Dimanche, 18 Août 2019
Accueil quotidien mutations culture Kris Badd: »Se démarquer est un risque qu’il faut assumer »

Kris Badd: »Se démarquer est un risque qu’il faut assumer »

154
- Publicité -

A la faveur de la sortie de son single « Kossa », l’artiste revisite les moments phares de sa carrière et annonce pour bientôt la sortie d’un nouvel album.
Par Lucien Bodo
On n’avait plus vu Kris Badd depuis très longtemps. Vous êtes de retour sur la scène musicale camerounaise avec un single qui a pour titre « Kossa ». Pouvez-vous nous le présenter ?
« Kossa » est une invitation à la fusion universelle par le vecteur de la danse et des sonorités africaines. J’ai développé le concept hip hop/makossa depuis plusieurs années déjà. Il a évolué en Afro/hip hop beat Makossa pour fédérer encore plus de sonorités. C’est un single qui suit le maxi « Mollo mollo » sorti en 2018 et distribué sur toutes les plateformes digitales (Keyzit France). Il annonce un nouvel album du même nom qui suivra.

Et à quoi pourrait ressembler cet album ?
L’album « Kossa » est un projet en élaboration depuis bientôt trois ans avec le soutien artistique de Chris Guell (ex-star system). Nous avons travaillé d’arrache-pied après une étude judicieuse du marché et des divers courants musicaux actuels. Par ailleurs, nous avons aussi bénéficié de plusieurs collaborations de renom sur la place parisienne et ailleurs ; notamment avec de jeunes talents camerounais à l’instar de Franky P, Davodka et Feelhip Mpondo, pour ne citer que ceux-là, pour concocter un produit plein de surprises. Je ne peux pas en dire plus pour le moment.

Dans votre discographie, l’on se souvient de cette célèbre chanson « No Sida ». Quelle est l’histoire derrière ce titre ?
En 1998 sort mon premier album intitulé « Action » produit par Nkembe Pesauk pour Soyoko Music, dont « Zeben (part 1) » est extrait. J’ai créé en parallèle ma propre structure artistique KB Association Productions (KBA Prod).
En 2000, sort mon deuxième album « Za’ane » co-produit par Zomloa Recordz ou j’invite Roger (X-Maleya,) Jy Junelle, Ice Soul et moi même pour interpréter le single « No Sida » que réalise D.J. Bilik, produit avec le soutien de la Banque mondiale, Onusida, Synergies Africaines et l’Unesco, qui connait un énorme succès et sera dupliqué à plus de 60 000 exemplaires CD.
Il s’ensuit une grande campagne de sensibilisation, étape marquée par une large couverture médiatique nationale et internationale, et une grande tournée intitulée « Caravane no Sida », dans les dix régions du Cameroun à la rencontre du public et de milliers de fans à travers une série de concerts.

Où étiez-vous durant tout ce temps au cours duquel on vous a peu vu sur scène au Cameroun et que faisiez-vous ?
Après la grande tournée « Caravane no Sida », je suis revenu m’installer à Paris, multipliant concerts et showcases pour la K.B. Association Productions et d’autres structures. 2007 est l’année de création d’un nouveau concept musical, le « Hip Hop Makossa », dont le single est enregistré dans la foulée pour Linedreams Production. Engagé dans de nombreuses actions sociales et culturelles, j’ai partagé mon expérience artistique en donnant des ateliers de chant et de danse pour la Mairie de Paris, à des enfants venant de tous les horizons.
J’ai voyagé aux quatre coins du monde : Asie, Europe, Amérique, Afrique. Ces nombreuses expériences m’ont permis de prendre du recul pour me réinventer, observer, apprendre et comprendre, développer mon art en l’enrichissant de nouvelles connaissances sur le plan musical, humain et scénique.

Quel commentaire pouvez-vous faire lorsque vous observez la scène musicale actuelle du Cameroun ?
La scène musicale camerounaise s’est enrichi de nouveaux talents comme il en regorge à foison dans notre beau pays. Mais il n’y a pas de « Performer » et le style musical est calqué sur le même rythme en général, ce que je trouve dommage. Très peu d’artistes osent créer. Se démarquer est un risque qu’il faut assumer et qui confère une originalité que le public sait toujours reconnaître.
On se souvient de Kris Badd comme principal interprète de Michael Jackson au Cameroun. Y-a-t-il encore un peu du king de la pop en vous ?
Michael Jackson m’a permis de me révéler au grand public grâce à Foly Dirane et son émission à succès Délire. Mais J’ai toujours été influencé par des artistes comme Manu Dibango, Elvis Kemayo, Ekambi Brillant, Le Star System qui nous ont fait rêver et permis d’y croire également. Tous ces artistes vivent en moi.
C’est en 1990, repéré et contacté par la chanteuse et très talentueuse Jacky Biho au lycée de Biyem-Assi que j’ai fait mes premiers pas professionnels dans le monde de la musique à travers l’émission télévisée « Délire » présenté par Foly Dirane. Ce fut une aventure humaine et artistique très enrichissante qui m’a permis de me faire connaître du grand public. Aujourd’hui je suis toujours honoré d’interpréter des titres en hommage au King à la demande du public. Je le ferai aussi longtemps que les pas suivront.

A un moment donné, vous avez été aperçu dans des productions cinématographiques. Etes-vous encore en mesure de rejouer dans un film ?
En effet, en parallèle avec ma carrière musicale, j’ai eu la chance de tourner dans deux films. En 2002, j’incarne le rôle principal dans un court-métrage intitulé « Par Ignorance », réalisé par Hervé Harding Guiffo. Le film reçoit en 2003 le premier prix du Festival international «Yaoundé Tout Court » au Cameroun. En 2005 je participe au film franco -camerounais « Les saignantes » du réalisateur Jean-Pierre Bekolo, qui reçoit l’Étalon d’Argent et le Prix de la Meilleure actrice au Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (Fespaco) en 2007 Le film est ensuite primé par d’autres festivals internationaux. J’ai reçu d’autres propositions depuis mais je n’étais pas prêt. Aujourd’hui, je serais ravi de participer à un nouveau projet cinématographique.
Maintenant qu’il y a « Kossa », que prévoit votre agenda artistique ?
Après la sortie de « Kossa », mon agenda artistique prévoit une tournée promotionnelle internationale qui passera par le Cameroun où j’ai hâte de retrouver le public nombreux pour une communion musicale sans précédent. J’aimerais y développer une structure de danse pour les jeunes défavorisés qui aimeraient s’épanouir à travers cet art de communion. Je vous dis merci pour votre soutien depuis le début et depuis autant d’années. A très bientôt.

Newsletter: Restez au courant de l'actualité


- Publicité -

AGENDA

Festival des musiques et danses patriomoniales

première édition de Business Coffee Break

Tous nos évènements
Mutations SHOP