Mardi, 25 Juin 2019
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Kiro’o Games:Conquérir le monde par le jeu vidéo

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En ouvrant son capital pour essayer de mobiliser environ 585 millions Fcfa, le studio camerounais créé en 2013 donne peu à peu vie à ses rêves de grandeur.

Par Fadel Mohamed (stagiaire)

Ciel calme et souriant le 02 mai au quartier Biyem-Assi, à Yaoundé. C’est ici que Kiro’o Games, le premier studio de créations de jeux vidéo camerounais a pris ses quartiers. Les murs de la grande salle principale sont tapissés d’antisèches qui racontent des stratégies d’élaboration de jeu. Plusieurs ordinateurs desktops se côtoient dans ce même espace. Une vingtaine est consacrée à la production des jeux made by Kiro’o. Véritable laboratoire de mordus de high tech, l’endroit réunit programmeurs et dessinateurs. Tels des sages femmes, ces derniers aident le fondateur de Kiro’o Games, Olivier Madiba, à accoucher de chacun de ses « bébés ». La naissance d’un nouvel enfant est justement en cours de téléchargement. Un accouchement moins laborieux que les précédents, ce qui inquiète tout de même Olivier Madiba. « D’habitude on court après le temps, c’est quoi le piège de cette sérénité ? » s’interroge-t-il. Le projet sur lequel travaille l’équipe est une version androïde de leur jeu vidéo « Aurion l’héritage des Koris-Odan ».

A coups de crayon, Amandine S. Atangana crée des personnages sur sa tablette graphique. Kiro’o Games a offert à cette diplômée en gestion l’occasion de vivre sa passion. « Je dessine depuis que je suis petite. Et quand j’ai vu l’annonce de recrutement de Kiro’o Games, j’ai tenté ma chance. C’était ma chance », dit-elle. Derrière sa paire de lunettes se cache la première femme game designer du Cameroun. Olivier Madiba le rappelle fièrement.

Comme elle, Lawrence n’a fait aucune école de dessin. Venu de Kumba, cela fait un an qu’il dessine les pages de sa vie à Kiro’o Games. Le jeune homme se plait dans l’entreprise où il officie comme graphic designer. « J’ai toujours été fan de jeux vidéo et de dessins animés. Kiro’o m’a donné l’opportunité de vivre mon rêve ». Programmeur à Kiro’o, Tchinda quant à lui ne compte pas le temps qui passe. « Ça fait presque deux ans que je suis à Kiro’o », dit-il avec un brin d’étonnement dans la voix. Pendant que les autres dessinent, il intègre les commandes. « Mon travail c’est de permettre à celui qui joue de commander le personnage du jeu », souligne-t-il ensuite fièrement.

Stratégie

Il est 16h, et le patron vient d’arriver. Tricot afritude et pantalon jeans, l’accoutrement de Olivier Madiba est aussi décontracté que l’ambiance de travail. On ne se vouvoie pas ici. « C’est qui celui-ci ? », s’étonne le fondateur de Kiro’o Games en voyant le reporter. « Un journaliste de Mutations », lui répond un de ses collaborateurs. « Mince ! J’ai failli lâcher un scoop là ! », s’exclame l’entrepreneur. Les lunettes déchaussées, Olivier Madiba entame une discussion avec Dominique, un ami.

Les deux hommes étudient la pertinence de faire un tweet ou pas. Dominique le lui déconseille. Olivier Madiba comprend et partage ce conseil, sauf que le patron voudrait le faire non pour la vantardise, mais pour la postérité. Une initiative que Dominique loue tout en mettant en garde : « Les gens n’apprécient pas toujours les choses de la même façon ».

Germano-camerounais, Dominique a dû revenir au Cameroun après son départ pour l’Europe pour se former en réalisation de jeux vidéo. « Olivier m’a appelé, j’ai répondu à son appel », dit-il pour  justifier sa présence. Une présence dans cette entreprise qui n’est pas uniquement due à sa proximité avec le fondateur, mais aussi grâce à sa formation. « On n’entre pas à Kiro’o par connaissance. C’est le talent qui prime », précise Dominique, lead design à Kiro’o Games. De sa table de travail, il observe et peaufine le travail autour du jeu. « Je prends les décisions sur comment le jeu va se dérouler. Je m’assure aussi que les choses sont faites dans le temps et de la bonne façon », relève-t-il. A un moment, Amandine rejoint Dominique pour lui parler d’un jeu. Ensemble, ils discutent de la façon de le créer, de comment le créer sans pour autant trop s’éloigner de la réalité. Amandine prends des notes dans son carnet, puis retourne à son poste de travail.

Chemise couleur bordeaux, pantalon jeans, coupe afro, Dominique va rejoindre Olivier. Les deux hommes parlent à présent des recrutements lancés il y a peu. Les profils recherchés, ils les connaissent déjà. A présent, il faudra trouver la période d’entretien. « J’étais sûr qu’on était trop serein », lance Madiba, heureux d’avoir trouvé ce qui le gênait. Entre la finition du jeu et les entretiens d’embauche, l’agenda semble serré pour le fondateur.  A la quête de 10 postes, Kiro’o games a grandi et Madiba le fait savoir aux 56 actionnaires de l’entreprise. « Je fais un mail pour qu’ils soient au courant de l’évolution de l’entreprise ».

Vision

Dans cette entreprise où le personnel est majoritairement jeune, le crowdfunding est d’actualité. Kiro’o Games veut non seulement révolutionner le jeu vidéo camerounais, mais aussi l’entreprenariat au Cameroun. L’objectif est de rassembler un million de dollars (environ 585 millions Fcfa). Et selon des informations communiquées par Olivier Madiba le 25 mai dernier sur son compte Twitter, 194 millions Fcfa ont déjà été mobilisés. Dans cette opération, l’on peut acheter « des actions à partir de 275 000 Fcfa ». A cette date, 309 investisseurs avaient déjà souscrit  tandis que 99 avaient déjà effectué leur virement. Le capital reste ouvert jusqu’en juin 2019. L’ambition de Kiro’o est de multiplier la valeur du studio par 3 à 5 d’ici 2025. Actuellement, l’entreprise vaudrait environ 6,6 millions de dollars, soit 3,884 milliards Fcfa.

Une valeur qui a été multipliée par 10 en sept ans, selon une note publiée sur la page Facebook du groupe le 15 mai dernier. Pour que l’entreprise prospère, Olivier Madiba n’ouvre pas ses bras à tout souscripteur. « On veut des gens qui pensent comme nous. Un mauvais actionnaire c’est pire qu’une mauvaise épouse ou un mauvais époux. Il faut un actionnaire compréhensif et même contributeur », dit-il.

En 2013, Kiro’o Games a eu recours au crowdfunding à l’occasion de la sortie de son premier produit, Aurion. A ce jour, l’entreprise a développé d’autres services. Si la bande dessinée inspirée du jeu est déjà disponible, l’on apprend qu’une version sur Android du jeu est en cours de développement. Par ailleurs, Kiro’o projette la création d’un dessin animé inspiré lui aussi du jeu-vidéo. L’entreprise se déploie également dans le mentoring en partageant son expérience, ceci dans l’optique de soutenir les petites et moyennes entreprises africaines. Autant de projets qui ont vu le jour ou qui sont en voie de l’être, et qui placent le Cameroun quelque part sur la carte de l’univers du gaming mondial.

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