Samedi, 26 Septembre 2020
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Kizito Ngoa: »l’activité du Btp doit reprendre »

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Entre le 20 octobre et le 20 novembre 2020, l’Ordre national des ingénieurs de génie civil va célébrer ses 20 ans d’existence. Le président du Conseil de cet ordre professionnel explique les contours de cet évènement, tout en évoquant l’impact du coronavirus sur leur activité.

Par Lucien Bodo et Naomie Wadje (Stagiaire)

L’Ordre national des ingénieurs de génie civil (Onigc) célèbre ses 20 ans d’existence dans quelques mois. Avant les manifestations y relatives, quel bilan faites-vous des activités de cet ordre professionnel ?

Je pense que 20 ans ce n’est pas beaucoup, comparé à d’autres ordres professionnels (avocats, médecins, architectes). Néanmoins, en 20 ans, je pense que nous avons beaucoup fait, notamment en termes de connaissance de notre profession à l’endroit du grand public. Aujourd’hui, à travers le Cameroun, les gens ont déjà entendu parler d’un ingénieur de génie civil. C’est ce en quoi consiste déjà le travail de l’Ordre. La communication vise essentiellement à faire la promotion de notre métier c’est vrai, mais pas dans le sens mercantile du terme. C’est plutôt dans le sens de la protection, en quelque sorte, des intérêts des investissements des promoteurs, des particuliers et aussi des pouvoirs publics.

Quand vous êtes malade, vous allez voir un médecin sans discuter parce que votre vie est en danger. Ça doit être la même chose avec l’ingénieur, à la différence que votre vie n’est peut-être pas en danger, mais votre patrimoine, votre investissement, si. Ce qui peut à la fin emmener d’autres problèmes de santé. L’idée c’est donc de dire que si vous avez besoin d’ouvrages de qualité, vous avez besoin d’un ingénieur de génie civil.

Nous travaillons beaucoup sur les aspects normatifs qui sont le référentiel normatif de notre pays. Nous travaillons avec l’Anor, le Labogénie, la Mipromalo, ainsi qu’un certain nombre d’établissements publics pour définir de meilleures pratiques, de meilleures normes, de meilleurs produits, adaptés à notre environnement socio-économique pour faire en sorte que nos constructions soient des constructions qui correspondent aussi à nos ressources, et à nos besoins.

On travaille également sur la formation. Nous sommes par exemple à l’origine de la transformation de la Faculté de génie industriel en Ecole nationale supérieure polytechnique, à Douala. Je dis toujours que ce n’est pas la quantité qui est importante, c’est d’abord la qualité de la formation qui prime. De ce point de vue, nous avons quand même des résultats qui sont flatteurs.

A côté de cette formation initiale, il y a la formation continue. Il ne suffit pas d’avoir son diplôme d’ingénieur pour penser que maintenant je peux exercer mon métier sans jamais me remettre en question. Un ingénieur doit faire preuve d’humilité. L’humilité veut dire se remettre en question, et donc être dans un processus de formation continue. L’Ordre a mis en place un règlement sur la formation continue obligatoire de ses membres. Vous devez, sur une période de deux ans, présenter un certain nombre de crédits que vous avez obtenus au cours de la formation continue.

Nous avons par ailleurs des activités liées à tout ce qui est participation au débat public, participation à l’élaboration des stratégies, des programmes et projets que nous faisons avec différents partenaires de l’administration. Nous sommes conviés de plus en plus à un certain nombre d’ateliers, de séminaires et autres, pour définir les stratégies de développement de notre pays.

Le gouvernement a compris qu’il ne peut pas tout seul décider de notre avenir. Il faut nous associer. Vous ne pouvez pas parler aujourd’hui du développement des infrastructures au Cameroun si vous n’associez pas l’Ordre des ingénieurs de génie civil.

Nous-mêmes de temps en temps nous nous saisissons des dossiers.  Nous avons ce qu’on appelle les journées techniques au cours desquelles on débat de divers sujets qui intéresse vraiment notre pays. A l’issue de ces journées techniques, nous formulons des recommandations qui sont adressées aux pouvoirs publics, au secteur privé, voire même aux bailleurs de fonds. L’Onigc est là aussi pour participer à la construction de notre pays et à apporter sa modeste contribution en terme de réflexion, mais aussi en terme d’expertise et de compétences.

Quelles actions menez-vous en interne ?

Nous avons nos propres actions liées à l’assainissement de notre corps. Nous avons par exemple mis en place un cachet de l’ingénieur. Même les architectes qui sont plus anciens que nous ont copiés cette idée. Lorsque vous faites une note de calcul par exemple dans la production de l’examen de permis de construire, cette note de calcul n’est pas valable si elle n’est pas signée par un ingénieur avec son cachet. Le cachet est annuel. Donc tous les ans vous avez un nouveau cachet. C’est une pièce qui confirme que celui-là est inscrit et est habilité à signer.  C’est une manière d’endosser la responsabilité. Du coup, lorsqu’on parlera plus tard de malfaçon, l’idée est de savoir qui était derrière.

Malgré toutes ces actions, beaucoup de jeunes diplômés hésitent pourtant à intégrer l’Ordre. Comment les convaincre de rentrer dans les rangs.

Je pense que c’est peut-être d’abord un problème de communication de notre part et de déficit d’information à leur niveau. L’Ordre est créé par une loi. Et cette loi, en son article 4, dit que vous ne pouvez pas exercer la profession d’ingénieur de génie civil au Cameroun si vous n’êtes pas inscrit au tableau de l’Ordre. Donc, ces jeunes doivent comprendre qu’ils doivent d’abord respecter la loi. Quand on dit loi, on ne la discute pas, elle s’applique. Et s’ils n’ont pas cette information, ça signifie que quelque part, ils n’ont pas cherché à savoir comment on exerce ce métier.

Avant de commencer à travailler, vous devez savoir quelles sont les règles dans votre pays. Il y a des règles sur les normes de construction et des aspects réglementaires liés à l’exercice de la profession elle-même. Il faut que ces jeunes comprennent à quoi sert un ordre professionnel. Un ordre professionnel c’est justement des professionnels qui se retrouvent entre eux et travaillent sur leur profession. Ils vont la défendre et trouver comment il faut améliorer la place que l’ingénieur doit avoir dans le paysage de notre pays. Ceux qui pensent qu’ils vont tout seul dans leur coin pouvoir exercer ce métier, sans tenir compte de ces règles, sans tenir compte de ce qu’on doit être un corps soudé et solidaire, ne vont pas s’en sortir. On a besoin de tout le monde dans l’Ordre. Il faut bien que les gens comprennent qu’un pays ne peut pas se développer sans que les ingénieurs ne soient impliqués.

A ce jour, beaucoup de pays ont fait des bons significatifs en matière d’infrastructures, notamment dans le Maghreb, parce que ce sont les ingénieurs qui sont gouverneurs de régions. L’ingénieur a une meilleure approche des projets par rapport à un autre corps de métier.

Où en êtes-vous avec les préparatifs des manifestations liées à la commémoration des 20 ans d’existence de l’Ordre ?

Nous avons tenu une conférence de presse le 05 août dernier pour informer l’opinion publique de la célébration de cet évènement, les enjeux et les étapes dans le cadre de sa préparation. Nous aurons le séminaire d’intégration et de renforcement des capacités, le symposium international, la cérémonie de graduation et de prestation de serment, ainsi que le gala. C’est donc au cours de ces articulations qu’on va pouvoir dresser le bilan de nos activités et se projeter sur l’avenir.

Dans le même temps, il s’agit de l’une des premières rencontres post-COVID-19 d’envergure qui va se tenir au Cameroun.  L’idée est aussi de démontrer que nous devons démarrer. L’activité économique doit reprendre. L’activité du Btp, qui est une composante importante de l’économie, doit reprendre. Ça signifie qu’on ne doit plus réfléchir sur comment on prend en charge le COVID-19, mais plutôt ce qu’on va faire après la pandémie. Et c’est sous ce signe que nous voulons placer cette célébration. Elle devait d’abord se tenir en juillet 2020, on l’a repoussée en octobre-novembre pour tenir compte de la situation sanitaire.

Actuellement, on doit finaliser tout ce qui est appel à communication, pour ceux vont intervenir lors du symposium et du séminaire de renforcement des capacités. Nous espérons que la situation sanitaire va permettre que nos panélistes internationaux puissent être physiquement présents. A défaut, ils le seront par visioconférence. Nous finalisons aussi tout ce qui va être distinctions et grades que l’on va attribuer aux ingénieurs à l’occasion de ces manifestations. Les ingénieurs ont jusqu’au 31 août pour envoyer leur dossier.

Les ingénieurs et les équipes intéressés ont également jusqu’au 15 septembre pour envoyer les dossiers dans le cadre du prix de l’Excellence de l’Ordre. Toute cette machine est mise en branle pour que le moment venu, on montre que les ingénieurs de génie civil sont des personnes qui maîtrisent les timings et les process. Le but du jeu c’est d’être prêt le 20 octobre. On est dans un compte à rebours qui a débuté avec la conférence de presse. Il était aussi important que les sponsors puissent se rassurer qu’on va réellement tenir l’évènement. Certains pouvaient avoir quelques doutes au vue de la situation sanitaire actuelle. Là on leur montre qu’on va le faire.

Comment l’Ordre envisage-t-il une reprise optimale dans activités dans le secteur du Btp, durement éprouvé par le coronavirus ?

Nous avons travaillé avec le ministère des Travaux publics sur l’élaboration d’un petit guide qui nous permet de continuer une activité dans nos chantiers, certes réduite, mais en respectant les mesures de distanciation. Il va de soi qu’avec toutes ces mesures, les chantiers ont connu un ralentissement. Un autre travail est en cours actuellement, notamment avec le ministère des Pme. Il vise à étudier les modalités de sauvegarde des Pme.

Pour tout ce qui va être contrats de marchés publics, il va falloir revoir certaines clauses. Les délais vont forcément être revus. Il faut que cela soit fait sans que l’on ne pénalise l’entreprise. Aujourd’hui sur le marché des matériaux, il y a une raréfaction de plusieurs produits qui viennent notamment de Chine, Dubaï, ou de Turquie. Beaucoup de ces approvisionnements ont été stoppés à cause du coronavirus. Tout cela fait l’objet d’une réflexion en ce moment que nous allons adresser aux pouvoirs publics.

Quels rapports entretenez-vous avec l’Ordre des architectes ?

On est obligés de travailler ensemble puisque nous participons ensemble aux projets. Pour la construction d’un immeuble par exemple, l’architecte va d’abord penser le bâtiment et s’occuper de tout ce qui est côté esthétique. Ensuite, l’ingénieur entre en scène pour la phase d’études et de réalisation. Nous avons ainsi une plateforme où nous travaillons. Et donc, très souvent, nous formulons des propositions en commun. Lorsqu’il y avait par exemple le Grand dialogue national, nous avons envoyé ensemble un mémorandum au Premier ministre.

 

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