Samedi, 23 Septembre 2017
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Le « système » et nous

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Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en France, on assiste sur la scène politico-
électorale au triomphe des candidats qui se positionnent contre le « système ».

Par Georges Alain Boyomo

Tout se passe comme s’il fallait se présenter comme un anti-système pour devenir la coqueluche du peuple. Mais c’est quoi le « système » ? Dans sa chronique parue le 26 avril dernier dans l’hebdomadaire français L’express, Jacques Attali ose une définition. «Le mot est assez vague pour que chacun de ceux qui l’utilisent et chacun de ceux qui l’entendent puissent y mettre ce qui les arrange. Pour certains de ceux qui l’emploient, ce sont les hommes politiques, pour d’autres les chefs d’entreprise ou les riches ; pour d’autres encore, les hauts fonctionnaires…

plus généralement, tous ceux qui font en sorte que la société fonctionne comme elle
fonctionne aujourd’hui, plus généralement encore, tous ceux qui ont réussi dans le cadre des règles du jeu actuel et qu’on désigne comme une oligarchie. Et plus généralement encore les règles du jeu elles-mêmes…», élabore l’analyste.

Le débat sur le « système » est omniprésent dans l’espace public au Cameroun. Au « système » en place, on attribue l’inertie, le chômage, le népotisme, le favoritisme, le manque d’eau, d’électricité, de routes, d’écoles, les blocages à la démocratie, les échecs économiques, la dépravation des mœurs, etc. Au point où une majorité de
citoyens exclut les membres du « système » de la «succession» à l’actuel chef de l’Etat.
La question est aujourd’hui de savoir qui est du «système Biya» et qui ne l’est pas. A la vérité, au gré de sa longévité, ce système a recruté à la pelle dans toutes les strates sociales, économiques et politico-idéologiques, dans son giron naturel (gouvernement et parti au pouvoir), mais également dans l’opposition et la société civile. Les dédoublements fonctionnels et les reconversions sont si prégnants dans ce système qu’il devient difficile de tracer les lignes de démarcation entre pouvoir, opposition et société civile.

De même, la qualité de ministre, directeur général, directeur de l’administration centrale, membre du bureau politique ou du comité central du Rdpc ne fait pas
automatiquement du titulaire du poste ou du mandataire un « pion » du système.
Et que dire de ces anciens ministres embastillés qui se découvrent une virginité politique ? Sont-ils dignes d’être présentés comme d’éventuels candidats anti-système à la « succession » de Paul Biya ? Que dire de ces leaders de l’opposition qui ont été ministres sous le champion du Rdpc ? Doit-on les déresponsabiliser du bilan du « sys-
tème » au seul motif qu’ils ont démissionné pour proposer plus tard une autre voie au peuple ?

Politique alternative

Le cas Macron est d’ores et déjà brandi ici et là pour détricoter cette thèse. Le candidat d’ « En marche» a été ministre sous Hollande, avant de prendre ses distances et proposer, avec succès, une offre politique alternative aux Français. Au final, peut-
on rêver, après Paul Biya, d’un président neuf, n’ayant pas appartenu au « système » de son prédécesseur ? En Afrique francophone, le cas du Bénin, souvent cité comme un laboratoire de la démocratie sur le continent, doit nourrir le débat. Un candidat anti-système a remporté la présidentielle en 2006. Il s’agit de Boni Yayi. Quittant la scène en 2016, le banquier n’a pas eu droit aux pétales de roses. Il est accusé d’avoir reproduit le système qu’il a dénoncé.

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