Dimanche, 21 Janvier 2018
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Kribi 2: Le nouveau sous-préfet agressé dans un hôtel

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Le malfrat s’est enfui abandonnant une arme de guerre après un rude face à face avec le fils du ministre de l’Administration territoriale, René Sadi.

Par Lazare Kingue

Cinq jours seulement après sa prise de commandement en qualité de sous-préfet de l’arrondissement de Kribi 2, Gilles Christian Sadi est la cible d’un braqueur. Le fils du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), René Emmanuel Sadi, a été agressé dans la chambre d’hôtel, où il loge depuis sa prise de service, en attendant l’aménagement de sa résidence.

Au carrefour July, la principale zone d’attraction au quartier Elabe, à 3 km du centre urbain de Kribi, le sujet alimente encore les conversations. « Le bandit était lourdement armé. Il a rendu visite au sous-préfet à l’aube du jeudi. Il se dit qu’il voulait de l’argent et des bijoux… », raconte une femme la trentaine sonnée, la voix entrecoupée d’émotion. « Heureusement que le sous-préfet est un homme prêt. Il se bat comme un professionnel des arts martiaux. L’agresseur n’y a vu que du feu et a pris la fuite », ajoute un jeune homme, sur un ton ironique.

 

De sources bien introduites auprès des autorités administratives et des forces de maintien de l’ordre de la ville de Kribi, c’est aux environs de 2h, dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, que la scène se produit. Gilles Christian Sadi, de retour d’une randonnée nocturne fait brusquement face, dans sa chambre d’hôtel, à un individu au regard mauvais. Ce dernier lui pointe une arme de guerre et lui intime l’ordre de se mettre à plat ventre. Le malfrat aurait déclaré ceci: « Je sais que tu es le fils du ministre Sadi. Tu viens d’être installé comme sous-préfet. Tout ce que je veux c’est de l’argent et des bijoux».

Ayant rassuré l’assaillant et feignant de satisfaire à sa demande, le jeune administrateur civil de 30 ans, d’un geste à la vitesse d’un éclair, tire le drap du lit et plonge sur son agresseur, tout en l’enroulant de l’étoffe. Débute alors un duel de karaté. Le bandit ne peut faire usage de son arme. Sentant assurément qu’il ne peut résister cinq minutes de plus devant l’originaire de Yoko, qui a suivi une formation militaire, il capitule et s’enfuit.

 

Il abandonne là son arme  chargée de sept munitions. Informées de la situation, les forces du maintien de l’ordre sont aussitôt descendues sur les lieux. L’arme et les munitions sont mises sous exploitation. Une enquête est ouverte au commissariat central de Kribi. Le gangster, quant à lui, court toujours.

Une version prospère déjà au sein de la classe politique de la cité balnéaire. L’acte  perpétré n’aurait pas été guidé simplement par la recherche de l’argent et des bijoux. Précédemment premier adjoint préfectoral du Mfoundi, Gilles Sadi, qui est à sa première expérience de sous-préfet, occupe un poste qui a aiguisé des convoitises, de par la situation de l’arrondissement de Kribi 2 dans la cité portuaire. Face aux pressions diverses, susurre-t-on, « le Minatd a choisi son fils aîné pour occuper la prestigieux poste », suscitant naturellement la colère des recalés. Ces derniers ont-ils décidé de prendre leur revanche? La question reste pendante.

 

Kribi 2, un foyer d’insécurité 

 

Par Lazare Kingue

 

Lors de son installation le 14 octobre dernier, Gilles Christian Sadi avait bien été briefé et mis en garde par le préfet de l’Océan. «Kribi 2 est en proie ces derniers temps à une recrudescence des actes de banditisme, d’incivisme et de désordre urbain. Les menaces à la paix et à la tranquillité prennent souvent des formes subtiles et sournoises. Vous devrez faire preuve d’imagination, avoir le sens de l’anticipation et de la prévention », déclarait Antoine Bisaga. « La sécurité des biens et des personnes et le maintien de l’ordre public doivent figurer au premier rang des priorités de votre action », lui recommandait le préfet.

Cinq jours après cette mise en garde, le nouveau sous-préfet se rend brutalement à l’évidence. L’insécurité est grandissante à Kribi. La ville  qui arbore progressivement un visage de métropole attire les malfrats. Ils se recrutent parmi les nombreux chômeurs, les conducteurs de moto taxi, les vendeurs à la sauvette, les laveurs de voiture, les vigiles et même les hommes en tenue. La plupart des bandits sont logés dans l’arrondissement de Kribi 2. Car, c’est cette circonscription administrative qui regorge d’établissement hôteliers, de loisirs et de résidences privées situées dans les zones retirées. Il ne se passe pas  un mois ici sans qu’un braquage ou une agression à main armée ne soit perpétrée. La dernière en date, celle du fils du ministre René Emmanuel Sadi, remet en question le niveau de sécurité dans les hôtels de la ville balnéaire.

 

En effet, comment comprendre que dans un établissement hôtelier d’envergure, un individu puisse s’introduire, braquer le réceptionniste et s’emparer d’une somme de 200.000 Fcfa. Puis avec une arme au poing, grimper aisément les marches d’un escalier pour aller agresser une autorité dans sa chambre? Comment a-t-il pu savoir son numéro de chambre ? Comment a-t-il pu être en possession de la clef ? Autant de questions qui taraudent les esprits.

Approché, le gérant de la structure hôtelière en cause estime que « cette agression est une affaire privée classée dans le registre de la cuisine interne de l’établissement  et par conséquent il n’a rien à déclarer à la presse». Une réponse qui montre bien que les populations, les touristes, et désormais les autorités locales, ont à craindre pour leur sécurité.

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