Dimanche, 15 Juillet 2018
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Le tribalisme, cette bête sauvage au Cameroun

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Le débat autour de l’élection présidentielle sur les réseaux sociaux (Facebook et WhatsApp notamment) a pris une tournure pour le moins inquiétante depuis la semaine dernière, à quelque trois mois (théoriquement) de la convocation du corps électoral.

Par Georges Alain Boyomo

Des tireurs embusqués et des va-t-en guerre opérant à visage découvert, se réclamant
ou non de certaines familles ou leaders politiques, ont entrepris de guerroyer en utilisant de manière éhontée l’arme de destruction massive du tribalisme. La toile s’emballe sous la pression des chassés-croisés. Des suiveurs passifs et actifs se délectent du veninde l’intolérance et de la haine tribale qui s’incruste irrémédiablement dans l’espace virtuel, tant et si gravement qu’il peut déborder sur l’espace réel.

Espérer qu’il y aura un appel des gouvernants à laresponsabilité, qui affichent une susceptibilité d’huitre lorsque le pouvoir est brocardé sur les réseaux sociaux, c’est rêver en technicolor. Des leaders d’opinion et influenceurs web, insignifiants par leur
nombre, ont rompu le silence. Sans doute de qualité, leur argumentaire n’est guère audible face à l’énergie et la détermination de la « meute ».

Ce scénario pro-tribal qui relève du cauchemar estcelui qui n’aurait jamais dû commencer. Les voix qui doivent s’élever en ce moment sont celles qui présentent et défendent les programmes des candidats déclarés ou presque. Les arguments à faire valoir par ces temps de pré-campagne électorale doivent s’articuler autour de la stratégie, la meilleure, qui permettra de sortir le peuple camerounais de la situation préoccupante dans laquelle il gît.

Cela dit, admettons-le : la question tribale n’est pas nouvelle au Cameroun. De tout temps, le pouvoir établi a souvent instrumentalisé l’ethnie pour diviser et/ou conserver le pouvoir. Des hommes politiques s’en sont souvent servis pour conquérir le pouvoir. De l’époque coloniale à ce jour, c’est une constante qu’aucun esprit éclairé ne saurait botter en touche. Si sous d’autres cieux la diversité ethnique est généralement considérée comme un atout plus qu’une limite, chez nous, la mosaïque d’ethnies a plus tendance à nous diviser qu’à nous unir.

L’irresponsabilité et l’égoïsme d’une certaine élite a souvent remis au goût jour le repli identitaire au tournant de certaines convulsions politiques. Qui ne se souvient pas de certaines déclarations faites dans le creux de l’oreille de diplomates occidentaux, des appels prônant la chasse aux « étrangers » à Yaoundé, après les émeutes de février 2008 ou encore des déchirements au sein de l’Eglise catholique qui est au Cameroun, après des nominations du Vatican ?

En un mot comme en mille, la bête sauvage du tribalisme somnole au Cameroun et il suffit qu’on la pince, le plus souvent en période politique cruciale, pour qu’elle se réveille brutalement. Cette bête, il faut définitivement la mettre en cage et la ranger
dans un zoo. Comment ? En déclarant aux Camerounais, sur les réseaux sociaux et ailleurs, que nous devons nous enrichir de nos différences, pour reprendre la célèbre formule de Senghor. En rappelant aux uns et aux autres que ce qui nous unit est
plus fort que ce qui nous divise.

Ce qui nous unit aujourd’hui, c’est le combat pour plus de démocratie, c’est le combat pour le mieux-être de tous et de chacun. C’est la lutte contre l’injustice sociale qui perdure, hélas, au Cameroun. Jouer le jeu des chantres du tribalisme, c’est plébisciter l’immobilisme. C’est voter contre le changement et le développement.

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