Mardi, 25 Juin 2019
Accueil quotidien mutations maladie au scanner L’infertilité masculine. Dr  Nestor Atangana Onana: »Eviter et traiter les infections sexuellement transmissibles »

L’infertilité masculine. Dr  Nestor Atangana Onana: »Eviter et traiter les infections sexuellement transmissibles »

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Le médecin qui classe le Chlamydia, la gonococcie et la syphilis ainsi que les traumatismes et les traitements lourds comme la chimiothérapie parmi les causes de cette pathologie donne des astuces pour s’en prémunir.

Par Guy Martial Tchinda

Dans plusieurs couples qui ont des difficultés à procréer, le doigt accusateur est le plus souvent pointé sur la femme, qui n’échappe pas aux injures de sa belle-famille. Il est pourtant établi que l’homme peut aussi être responsable de cette situation. Dans ce cas, il est infertile. Comment définit-on l’infertilité masculine ?

L’Organisation mondiale de la santé (Oms) définit l’infertilité par l’absence de grossesse après plus de 12 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. Quand l’homme est la cause de l’infertilité du couple on parle d’infertilité ou stérilité masculine. Un couple sur six souffre d’infertilité et la cause est souvent attribuée à la femme dans le contexte africain. Pourtant il faut noter que le tiers des cas d’infertilité est d’origine masculine. Ceci pourrait être une sous-estimation parce que l’infertilité masculine est sous-diagnostiquée.

Comment comprendre que la femme soit toujours considérée comme seule responsable des problèmes de procréation au sein d’un couple ?

L’infertilité masculine est un véritable problème de santé dans notre pays. Un tiers des infertilités du couple est d’origine masculine. Il faudrait donc abandonner les considérations culturelles et ancestrales qui veulent que l’infertilité soit attribuée à la femme uniquement. La médecine conventionnelle propose de nombreuses solutions aux problèmes d’infertilité. Au sommet de ces solutions se trouve la procréation médicalement assistée.

Quelles en sont les causes ?

La stérilité masculine a plusieurs causes. Celles-ci peuvent être classées en causes pré-testiculaires, testiculaires et post-testiculaires. Presque toutes ces causes se manifestent par une anomalie de la qualité et voir la quantité du sperme et des spermatozoïdes.

En ce qui concerne les causes pré-testiculaires, il est question ici des maladies qui affectent la production des hormones (FSH et LH)  par la partie du cerveau appelée hypophyse. Ces hormones agissent sur les testicules pour favoriser une bonne production de sperme. Leur anomalie va donc affecter la production des spermatozoïdes et affecter la fertilité masculine. Ces causes pré-testiculaires sont entre autres des tumeurs de l’hypophyse, des anomalies de la glande thyroïde.

Parlant des causes testiculaires, il s’agit des anomalies situées dans et autour des testicules et qui peuvent empêcher une bonne production de sperme. On a des causes génétiques comme la maladie de Klinefelter, la cryptorchidie (testicules non descendus dans les bourses), la varicocèle, l’hydrocèle, le cancer des testicules et bien d’autres.

Les causes post-testiculaires quant à elles sont l’ensemble des facteurs qui peuvent affecter l’écoulement du sperme dans les voies spermatiques et séminales. C’est l’apanage des infections sexuellement transmissibles telles que le Chlamydia, la gonococcie, la syphilis et d’autres infections telles que la tuberculose urogénitale. Les autres facteurs sont les traumatismes, les traitements lourds comme la chimiothérapie. D’autres facteurs qui peuvent affecter la fertilité chez l’homme sont le tabac, l’alcool, le diabète, l’âge avancé, la chaleur, etc.

Existe-t-il une relation entre la dysfonction érectile (impuissance sexuelle) et l’infertilité chez l’homme ?

L’impuissance sexuelle ou la dysfonction érectile est un trouble de l’érection. Il est donc différent de l’infertilité. Néanmoins, les hommes infertiles se plaignent dans certains cas de dysfonction érectile. Celle-ci est toutefois une entité à part entière qui nécessite des explorations dans le but d’en trouver la cause. Une fois la cause identifiée, une prise en charge sera prescrite par le médecin.

Quelles sont les manifestations de l’infertilité masculine ?

L’infertilité se constate quand le couple est incapable de procréer malgré des rapports sexuels non protégés pendant un certain temps. Ce n’est donc pas une maladie qui se manifeste par des signes et symptômes. Néanmoins, les personnes atteintes peuvent se plaindre de dysfonction érectile, de testicules de petite taille, d’absence de testicules dans les bourses, de trouble de la libido. Elles peuvent se plaindre des signes d’infections génitales comme des éruptions sur l’appareil génital, des douleurs testiculaires…

Parlez-nous des conséquences de cette pathologie ?

L’infertilité a de nombreuses conséquences sociales. Les personnes infertiles sont souvent mises en marge de la société. La raison d’être du couple étant la procréation par essence. L’infertilité est perçue dans la société africaine comme d’origine  spirituelle ; d’où le recours au tradipraticien et à d’autres intervenants de la médecine traditionnelle. Un couple qui ne procrée pas est également prédisposé à l’infidélité et au divorce. Ces conséquences devraient motiver la sensibilisation de la société par le personnel médical sur les solutions actuelles de l’infertilité.

En parlant justement de solutions, que faut-il faire en cas d’infertilité ? 

On ne peut pas traiter d’infertilité masculine isolée. Le couple qui n’arrive pas à procréer doit consulter un médecin qui va demander un certain nombre d’examens chez l’homme et la femme. L’examen de première intention qui sera prescrit à l’homme est le spermogramme. Celui-ci peut montrer plusieurs anomalies : l’oligospermie (faible quantité de spermatozoïdes) ; l’azoospermie (quasi-absence des spermatozoïdes dans le sperme) ; l’asthénosphère (faible mobilité des spermatozoïdes) ; la tératospermie (quantité élevée de spermatozoïdes morphologiquement anormaux ; la nécrospermie (quantité élevée de spermatozoïdes morts). D’autres examens seront faits pour retrouver la cause des anomalies retrouvées sur le spermogramme.

Comment prend-on en charge l’infertilité masculine ?

Le traitement selon les canons de la médecine conventionnelle est fonction de la cause. Si une infection génitale est retrouvée, des médicaments seront prescrits. Certaines causes telles que la varicocèle nécessitent un traitement chirurgical. Une alimentation riche en substances anti-oxydantes et vitamines (A, E, B12) est importante mais ne constitue pas le pilier de la prise en charge.

Vous parliez tantôt de la procréation médicalement assistée. Quelle place lui accordez-vous ? 

La médecine a fait des avancées considérables. Mais, ces avancées font encore face à des barrières socioculturelles et surtout religieuses. Un travail devrait être fait dans ce sens pour promouvoir davantage les avancées de la science. Quand le traitement de la cause présumée de l’infertilité n’a pas abouti à la fécondité du couple, on peut faire recours à des méthodes de procréation médicalement assistée. Le sperme sera prélevé chez l’homme, ainsi que des ovocytes de la femme. Une fécondation in vitro sera faite et un nombre limité de zygotes  sera implanté dans l’utérus de la femme. La procréation médicalement assistée est donc une solution efficace aux problèmes d’infertilité des couples. Bien que le cout ne soit pas standard, il faut néanmoins noter que la procréation médicalement assisté n’est pas toujours à la portée de tous. Il est donc nécessaire que des efforts supplémentaires soient faits par l’état du Cameroun afin de donner du sourire aux couples infertiles.

Peut-on prévenir l’infertilité masculine ? 

La prévention de l’infertilité consiste en la prévention des causes. Les infections sexuellement transmissibles sont une cause fréquente d’infertilité dans notre contexte. Les prévenir et les prendre en charge permettront de réduire le taux d’infertilité. Il faut éviter les facteurs de risque tels que le tabac, l’excès d’alcool, exposer les testicules à une température élevée. Dans l’enfance, les parents doivent prêter attention à la descente des testicules dans les bourses et consulter un médecin si la descente n’est pas effective

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