Vendredi, 17 Août 2018
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Lutte anti-vectorielle: la Cuy en guerre contre les faux agents

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Agents Phytosanitaires

Une campagne de destruction des laves est en cours dans les sept arrondissements du Mfoundi.

Par Pascal Dibamou

Florence ne retient pas ses larmes à chaque foisqu’elle croise des agents phytosanitaires. Les souvenirs d’un incident causé par un de ces agents sont encore vivaces dans sa mémoire. C’est au cours d’une campagne de lutte anti-vectorielle organisée par un agent sanitaire que sa fille, qui souffre aujourd’hui d’un cancer, avait été atomisée par des produits phytosanitaires.

En effet, au passage des agents sanitaires, la fillette, âgée de quatre mois à cette époque-là, dormait et la femme de ménage avait oublié de signaler. « Ma fille avait inhalé une très forte dose du produit pulvérisé contre les moustiques adultes. Elle a fait un coma. Par la suite, on a découvert qu’elle a une leucémie, le cancer du sang. Je souffre avec sa maladie depuis quatre ans », lance-t-elle en sanglots, dans les couloirs de la Fondation Chantal Biya. Et d’ajouter : « En payant 5000 Fcfa à cet agent sanitaire, je ne savais pas que j’avais plutôt acheté la maladie de ma fille ». Son cas n’est pas isolé. Beaucoup de personnes souffrent des conséquences de la mauvaise utilisation des produits phytosanitaires.

En effet, les produits phytosanitaires mal manipulés sont nocifs pour populations et à leur environnement. Qualifiés de cancérigènes, ils ont fait l’objet de plusieurs études réalisées par des scientifiques. Certains se caractérisent par une rémanence qui leur donne le pouvoir d’empoisonner l’environnement pendant de nombreuses années.

Prudence

Devant une telle situation, les communes d’arrondissement de Yaoundé appellent les populations à la vigilance. « La communauté urbaine de Yaoundé est en train de formaliser la poursuite des faux agents sanitaires qui sillonnent les quartiers. C’est pourquoi, dans le cadre de la deuxième phase du projet d’assainissement de Yaoundé (Pady2), elle a tenu à ce que le consultant Seca forme les personnels des mairies à l’utilisation des produits phytosanitaires », indique un haut cadre de la communauté urbaine de Yaoundé. La phase pilote d’implémentation de cette formation s’est tenue le week-end dernier à la commune d’arrondissement de Yaoundé VII. Celle-i a connu la participation du  personnel  sanitaire des sept mairies de Yaoundé. Cinquante ménages du quartier Nkolbisson vivant sur une superficie de 10.000 m2 sont concernés par cette opération.

Une opération qui a coûté, rien que pour cet arrondissement, sept millions de Fcfa. Elle se poursuivra cette semaine dans la commune d’arrondissement de Yaoundé Ier. La « lutte chimique utilisée dans le cadre de la campagne de lutte anti-vectorielle est une méthode complémentaire à la lutte physique », explique Arlette Tchapoya, le directeur général de la société dénommée Service camerounais d’assainissement (Seca). Par ailleurs, cette formation a aussi été dispensée aux membres des associations des quartiers. Ces derniers ont reçu du matériel adéquat pour mener des opérations d’hygiène et salubrité dans leur environnement. A la communauté urbaine de Yaoundé, l’on apprend qu’après cette formation, suivra la phase de répression. En fait, les agents sanitaires non agréés par les communes d’arrondissement seront interpelés et poursuivis devant les juridictions.

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