Mardi, 26 Mai 2020
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Jean Simon Ongola Omgba: « Je suis d’accord avec Tibor Nagy »

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Le député Rdpc se prononce en faveur de l’accélération, dans un délai très court, du processus de décentralisation, afin que l’Etat regagne la confiance des Anglophones.  

Par Jean De Dieu Bidias

Que pensez-vous de la nouvelle sortie de Tibor Nagy au sujet de la crise multiforme que traverse le Cameroun ?

A l’issue du grand dialogue national, convoqué par le Président Paul Biya, le fait politique majeur qui n’aura échappé à aucun observateur de bonne foi, et je me réjouis que M. Tibor Nagy en fasse partie, c’est la rapidité et la spontanéité avec laquelle le président de la République a apporté une réponse aux attentes formulées par les participants de l’opposition, de la majorité et de la société civile. La loi portant Code général des collectivités territoriales décentralisées, déposée et votée à l’Assemblée nationale suite à une convocation express d’une session extraordinaire par le Président, est un véritable condensé de réponses aux préoccupations légitimes de nos compatriotes anglophones en particulier et à l’ensemble des Camerounais. Je suis parfaitement en accord avec Tibor Nagy, qui souhaite l’accélération du processus de décentralisation et l’opérationnalisation concrète des mesures envisagées dans la loi. L’urgence est encore plus grande si nous voulons regagner la confiance de nos compatriotes  des régions anglophones. En effet, il n’est pas superflu de nous rappeler que le Cameroun profond est dans nos régions, nos villes, nos quartiers et nos villages. Ce Cameroun, plus que jamais, aspire à tenir sa place, à être respecté, à participer au développement du pays, à choisir son destin, face à la condescendance et à l’arrogance d’une élite parfois en total décalage avec la réalité du terrain. Lorsque M. Tibor Nagy parle de l’implémentation de la décentralisation, nous sommes en totale convergence. Cependant, le challenge est de le faire dans un délai très court.

Comment entrevoyez-vous la gestion locale après le double scrutin du 09 février prochain ?

De nombreuses institutions prévues par la loi sont subordonnées à la tenue des élections du 09 février 2020. Une des dispositions les plus innovantes de la loi portant Code Général des collectivités territoriales décentralisées, concerne la participation citoyenne. Il s’agit en réalité de mettre en place des conseils de quartier, de village ou de canton, qui pourront être consultés par les maires et porter des propositions sur les sujets concernant le développement de leur territoire. Cependant, c’est le conseil municipal qui devra fixer sa composition, sa dénomination et son mode de fonctionnement. Pour des  raisons de transparence et de bonne gouvernance, le maire  pourra associer ces conseils à l’élaboration des budgets participatifs.

Comme la plupart des observateurs de la scène politique camerounaise, vous pensez que la pacification du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et la mise en œuvre effective de la décentralisation sont les plus grands défis du septennat en cours…   

Le retour de la paix dans les régions anglophones et la mise  en œuvre des réformes liées à la décentralisation sont la « grande affaire » du restant du septennat des grandes opportunités. Le gouvernement sous l’impulsion du Président de la République, contrairement aux craintes exprimées par le secrétaire d’Etat adjoint américain, vient de prendre une option décisive. Car la réussite du processus de décentralisation obéit à trois principes : une volonté politique sans faille. La spontanéité avec laquelle a été promulgué le Code général des collectivités territoriales décentralisées est un indicateur qui vous rassure ; des options stratégiques judicieuses. Cela implique la prise en compte de la dimension sociopolitique de l’héritage de la colonisation britannique ; Un sens tactique aigu. Cependant, il faudra faire des choix et agir vite et par étape. En effet, nous ne le dirons jamais assez, les lois de 2004 portant orientation de la décentralisation étaient déjà bonnes. La timidité et leur mise en œuvre mitigée nous auront causé un grand tort. Tirons des leçons de nos erreurs du passé et avançons sur la voie de la construction de notre démocratie.

 

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