Samedi, 20 Juillet 2019
Accueil quotidien mutations maladie au scanner La tuberculose. Dr Hervé Gildas Gamdo : « Elle peut occasionner un arrêt respiratoire et conduire à la mort »

La tuberculose. Dr Hervé Gildas Gamdo : « Elle peut occasionner un arrêt respiratoire et conduire à la mort »

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De passage au Cameroun dans le cadre de l’atelier de validation d’un nouveau plan stratégique régional (Cemac) de lutte contre le Vih/Sida, la tuberculose et les hépatites,  le chef de service et coordonnateur du Programme national de lutte contre la tuberculose en République centrafricaine a préconisé la mise immédiate sous traitement des patients pour éviter les complications.
Par Guy Martial Tchinda et Agnès Esthère Messomo (stagiaire)
Qu’entend-on par tuberculose ?
La tuberculose est une maladie infectieuse et contagieuse qui est due à un microbe appelé bacille de Koch donc le mycobacterium tuberculosis et la transmission est le plus souvent essentiellement par voie aérienne. Cela veut dire que si quelqu’un atteint de la tuberculose tousse, il va rejeter des microbes dans l’air et si quelqu’un d’autre passe à cet endroit-là, il va respirer ces microbes et par la suite il va développer la tuberculose.
Parlez- nous des facteurs de risque de cette maladie.
Les facteurs de risque de cette maladie sont nombreux. On a comme premier facteur le VIH car si vous avez le VIH, votre immunité va baisser, votre défense contre la maladie va également baisser. Ceux qui ont le diabète, ceux qui prennent beaucoup d’alcool  et ceux qui se nourrissent mal sont également à risque de développer la tuberculose.
Quel rapport pouvez-vous établir entre la tuberculose et l’infection pulmonaire ?
La tuberculose fait partie des infections pulmonaires. Toutefois, les autres infections pulmonaires se traitent avec les antibiotiques pendant cinq à 1O jours. Pour la tuberculose, on utilise des antibiotiques qui sont très spécifiques et très puissants car le microbe qui donne la maladie est aussi très dangereux. Le plus souvent, pour traiter la tuberculose, on a besoin de quatre antibiotiques et le traitement dure six mois.
Comment se manifeste la maladie ?
Il est facile de reconnaitre la maladie. Vous avez quelqu’un qui tousse pendant près de deux semaines sans que la toux ne s’arrête ; Parfois la personne peut tousser avec du sang et cette personne  peut avoir des douleurs au niveau du  thorax. C’est quelqu’un qui maigrit, qui fait de la fièvre, qui a beaucoup  de sueur  pendant la nuit et aussi qui manque d’appétit. Voilà en gros les signes de la tuberculose.
Quelles peuvent être les complications de la maladie lorsqu’elle n’est pas prise en charge ?
Si la tuberculose n’est pas traitée, la complication à long terme c’est la mort. Le patient peut aussi avoir des problèmes avec ses poumons qui pourront être détruits et la personne va avoir des problèmes de respiration. Le cœur peut également être affecté parce que si les poumons ne fonctionnent pas très bien, le cœur peut être en état de dysfonctionnement.
Est-ce qu’on peut craindre un risque d’accident vasculaire cérébral (Avc) ou d’un arrêt respiratoire ?
Avc non, mais arrêt respiratoire oui. Parce que si le cœur et les poumons ne fonctionnent pas bien, ce qui va arriver sera un arrêt respiratoire qui peut conduire à la mort.
Parlez-nous du traitement de la tuberculose.
Pour traiter la tuberculose, il faudrait d’abord que le patient soit conscientisé, parce que c’est un traitement qui dure très longtemps. Vous avez la phase d’attaque où on prend quatre antibiotiques pendant deux mois, la phase d’entretien qui est la phase de continuation où on prend des médicaments pendant quatre mois.  Au total, le traitement  dure six mois et pour que le patient puisse y adhérer, il faudrait bien au départ qu’on explique le bienfait du traitement au patient pour qu’il puisse l’accepter et le suivre jusqu’ à la fin.
Est-ce que le traitement diffère en fonction des pays ou alors il est universel ?
Le traitement est standardisé dans toute la région de la Cemac. Nous utilisons le même protocole, les mêmes médicaments et le traitement a la même durée.
Combien coûte le médicament ?
Ce médicament est subventionné. Normalement, pour un patient qui a la tuberculose, les six mois de traitement coûtent à peu près 15000 Fcfa.
Quelle est l’ampleur de la maladie au niveau de l’Afrique centrale ?
Par rapport aux autres sous-régions, je pense que l’ampleur demeure encore très importante au niveau de la sous-région Afrique centrale. Pour le moment, il y a des volontés politiques même à haut niveau pour essayer d’éliminer cette pathologie d’ici 2030. Je pense qu’avec l’initiative de l’Oceac (Organisation de la coordination pour la lutte contre les endémies en Afrique centrale, Ndlr), nous allons mener des actions pour essayer d’être à la croisée de chemin avec les autres pays de l’Afrique.
De quelles actions pouvez-vous précisément ?
Il y a plusieurs actions. Premièrement, il faut qu’on trouve tous les cas de tuberculeux dans la population,  c’est ce qu’on appelle le dépistage ; deuxièmement, si on les dépiste il faut qu’on les traite tous et troisièmement, il y a des mesures de prévention qu’il faut mettre en place. Par rapport aux personnes vivant   avec le Vih, il y a des traitements qu’on leur donne pour éviter qu’ils aient la tuberculose. Quant aux enfants de moins de cinq ans, s’ils ont un contact avec un patient tuberculeux,  il y a des médicaments aussi qu’on peut leur donner pour éviter qu’il développe la tuberculose. Toutes ces actions peuvent être mises ensemble pour essayer de lutter contre cette maladie.
Comment prévenir la maladie ?
La prévention  se situe à plusieurs niveaux. On a ce qu’on appelle  les mesures de contrôle de cette maladie. Au niveau des formations sanitaires, il y a des mesures qu’il faut prendre en compte pour protéger  les patients et les personnels de santé ; au niveau de la communauté il y a des actions qu’il faut mener dont la reconnaissance des signes de la tuberculose par les organisations de la société civile ou bien des organisations communautaires pour les référer dans un centre de prise en charge ; on a les traitements préventifs chez les enfants et chez les personnes vivant avec le Vih mais aussi des mesures à long terme telles que la bonne nutrition.
En parlant de la protection du personnel de santé dans les hôpitaux  pourquoi ne met-on plus les patients en quarantaine comme ce fût le cas  autrefois ?
Imaginez-vous la personne qui tousse beaucoup depuis plus d’un mois à la maison. Normalement, le mal est déjà fait. Dès qu’il arrive à  l’hôpital c’est déjà un bon signe. On va  vite le mettre sous traitement et quand il prend sa première dose de médicament, le nombre de microbes diminuent drastiquement.
Vous avez pris part du 11 au 13 juin dernier à un atelier de validation d’un nouveau Plan stratégique régional de lutte contre le Vih-Sida, la tuberculose et les hépatites pour la période 2019-2023. A quoi servira un tel plan ?
Lors de cet atelier, tous les experts des six pays de l’Afrique centrale ont réfléchi sur les stratégies qu’il faut entreprendre afin de lutter efficacement contre ces trois maladies.

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