Jeudi, 19 Avril 2018
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L’histoire du problème

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C’est par là que la journée de classe débutait généralement dans le primaire. Pendant des décennies, la leçon de morale constituait le thème inaugural, avant d’entamer le syllabaire, le calcul mental ou la dictée préparée. C’est par là que les tout-petits acquéraient le bon réflexe consistant à dire bonjour, à s’excuser, à faire la queue, à porter secours, à respecter les aînés ou les cadets, etc. On vous inculquait des valeurs telles que la courtoisie, l’humilité, la solidarité, la bienséance et l’entraide. Les aînés prétendent que c’était le bon temps, l’éducation de base étant alors le relais de l’éducation parentale. C’était utile, ludique, démonstratif, instructif. C’était l’école des valeurs de la vie, qui en classe était la valeur ajoutée à l’instruction civique.
Mais qui donc avait une dent contre la leçon de morale, pour qu’elle soit rayée des programmes scolaires d’un trait de plume rageur au même titre que l’instruction civique ? Quel crime ont donc bien pu commettre ces deux matières, pour être ainsi envoyées à la potence sans autre forme de procès ? N’insistons pas : des sources généralement mal informées nous font dire qu’il y en a qui n’aiment pas beaucoup qu’on évoque le passé. Passons.
Le présent, donc, se nomme «éducation à la citoyenneté», une matière à cheval entre l’arrimage aux valeurs républicaines et la manipulation politicienne, juste à un jet de pierre de la propagande du parti politique aux affaires. S’il est aujourd’hui difficile d’évaluer l’impact psychologique de cet enseignement nouveau sur les jeunes apprenants, il est néanmoins loisible de constater à quel point la déferlante des déviances et autres incivilités s’est durablement installée dans les mœurs. Comme dirait un célèbre philosophe du cru, l’anormalité a été normalisée. On se permettra d’ajouter que les valeurs morales et codes sociétaux résident désormais dans la capacité à sortir du cadre normatif.
A l’heure où certains convoquent avec emphase le vivre-ensemble, il serait sans doute utile de comprendre comment une communauté en est arrivée à torpiller ses propres repères et valeurs, au point de ne plus disposer du moindre élément d’identification de base. Et qu’on ne nous rétorque pas que nous faisons la morale au bon peuple. Et d’ailleurs, qui est ce peuple aujourd’hui ? La base s’est outrancièrement accommodée de l’ensauvagement, nourrie à la rhétorique selon laquelle la vérité vient d’en haut.
Va donc pour l’élite vertueuse et censée être la référence. A charge pour le reste de la communauté de s’abreuver à cette source qui élève, développe et définit l’identité remarquable d’un peuple.
A l’heure de l’examen de conscience(s), il apparaît pourtant comme une cruelle réalité : le pékin d’en bas n’a plus aucune envie de faire mieux que le gouvernant, accablé tous les jours que Dieu fait par des accusations de mauvaise gouvernance à tous les étages. On vous dira alors, au quartier, que salir la voie publique n’est pas plus criminel que détourner des milliards d’argent public. Que ne pas respecter le rang est moins dangereux qu’accaparer les terrains des plus faibles. Tout avance pour que rien ne change. Au suivant.
Par Félix C. Ebolé Bola

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