Mercredi, 14 Novembre 2018
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Infrastructures et compétitivité

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Banque

La dichotomie observée entre les déclarations de bonnes intentions gouvernementales relatives à la recherche de la compétitivité et les pratiques ayant cours lors du financement et de la définition des projets structurants a quelque chose de paradoxal. A l’observation, le coût des projets structurants est deux fois plus élevé au Cameroun que dans la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne. Prenons l’exemple des barrages, celui de Memve’ele au Cameroun a un coût de 397,5 Milliards de franc CFA pour une Capacité de 200 Mégawatt, dans le même, temps le barrage de Soubré, ville du Sud-Ouest de la côte d’Ivoire dont la mise en eau vient d’être annoncée pour une capacité de 275 mégawatt aura coûté 200 Milliards de nos Francs, presque deux fois moins cher. Ainsi au Cameroun, le coût du Mégawatt est de 4 millions de Dollars, soit quatre fois plus cher que la Guinée et deux fois de plis que la côte d’Ivoire, mieux encore, le lancement du Barrage de Bini-Warak vient d’être lancé pour un coût unitaire du Mégawatt à 5,3 million de Dollars, et un coût total de 400 millions de dollars. Ceci est dû à plusieurs facteurs dont le coût des facteurs de production, le matériel, l’expertise, et d’autres coûts induits tels que le déguerpissement des populations et l’emménagement des sites qui s’avèrent être des postes de surfacturation et d’abus en tout genre. L’exemple même de l’Autoroute Yaoundé-Nsimalen, longue 18 Km, pour 8.5 Milliards par Km est assez préoccupant en la matière, en effet tout se passe comme si la fiabilité d’un projet est strictement proportionnelle à son coût. Quel est l’effet multiplicateur d’un tel investissement ? si nous convenons que la route qui dessert actuellement l’aéroport de Nsimalen n’offre aucune garantie à l’usager quant à sa ponctualité et quant à l’attractivité du pays, en termes d’infrastructure, on est forcé de constater le coût très élevé d’un tel ouvrage sur le contribuable Camerounais, et son incidence négative sur la compétitivité du pays, au regard de la pression fiscale qui en découlera, de plus, nulle part dans ce projet, on ne trouve une articulation industrielle, ce qui est étonnant, si la démarche entreprise actuellement par le gouvernement à des allures Keynésienne et nous la partageons, la hauteur de la variable « coût des facteurs » suscite quelque préoccupation. Il faut le dire, la négociation du coût des facteurs de production est un élément de sécurité économique à la disposition des états. Au départ, en 2004 la Chine à travers EXIMBANK ( EXPORT/IMPORT BANK) avait pour unique ambition d’occuper stratégiquement un continent, réserve de terres rares et de croissance,  dont les promesses d’avenir ne profiteront qu’à ceux-là qui auront su y construire de manière pérenne leurs intérêts, les cadeaux étaient alors nombreux. Aujourd’hui, à travers le partenariat signé avec la France le 2 Juillet 2015 , on découvre une Chine plus offensive et moins « Gracieuse ». Cet état de fait en appelle à la vigilance des pouvoirs publics, quant au coût et à la qualité des projets, pour générer de la compétitivité, cela passe également (et on ne le dira jamais assez) par la promotion et la protection de la micro-industrie locale, mais au-delà de tout, cela passe par « plus de transparence, plus de patriotisme et moins d’Angélisme dans la négociation des contrats avec « nos amis ».

Lucien Ntamag

 

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