Jeudi, 12 December 2019
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L’anxiété. Dr Joseph Penda Melone: :Il ne faut pas poser des actes qui font culpabiliser »

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Le psychanalyste conseille d’être en règle avec l’ordre moral, d’éviter les agissements répréhensibles, entre autres, pour se prémunir de ce mal-être qui va de pair avec l’angoisse.

Par Guy Martial Tchinda

Qu’entend-on par anxiété ?

L’anxiété est une peur que développe un sujet. Cette peur peut être suivie au niveau du corps par quelques malaises qui sont une manifestation de l’angoisse. L’anxiété et l’angoisse vont de pair et sont des choses normales qui interviennent chez un être humain régulier et chez tous les communs des mortels, parce que face à de multiples situations nous sommes confrontés à des règles. Au niveau de toutes les cultures, il existe des normes qui se traduisent par tout ce qui est autorisé et les contre-normes qui se traduisent par les interdits. Le sujet risque donc de faire des choses qui le feront glisser dans des interdits. L’anxiété est un problème pour la santé lorsque la personne affectée ne parvient plus à fonctionner normalement comme le commun des mortels et surtout.

Comment se traduit l’anxiété ?

Lorsque nous désirons poser un acte que nous ne devrions pas poser, c’est la norme qui nous rappellera à l’ordre moral. Si un individu glisse dans la contre-norme en volant, en trichant, en posant des actes répréhensibles par exemple, en tant qu’être humain, je vais me culpabiliser et les éléments de culpabilité qui m’animent, risquent de développer chez lui une certaine peur diffuse. A partir de ce moment-là, sa culpabilité ne le laissera pas dormir. Cette peur le fera développer une anxiété et une angoisse pathologique. Du fait des actes qu’ils posent au quotidien et qui rentrent dans la contre-norme, les individus se culpabiliseront donc davantage. Il y a chez un sujet d’autres manifestations anxieuses. Vous pouvez être un voleur et marcher avec des gens qui ne soupçonnent pas en réalité qui vous êtes. Le fait pour certaines personnes proches de vos amis et qui vous connaissent parfaitement peut  vous faire avoir peur d’être découvert et vous faire développer une crise. Lorsque votre peur commence à nuire à votre existence ou à celle de votre entourage du fait de vos actes, dans un sentier pathologique.

Quels sont les facteurs de risque de ce mal-être ?

Nous classons parmi ces facteurs le fait de poser des actes mauvais posé par un sujet régulier ne prenant pas des substances toxicomaniaques ; le drogué ne se rend peut-être pas compte de ce qu’il fait mais il finit aussi souvent par se culpabiliser. En effet, lorsqu’il sort de la drogue, quelques fois, il se rend compte qu’il a posé un acte répréhensible. Il est donc dans la contre-norme. Malheureusement, quand un individu entre dans la contre-norme pour trouver de quoi satisfaire son système, la culpabilité intervient, la répression aussi (parfois). Par contre, lorsque vous posez un acte mauvais et que vous avez l’opportunité d’en parler, de dire la vérité ou d’accepter votre forfait, vous pouvez réparer quelque peu votre culpabilité.

Certaines catégories d’individus, depuis la sortie du ventre de leur mère, en évoluant dans la constellation familiale, ont commencé à développer certaines peurs. Le petit enfant a peur par exemple de la lumière, de ceci ou de cela. Au-delà de cela, il y a certains actes qui peuvent être posés au niveau familial tel un monsieur qui frappe sa femme devant ses enfants qui sont tous jeunes. Il ne faudrait pas être étonné que plus tard cela devient un problème pour l’enfant qui peut commencer par exemple à s’enfermer dans sa chambre, ne plus jouer avec les autres à l’école. Un enfant peut arriver à souffrir de la contradiction des messages entre son père et sa mère c’est-à-dire qu’un parent pose une injonction, l’autre essaie de contre-attaquer. Même des personnes malades mentalement arrivent à être conscientes de certains évènements et à se culpabiliser et cette culpabilité les renvoie à un développement de l’anxiété.

Parlez-nous des conséquences de l’anxiété.

Lorsque vous êtes anxieux, vous êtes atteint mentalement, vous n’avez plus le bien-être. Le bien-être des personnes autour de vous risque aussi d’être infesté par cet état.

Est-il possible de prendre en charge des personnes affectées ?

Elles sont prises en charge dans le cadre de la santé mentale. Mais, il faut savoir une chose : l’anxiété et l’angoisse ne vont pas seules. On a vu des cas de phobie c’est-à-dire que parfois l’individu a peur d’un certain nombre de choses. Cette peur peut être un symptôme. Elle peut être associée à d’autres symptômes qui renvoient à une autre maladie. L’anxiété peut donc s’accompagner de la dépression. On peut avoir une anxiété phobique, névrotique, psychotique…

Qu’est-ce qui guide le diagnostic ? A quel moment le praticien peut-il savoir qu’un individu souffre d’anxiété ?

On ne fait pas de diagnostic à la volée. Le patient doit se rendre dans un centre de santé et n’importe quel médecin spécialiste de santé mentale peut déterminer l’anxiété à partir de certains signes. Quelques fois, le sujet dira ne plus supporter certaines choses : « quand je me couche, je n’arrive pas à dormir parce que j’ai peur de mourir » ;  « j’ai peur qu’on m’ensorcelle »… Parfois il le dit en tremblant. A partir de ce moment-là, on sait qu’on a en face de soi quelqu’un qui souffre mais on ne peut pas affirmer à l’immédiat qu’il s’agit de l’anxiété. Tout clinicien dans le domaine de la santé mentale qui a compétence pose donc un diagnostic provisoire et ces observations lui permettront après examen d’établir un diagnostic définitif.

Combien coûte la prise en charge ?

L’anxiété se soigne dans le cadre de la santé mentale. Et dans ce sens, on ne peut pas déterminer un coût exact. Ce n’est pas le paludisme, encore moins une blessure qui nécessite un pansement ou une suture ; ce n’est pas non plus une intervention chirurgicale. Je crois que la majorité de médecins sont capables de constater qu’une personne est anxieuse et lui prescrire quelque chose et en les référant vers un spécialiste. Une anxiété peut amener à découvrir que le sujet est psychotique ou psychopathe.

Peut-on estimer la durée de cette prise en charge ?

Ce n’est pas un traitement ponctuel comme celui du paludisme. Il peut arriver que votre situation paraisse banale et on vous donne un petit traitement et vous rentrez chez vous mais  on peut aussi vous hospitaliser. Dans ce cas, il y a tout une série de choses à suivre, le temps de vous remettre avant de sortir. Déterminer une durée de traitement serait faire fausse route.

Combien de personnes souffrent de ce mal-être au Cameroun ?

Ce serait hasardeux de déterminer l’ampleur. Mais, plus un individu se culpabilise, plus l’anxiété est inévitable.

Comment prévenir l’anxiété ?

Ce n’est pas facile étant donné que nous sommes dans la vie sociale. Toutefois, il faut être en règle avec l’ordre moral. Agir dans le sens de la contre-norme fera toujours que l’anxiété soit. C’est vrai qu’il y a des éléments de la contre-norme qui sont devenus normaux et à partir de ce moment-là, personne ne peut plus se culpabiliser.

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