Jeudi, 22 Octobre 2020
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Les tumeurs cérébrales: « Dr Claude Bernard Kamta Ngui »

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Eviter les facteurs provoquant un cancer du sein, du poumon et de la peau

Membre du bureau du Conseil de l’Ordre des médecins du Cameroun, le neurochirurgien recommande également d’éviter les produits toxiques, pour se prémunir de ces maladies dont le traitement peut coûter plusieurs millions Fcfa.

Par Guy Martial Tchinda

Qu’entend-on par tumeur cérébrale ?

Une tumeur cérébrale est une masse cancéreuse (tumeur maligne) ou non (tumeur bénigne), ou une multiplication de cellules anormales dans le cerveau.Des tumeurs peuvent se déclarer dans le cerveau (tumeurs primitives) ou provenir de la métastase d’une tumeur venue d’un autre organe (tumeur secondaire).

Quelles en sont les causes ?

Les causes exactes des tumeurs du cerveau restent très peu connues.On appelle tumeur cérébrale primitive, une tumeur qui prend naissance dans le cerveau même. Elle peut se propager aux régions avoisinantes et les détruire.

Un cancer du sein, du poumon, de la peau, ou des cellules sanguines (leucémies ou lymphomes) peut également se propager au cerveau, provoquant un cancer du cerveau métastatique. Ces groupes de cellules cancéreuses peuvent alors se multiplier dans une région unique ou multiple du cerveau.

Parlez-nous des facteurs de risque ?

Parmi les facteurs de risque connus des tumeurs du cerveau, on retrouve des expositions aux radiations ionisantes ; une immunosuppression  (patients sous traitement immunosuppresseurs, patients Vih/Sida) ; une exposition aux produits chimiques et éventuellement au chlorure de vinyle (produit chimique utilisé pour la fabrication des plastiques).

Comment se manifeste la tumeur cérébrale et quelles peuvent en être les conséquences ?

Le cancer du cerveau entraîne des symptômes lorsqu’il exerce une pression sur le cerveau ou lorsqu’il détruit le tissu cérébral.

Les symptômes dépendent de la taille et de l’emplacement de la tumeur, ainsi que de la vitesse à laquelle elle se multiplie.

Bien que les maux de tête soient souvent un symptôme du cerveau, il est important de se rappeler que la plupart de maux de tête ne sont pas provoqués par le cancer, mais par des affections moins graves comme la migraine ou l’hypertension artérielle. Les maux de tête provoqués par une tumeur cérébrale sont souvent intenses, associés à des nausées et des vomissements et sont souvent plus intenses en début de journée. Ils peuvent durer longtemps ou bien survenir par intermittence.

Les autres symptômes incluent (dépendamment de la localisation), des étourdissements ; des troubles de la vision comme une vision double; des troubles de la coordination ; des crises convulsives ; des changements de l’humeur, de la personnalité ; des troubles de la mémoire ; un état de confusion d’où de difficultés de concentration.

Comment diagnostiquer une tumeur cérébrale ?

La présence des symptômes ci-dessus pourrait amener un médecin à penser à une tumeur cérébrale.

Nous avons l’imagerie médicale: une tomodensitomètrie (TDM, scanner), ou une Imagerie par résonance magnétique (IRM) constituent les premiers examens à réaliser pour diagnostiquer  correctement une tumeur cérébrale quel qu’en soit le type. Ces examens d’imageries spécialisées permettent de  détecter de nombreux types de tumeurs cérébrales et de déterminer leur emplacement et leur taille de manière précise. Toutefois ils ne permettent pas de  déterminer si la tumeur est cancéreuse ou non.

On doit réaliser une biopsie pour déterminer si la tumeur est cancéreuse ou non. Pour cela, on prélève un échantillon de la tumeur lors de l’intervention chirurgicale. Si la tumeur se situe trop profondément dans le cerveau, les chirurgiens peuvent utiliser une technique appelée biopsie stéréotaxique ou mise en place de l’aiguille par approche tridimensionnelle à l’aide d’une IRM. On aspire et on collecte des cellules tumorales dans l’aiguille à des fins d’analyse. Une fois prélevé, on analyse  l’échantillon de biopsie à l’aide d’un microscope et des substances chimiques spéciales pour déterminer le type de tumeur. Il faut habituellement attendre plusieurs jours avant d’obtenir les résultats d’une biopsie.

Une fois le diagnostic posé, en quoi consiste le traitement ?

Le traitement des tumeurs cérébrales est pluridisciplinaire : chirurgical, médical, psychothérapie, rééducationnel, etc.

Les tumeurs cérébrales  sont de deux types : bénignes et malignes.

Généralement le traitement des tumeurs bénignes est chirurgical, la résection complète de la tumeur aboutit généralement à une guérison définitive avec peu de risque de récidive.

Par contre on traite habituellement les cancers du cerveau  ou tumeurs malignes par une stratégie combinée de chirurgie, de chimiothérapie (médicaments anti – cancéreux) et d’irradiation, associée à l’administration de médicaments pour maîtriser les symptômes. On administre fréquemment, pendant la période d’irradiation, des fortes doses de corticoïdes pour diminuer l’œdème provoqué par la tumeur, cela permet souvent de soulager les symptômes ou au moins une partie d’entre eux sans toutefois avoir d’effet sur la tumeur elle-même. On peut utiliser des médicaments anti-convulsivants  pour prévenir des convulsions.

Pour les tumeurs métastatiques il faut aussi traiter la tumeur d’origine (poumon, peau, sein…)

Quelles sont les chances de guérison ?

Pour les tumeurs bénignes situées dans des zones non éloquentes du cerveau et accessibles à la chirurgie, une résection totale aboutit le plus souvent à une guérison totale avec un risque négligeable de récidive et des séquelles neurologiques minimes.

Concernant les cancers ou tumeurs malignes, il est habituellement impossible d’éliminer la totalité des cellules cérébrales cancéreuses. Si même un nombre limité d’entre elles demeurent, le cancer peut réapparaitre. Mais guérison dépend aussi du type de cancers, du stade, de l’état général du patient et des protocoles thérapeutiques et des plateaux techniques.

Parlez-nous des complications des tumeurs cérébrales. Peut-on craindre un risque de séquelles neurologiques?

Non traitées, le décès est inéluctable en ce qui concerne les tumeurs malignes. Quant aux tumeurs bénignes, la masse se trouvant dans un environnement non-extensible en général, elles aboutissent à la destruction du tissu cérébral, donc le risque de décès est présent.

Dans les deux cas, des séquelles neurologiques plus ou moins importantes dépendront de la grosseur de la tumeur, de sa localisation ou non dans une région éloquente du cerveau et de l’étendue de la « résection » chirurgicale ou radiothérapeutique. Ces séquelles peuvent être : un trouble du comportement, une paralysie, une perte du langage, une cécité, une surdité, une incontinence urinaire et/ ou fécale, un trouble de l’équilibre, de la coordination, du tonus, etc.

 Combien coûte le traitement et combien de temps dure-t-il ?

Le coût et la durée du traitement sont difficiles à évaluer du fait de la particularité de chaque tumeur. Les tumeurs bénignes après une chirurgie ayant abouti à une résection totale, on pourrait déclarer une guérison définitive, mais en ce qui concerne les tumeurs malignes ou cancers, les coûts et la durée du traitement dépendent du type, du stade de la tumeur et des protocoles thérapeutiques, les bilans de contrôles. Mais il faut compter plusieurs millions Fcfa pour la prise en charge qui n’aboutit  pas toujours à la guérison, mais à améliorer l’espérance et la qualité de vie.

Peut-on avoir une idée de l’ampleur de la maladie au Cameroun ?

Difficile d’avoir des statistiques fiables, même si des études ont abouti sur certaines thèses de fin d’études médicales. La difficulté réside dans un manque de centralisation des données, un déficit en spécialistes capables de faire de diagnostic, le coût onéreux des consultations, des bilans de dépistages, la pauvreté ambiante, l’ignorance et la mauvaise orientation, les décès non enregistrés et j’en passe. Mais grâce à l’amélioration de nos plateaux techniques, nous enregistrons de plus en plus de nouveaux cas, et nous pouvons dire sans nous tromper que les tumeurs cérébrales au Cameroun sont réelles et préoccupantes.

Comment prévenir les tumeurs cérébrales ?

Sachant que la plupart des causes sont non-connues, il faut tout simplement éviter les facteurs de risques cités plus haut, y compris les facteurs pouvant provoquer un cancer du sein, du poumon, de la peau, les produits toxiques, des rayonnements ionisants et électromagnétiques, et nous ne pouvons pas ignorer des raisons génétiques sur lesquelles nous avons peu de contrôle.

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