Mardi, 23 Octobre 2018
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La Conac et les moulins à …pots-de-vin

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J’ai rarement vu un chef d’Etat africain aussi occupé !

Par Le mutant

J’ai vu Idriss Deby Itno à la fin du mois d’août astiquant des caniveaux à N’Djamena. Je l’ai vu descendant en personne, de façon inopinée dans les entrepôts de la douane.  « Vous êtes ici pour servir le pays et non pour vous servir. Vous vous êtes suffisamment enrichis il faut que ça cesse !», somme-t-il en foutant le pied à l’arrière-train des agents véreux. L’affaire est vite youtubée comme la vidéo du mariage de son fils distribuant des billets de banques à ses invités. Vous voyez avec ça, il devient immortel, le Deby. Ce qui le rapproche de son plus cher personnage: Allah !

Qu’il est contagieux, le combat contre les « transvaseurs » des caisses de l’Etat ! Voilà que l’on apprend dans la foulée que toute une caravane va sillonner le pays chez nous pour apposer des plaques anti-corruption sur les édifices publics. Sous la houlette de la Commission nationale anti-corruption alias Conac, svp ! Chose dite, chose faite ! « Le service public est gratuit. », ça se lit dorénavant en lettres d’or, en anglais et français sur les murs de nos édifices publics. Et ce n’est pas tout. Au bas de l’affiche, on lit : « Dénoncez tout acte de corruption à la Conac. » Suivi d’un numéro vert, le 1517, et de l’adresse complète de la Conac. Pour faire caravane, voici qu’hommes et femmes vêtus de t-shirts et de casquettes marqués au slogan de la campagne, montent et descendent dans les rues, distribuant à bras-que-veux-tu des tracts aux passants et chauffeurs de taxi.

Vous savez, vous qui avez lu les histoires du « far west » américain, que la caravane est toujours source d’espérance. Alors, que l’accueil le meilleur soit réservé à cette caravane de la Conac. Partout où elle passera ! Y compris chez les « Ambazo », si elle s’y hasarde. Ainsi, l’hydre de la corruption au Cameroun sera réduite à son degré zéro ! En passant, j’espère voir non pas une simple plaque mais toute une bâche sur les murs du Ministère de l’Habitât et du Développement urbain où l’admission massive des ressortissants d’une seule ethnie à un concours vient de faire voler la toile…

Qu’importe ! Le président de la Conac, le Révérend Docteur Dieudonné Massi Gams, dévoile l’objectif de sa nouvelle trouvaille : « Ces plaques que nous apposons sont là pour faire comprendre aux usagers que le service public est gratuit. En dehors des frais légaux, il n’y a rien à payer de plus. S’il y a un dérapage, le citoyen peut nous contacter. » Bien sûr, au fameux 1517. Il faut le dire. La corruption au Cameroun est un titan. Il en fallait un autre, la Conac, pour lui tordre le cou ! Admirez les résultats : une centaine de dénonciations de tentative de corruption par jour, d’après l’institution. « Avec cette nouvelle campagne, elles pourraient varier entre 200 et 300.», se gargarise DMG.  Une vraie soupe à la grimace !

Ils vont nous inventer la nuit, ces gens de la…Conard ! Je l’aime bien, Dieudonné Massi Gams, mais il est comme un enfant qui veut continuer de croire au père Noël. Nous combattons ce que nous avons créé, c’est ça la corruption au Cameroun, monsieur ! Faites donc une plaque des plus grandes, apposez la sur le bureau du président de la République avec ce message: « Mettez en application l’article 66 de la constitution sur  la déclaration des biens. » Et vous verrez !

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