Mardi, 11 December 2018
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Jean-Emmanuel Pondi:ma passion, l’Afrique

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Le politologue a été installé dans ses fonctions de vice-recteur chargé de la recherche, de la coopération et des relations avec le monde des entreprises de l’Université de Yaoundé I, le 06 juillet dernier.
Par Rosine Ntolo

Pour rencontrer le nouveau Vice-recteur comme on désigne la fonction à l’Université de Yaoundé I, il faut se plier aux exigences protocolaires. «Oui madame, pourquoi voulez-vous rencontrer le recteur ? Avez-vous rendez-vous ?», vous apostrophe l’une des deux assistantes. Une fiche d’audience dûment remplie, quitus est donné pour rencontrer Jean-Emmanuel Pondi. A l’ouverture de la porte, l’air presque glacial que diffuse le split vous tient en respect.

Le décor est simple, à l’image de l’occupant des lieux. Contrairement à l’idée qu’on se fait souvent des personnalités de sa trempe (prétentieuses et hautaines), c’est un homme modeste et sympathique que nous découvrons. Bien installé dans son fauteuil, Jean Emmanuel Pondi a fort à faire. Il assure l’intérim des fonctions de recteur de l’Université de Yaoundé I, Maurice Aurélien Sosso, en mission.

Et les parapheurs de dossiers et d’autres sur lesquels il doit se pencher avant la fin de la journée s’amoncèlent sur la table. L’homme semble bien fatigué. Pourtant, il enchaine depuis le matin (jeudi 13 juillet, ndlr) interviews, visites et réunions avec ses collaborateurs. Vêtu d’un costume gris terne, les yeux encadrés de fines lunettes d’intellectuel, Jean-Emmanuel Pondi affiche sa sérénité.

Celui que ses collaborateurs de l’Université protestante d’Afrique centrale (Upac) ont rebaptisé «kankeletigui», qui signifie «l’homme qui n’a qu’une parole» en lingala (langue bantoue parlée en République démocratique du Congo- fait partie des quatre langues nationales- et en République du Congo), décline ses nouvelles missions en ces termes : « le titre de la fonction porte sa définition.

C’est-à-dire se focalise autour de trois axes principaux : la recherche, la coopération nationale et internationale, de même que les relations avec le monde des entreprises.» Il ne se fait pas du mauvais sang à ce sujet. «Je connais assez bien les rouages du système universitaire camerounais dont j’ai eu la chance d’observer les mutations des années durant», reconnait-il.

Cursus
A 59 ans, le natif du Nyong-et-Kelle, dans le Centre, est connu et reconnu sur les étals du marché mondial de la science. Parler de son cursus, c’est égrainer un chapelet
de diplômes, formations et expériences professionnelles. «Je n’aime pas tellement me focaliser sur moi-même. Je tends à avancer, même si c’est patiemment, mais éticuleu-
sement. Et j’aime bien apprendre et ouvrir mes connaissances à de nouveaux challenges», déclare-t-il. Jean-Emmanuel Pondi a assidûment usé ses fonds de culotte sur les bancs des institutions qui coiffent les sommets de la pyramide académique internationale.

Diplômé tour à tour des universités d’Etat de New York et de Pennsylvanie aux Etats-Unis, de la London School of Economics et de l’Université de Cambridge en Grande Bretagne, il est professeur titulaire de sciences politiques et relations internationales depuis 2005. Il est également professeur visiteur dans 15 universités africaines, européennes, américaines et asiatiques, à l’instar du Centre d’études internationales de l’Université de Cambridge, de la Johns Hopkins School of Advanced International Studies, de l’Académie diplomatique de Vienne et de l’Institut d’études diplomatiques de l’Université de Nairobi. Le «Pr. Pondi» est en outre le doyen du Collège des sciences sociales de l’Académie des sciences du Cameroun depuis 2016.

Ses collaborateurs lui reconnaissent une grande humilité. «Le professeur Jean Emmanuel Pondi est une personne très ouverte, humble et gentille. Il croit en son pays. C’est quelqu’un qui a bénéficié de privilèges du fait du rang social de ses parents, et qui en retour, veut en revaloir à son pays», explique Immanuel Wanah Bumakor, son assistant. Selon Célestin Tagou, «sa disponibilité et son abnégation au travail
n’ont d’égal que l’amour que Pondi porte à sa terre natale.

Homme juste, il aime ceux qui s’adonnent au travail.» Le doyen de l’Université protestante d’Afrique centrale ajoute avec humour : «Pondi est surtout une personne de cœur. Il viendrait en aide même au chien dans la rue. La preuve. Son salaire est reversé dans sa totalité à un prix qui porte son nom à l’Upac, dont il est aussi le directeur de l’Ecole doctorale.» Une générosité qui explique la longue file d’attente
devant son cabinet. «Le professeur reçoit beaucoup de visites. Dès qu’il met le pied hors de son bureau, il est accosté par des tiers à qui il répond gentiment : je suis un peu bousculé, venez me voir plus tard. Mais, cela ne semble pas lui poser de problèmes», déclare l’une de ses collaboratrices.

Secrétaire général
La carrière administrative de Jean-Emmanuel Pondi est tout aussi élogieuse. Avec près de vingt ans en tant qu’enseignant, secrétaire général et directeur de l’Institut des re-
lations internationales du Cameroun (Iric), il a passé un an en tant que secrétaire général à l’Université de Yaoundé II, puis 11 à l’Université de Yaoundé I. Le professeur hors échelle a par ailleurs été secrétaire général de l’Association des Camerounais de l’Organisation de l’Union africaine pendant plus de dix ans.

Auteur, co-auteur ou directeur scientifique de 20 ouvrages, ainsi que de 70 articles scientifiques, il a une seule passion : l’Afrique. Ses trois derniers ouvrages, «Vie et mort de Mouammar Khadafi», «Nelson Mandela : un exemple pour l’humanité» et «Thomas Sankara et l’émergence de l’Afrique au 21ème siècle», parus aux éditions Afric’Eveil, sont à la fois une revendication et une exigence d’authenticité pour le continent.

 

«Tout ce que j’ai fait comme études et recherches, a toujours eu trait à l’Afrique parce que je pense que notre continent qu’on s’évertue à nous présenter, n’est pas la vraie Afrique telle que nous la vivons et nous ne pouvons pas accepter que d’autres nous disent ce que c’est que l’Afrique, alors qu’ils n’y sont pas», s’offusque l’Officier de l’ordre de la Valeur du Cameroun.

«Ma conviction est que, dans la mondialisation, nous devons garder les commandes de notre destinée. Nous devons apporter au reste du monde l’essentiel de qui nous sommes en termes d’enrichissement mutuel et non pas en termes de complexe d’infériorité», ajoute le commandeur des palmes académiques françaises. Le nouveau vice-recteur chargé de la recherche, de la coopération et des relations avec le monde des entreprises de l’Université de Yaoundé I n’a qu’un seul rêve, celui d’une Afrique fière d’elle et digne.

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