urine et dégrader davantage la fonction rénale…

En quoi une maladie rénale chronique peut-elle se compliquer ?
L’évolution inéluctable est l’insuffisance rénale terminale avec nécessite absolue d’une transplantation rénale préemptive ou l’hémodialyse continue.

Comment savoir qu’une personne souffre de cette pathologie ?
Quand il n’y a pas de malformation connue pouvant y faire penser, la maladie rénale est en général silencieuse. Mais, devant un syndrome néphrotique cortico-résistant ou congénital, un syndrome hémolytique et urémique, hypertension artérielle… il faut s’attendre à une maladie rénale chronique.
Pour l’insuffisance rénale aiguë, si un enfant fait plus de six heures sans uriner, fait des épisodes de diarrhées et de vomissements fréquents, le diagnostic est très souvent biologique. C’est parfois par des examens et des rejets urinaires qu’on va la dépister.

Quelle place accordez-vous aux bandelettes urinaires dans ce dépistage ?
Elles sont très importantes dans la mesure où elles devraient faire partie de l’examen physique de tout enfant. Dans la bandelette urinaire, on a les éléments comme la protéinurie, les leucocytes du sang qui permettent de savoir s’il y a atteinte rénale ou pas.

Comment se passe le traitement ?
Il est médical au départ lorsqu’on est encore dans la maladie rénale chronique. Mais, si c’est une insuffisance rénale terminale, c’est la transplantation rénale ou l’hémodialyse.

Est-on en droit d’espérer à la guérison une fois le traitement entamé ?
Une fois qu’on a atteint le stade de maladie rénale chronique, la guérison n’est plus possible. Par contre, on peut mettre en œuvre tous les mécanismes de traitement médical nécessaires pour ralentir l’évolution vers l’insuffisance rénale terminale.

Combien coûte une séance d’hémodialyse ?
Une séance coûte 5000 Fcfa mais autour de la séance, il y a des examens de laboratoires qu’il faut faire, des transfusions sanguines, et beaucoup d’autres choses. C’est très difficile et malheureusement cela n’est pas disponible pour les enfants plus jeunes. Je ne peux malheureusement pas trop parler de l’hémodialyse parce qu’au Centre Mère et Enfant de la Fondation Chantal Biya où je travaille, nous n’en avons pas, encore moins un service de dialyse péritonéale.
Autrement dit, tout insuffisant rénal qui est pauvre est candidat à la mort…
Ne soyons pas dramatique. C’est une issue qui arrivera un jour. Et c’est pour cette raison que la prévention et le dépistage sont indispensables.

Y a-t-il suffisamment de kits pour tous les malades actuellement ?
On a un service d’hémodialyse dans chaque région. Ce qui fait qu’on est plus obligé d’aller d’une région à une autre pour se faire dialyser (les adultes). Donc, je pense qu’on a suffisamment de kits pour tous les malades actuellement. Par contre, c’est le diagnostic qu’il faut pouvoir poser en amont pour pouvoir faire bénéficier un maximum de camerounais de ces séances de dialyse.

Revenons à la transplantation rénale. L’expertise et le plateau technique camerounais permettent-ils d’offrir ce traitement avec succès ?
Je crois qu’il y a de bons chirurgiens, de bons néphrologues, de bons urologues de bons biologistes et anatomopathologistes. Donc, pour peu que les hommes politiques s’y intéressent, il est possible de faire une transplantation rénale au Cameroun.
Combien de personnes souffrent de la maladie au Cameroun ?
Il est difficile de déterminer avec exactitude le nombre d’insuffisants rénaux. Mais, le nombre de personnes en hémodialyse est estimé.

Comment prévenir cette maladie ?
De façon générale, pour prévenir la maladie rénale chronique, il faut boire beaucoup d’eau (au moins un litre par jour) ; éviter les anti-inflammatoires non-stéroïdiens ; manger la viande une seule fois par jour, et quand je parle de viande, il s’agit du poisson, du poulet, des œufs, etc. il faut aussi éviter la sédentarité et l’obésité ; éviter le tabagisme ; manger peu de sel. Une activité physique est aussi recommandée. Bien prendre en charge l’hypertension artérielle, le diabète …

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