Dimanche, 5 Juillet 2020
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Joseph Vincent Ntuda Ebode: « Ce sont des bandes de criminels organisés »

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Géostratège, il analyse la recrudescence des attaques de la secte terroriste Boko Haram autour du Lac Tchad.

Par Paulette Ndong

Au cours du mois de décembre 2019 et de janvier 2020, plusieurs localités de la région de l’Extrême-Nord ont été le théâtre de nombreuses attaques de Boko Haram. Qu’est-ce qui peut justifier cette recrudescence ?

La guerre contre le terrorisme n’est pas une guerre conventionnelle au cours de laquelle on défait un ennemi qui de ce simple fait signe sa capitulation et se rend. Ici par contre, on a affaire à des bandes de criminels organisés qui opèrent comme des groupes de bandits. Ils attaquent et se dissimulent en planifiant d’autres attaques. Ils jouent donc au chat et à la souris avec les forces d’en face et exploitent toutes les opportunités offertes par la conjoncture et l’environnement. Ainsi, leur mobilité ou initiatives peuvent s’expliquer par les saisons ou le temps politique. Et de ce dernier aspect, le retrait des forces tchadiennes du Nigeria a certainement laissé une zone d’incertitude que ces groupes exploitent, tout comme les périodes de baisse d’intensité dans le dispositif des Forces multilatérales pour diverses raisons. En somme, ce qui est certain est que les terroristes exploitent les failles des dispositifs pour agir. Ce qui a pour conséquence, un réajustement des dispositifs, tactiques, opérationnels et stratégiques.

De nombreux villageois ont déserté leurs habitations. Qu’est ce qui doit être fait pour qu’ils reviennent ?

Plusieurs mesures doivent être prises pour le retour des déplacés. Parmi elles, la plus importante c’est de les amener à croire qu’ils seront en sécurité chez-eux une fois rentrés. Néanmoins ces mesures au début sécuritaires doivent être globales pour couvrir l’ensemble des facilités de la vie  quotidienne de la période d’avant-crise. Education, santé, alimentation, sécurité humaine, sécurité environnementale… libre circulation…

On le voit, si les mesures purement sécuritaires sont à prendre par l’Etat, les populations et les Ong peuvent intervenir dans les autres secteurs.

Il est difficile de dire qu’on va mettre fin à ces attaques de manière définitive. Mais en réajustant les dispositifs en place, on peut en atténuer. Les retours de terrain, associés aux technologies du renseignement en profondeur, peuvent être exploités en ce sens.

 

L’on constate que pendant que le calme semble revenir dans certaines  régions en crise dans d’autres la violence s’accentue. Est-ce une coïncidence ?

Les groupes terroristes constituent des sortes de multinationales de la criminalité qui semblent d’ailleurs avoir réussi leur intégration avec les Etats. De ce fait, ce n’est pas un hasard si les attaques se propagent d’une région à l’autre. Ces groupes sont en contact et opèrent de manière planifiée. C’est une lutte entre intelligences stratégiques.

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