Vendredi, 26 Avril 2019
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Indemnité des ministres à l’étranger : la goutte d’eau dans la mer

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L’Etat ne veut plus financer les missions des ministres et Dg à l’étranger

Par Jean De Dieu Bidias

Un mois à peine après sa nomination, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a signé un arrêté augmentant de 10% les indemnités de supervision des membres du gouvernement sur tous les budgets des comités et groupes de travail interministériels. Cette mesure pour le moins paradoxale et qui est immédiatement entrée en vigueur  a suscité un tollé, d’autant qu’elle tombait quelques jours seulement après la publication par la Banque mondiale, d’un nouveau rapport dans lequel elle s’étonnait de ce que l’Etat du Cameroun, outre d’incompréhensibles surfacturations dans la plupart des projets infrastructurels, continuait de faire des dépenses somptuaires qui interrogent dans un contexte de tensions de trésorerie manifeste depuis au moins quatre ans. Par exemple, en 2017, l’administration publique, excepté l’armée et la présidence de la République, a dépensé  35,5 milliards Fcfa pour le carburant et déboursé jusqu’à 42 milliards Fcfa pour les primes et autres gratifications des membres du gouvernement et agents publics.

Le 09 décembre 2014 lors du conseil ministériel qu’il avait présidé ce jour-là au palais de l’Unité, le président de la République tirait pourtant la sonnette d’alarme. « Il m’a été malheureusement donné de constater que la qualité de la dépense publique n’a cessé de se détériorer, avec notamment une accumulation de dépenses dont la nécessité n’est pas évidente. J’en citerai quelques exemples : l’augmentation effrénée des dépenses en biens et en services ; l’accroissement excessif des missions notamment à l’étranger ; la multiplication des comités et des projets inappropriés ; l’accroissement abusif des subventions ». Cette situation, avait poursuivi Paul Biya, « appelle des efforts de modération et de rationalisation.

Je demande au gouvernement de réduire son train de vie en bloquant les dépenses des biens et services, et en réduisant drastiquement les frais de missions, les achats de véhicules et de carburant ». Preuve que ces directives ont très peu été implémentées, en 2017, les subventions de fonctionnement aux entreprises publiques et parapubliques étaient de 130 milliards Fcfa.

A ce niveau, d’ailleurs, les lois de règlement se suivent et se ressemblent au fil des exercices. Le budget 2019 de l’Etat, qui s’équilibre en recettes et en dépenses à 4850.5 milliards Fcfa, consacre 50,8% aux dépenses de fonctionnement, contre à peine 27,4% pour celles d’investissement. Or, depuis 2016, le Fonds monétaire international (Fmi) n’a eu de cesse d’appeler le gouvernement à augmenter l’enveloppe destinée à l’investissement.

Autre poche de dépense qui saigne le trésor public, c’est celle liées aux véhicules des ministres, Dg et autres hauts responsables de l’administration publique. Par ailleurs, il est depuis longtemps attendu la création d’une centrale d’achats, qui permettrait de contourner la fameuse mercuriale qui encourage des pratiques peu orthodoxes. En dépit des multiples rappels à l’ordre du président de la République – qui, lui-même maintient en fonction un gouvernement obèse de 65 ministres et assimilés – et des institutions de Bretton Woods, le train de vie de l’Etat est resté outrancièrement princier. C’est pourquoi la seule décision du Pm de restreindre les voyages des hauts commis à l’étranger, dont l’application effective reste attendue, apparaît comme une goutte d’eau dans la mer des dépenses somptuaires du gouvernement.

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