Samedi, 28 Novembre 2020
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Hôpitaux publics: la vie avec le coronavirus

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Les équipes de soignants restent mobilisées et les soins se poursuivent malgré la pandémie qui a entraîné la baisse de fréquentation dans certaines formations sanitaires. Echos au Cury, à l’Hôpital central de Yaoundé et dans les hôpitaux de district de la Cité verte à Yaoundé et de Soa.
Par Guy Martial Tchinda
Personnel paré à l’entrée du service des urgences du Centre des urgences de Yaoundé (Cury). Équipés de masques, de blouses et de surblouses pour certains, ces hommes et femmes reçoivent des malades dans la matinée du 21 juillet dernier. C’est ici que s’opère le tri pour filtrer tous malades de COVID-19. « Lorsqu’un patient arrive ici alors qu’il présente les symptômes du coronavirus, nous le faisons patienter dans la salle à l’extérieur et nous alertons le Centre des opérations d’urgences de santé publique (Cousp) qui nous envoie une équipe pour le prélèvement », expose un infirmier.
La salle dont il s’agit est en fait un chapiteau érigé dans la cour principale de la formation sanitaire. Seul un test négatif au COVID-19 donnera accès à une prise en charge dans cette formation sanitaire. Dans le cas contraire, le malade est référé dans un centre agréé de traitement du coronavirus.
Une fois à l’intérieur, toutes les équipes sont mobilisées, chaque personnel à son poste. L’atmosphère est quelque peu pesante. Pas de temps pour le bavardage. À l’extérieur et dans un espace bien aménagé, patientent, anxieux, les garde-malades en attente des nouvelles de leurs proches. Le Cury tourne à plein régime malgré le coronavirus qui a entraîné la baisse de fréquentation de certaines formations sanitaires. « Nous sommes un centre des urgences et nous recevons des malades qui viennent de partout », commente un médecin.
A l’Hôpital central de Yaoundé (Hcy) voisin du Cury, l’esplanade est quelque peu déserte. Quelques personnes sont néanmoins visibles de façon éparse. Rien à voir avec la grande affluence qui avait cours ici avant la survenue de la pandémie du coronavirus. Les différents services sont pourtant en marche et n’ont pas connu de trêve. La maternité de cette formation sanitaire qui abrite une unité de prise en charge du COVID-19 est bondée de monde, tout comme les urgences. Aux services de kinésithérapie et d’ophtalmologie, il est un peu plus de 12h, et les premiers patients ont déjà été reçus. Au service d’urologie, aucun médecin en vue. Normal, tous s’occupent des patients au bloc opératoire, renseigne-t-on.
En face, tout près de la direction de l’hôpital, certains bâtiments font leur mue. Le service de neurologie par exemple affiche un nouveau visage. Au pavillon Lagarde qui abrite le service de gastroentérologie, de cardiologie et certaines consultations en neurologie, l’heure est à la pose des carreaux, au revêtement des murs et à l’installation des appareils de climatisation. Ici, l’on procède également à la réfection des canalisations et des ouvertures. Sur la cour de ce pavillon, des équipements désuets sont superposés les uns aux autres, prêts pour la poubelle.
A l’Hôpital de district de la Cité verte à Yaoundé la grande salle d’attente où patientaient les usagers avant la survenue du coronavirus est vide. Seules deux personnes attendent là. Les services de kinésithérapie, de planning familial, de counseling et d’otorhinolaryngologie sont presque déserts. Le personnel est pourtant en poste et prêts à prodiguer les soins. La pédiatrie quant à elle connaît une certaine affluence. Les soins continuent d’être dispensés malgré une ambiance de deuil.
En effet, le personnel pleure toujours le directeur de l’hôpital, Dr Anastasie Akamba, décédée le 10 juillet des suites du coronavirus. Un autel a d’ailleurs été érigé à l’entrée de la formation sanitaire, en la mémoire de la défunte. « Lorsque vous avez un chef qui vous pousse à donner le meilleur de vous-même, s’il arrive que ce chef décède, il sera satisfait de là où il est si jamais vous poursuivez ces efforts. Je vous ai cités en exemple un peu partout et je veux continuer à le faire. Ce n’est pas parce que vous avez perdu l’un des vôtres que vous allez baisser les bras et descendre de votre classement. Il faut demeurer parmi ceux qu’on cite en exemple », compatissait le ministre de la Santé publique, le 21 juillet face au personnel de cet hôpital.
Des mots de réconfort bien reçus par leurs destinataires. « Elle (directeur de l’hôpital, ndlr) était comme une maman pour nous. Nous avons beaucoup pleuré et aujourd’hui, nous comprenons que nous n’étions pas seuls. Nous avons compris le message et promettons de ne pas baisser les bras. Nous allons continuer, chacun dans son service, à donner le meilleur de nous-mêmes en attendant un nouveau directeur », s’est exprimé en retour, au nom du personnel, le Dr Désiré Tchoffo, épidémiologiste de santé publique.
Soa
Direction, Hôpital de district de Soa, à une quinzaine de kilomètres de Yaoundé. La formation sanitaire dispose d’une unité d’isolement et de prise en charge du COVID-19. C’est d’ailleurs ce qui justifie la présence, à l’entrée, d’un soldat anti-coronavirus. Équipé d’un masque, d’une visière et d’une surblouse, il évoque la prise en charge du coronavirus en ces lieux. « Nous faisons des prélèvements ici et si le test est positif, nous prenons en charge le malade pendant 14 jours. Mais à partir du 10e jour, on leur fait un test de contrôle. Sur le plan du suivi, il n’y a pas grande difficulté », déclare-t-il.
Au service de pédiatrie, « nous avons toujours autant de malades que par le passé et nous faisons les soins normalement. Tout malade qui arrive en pédiatrie est pris en charge normalement. Néanmoins, nous souhaitons que les salles soient agrandies et que nous ayons des bureaux », explique Alice Tchuenmegne, major de la pédiatrie.
Sur le sens de la visite qu’il a entreprise dans ces formations sanitaires le 21 juillet dernier, le ministre de la Santé publique déclare que « le 19 mai dernier, le président de la République a adressé des félicitations aux personnels du corps de la santé. Quelques temps après, il a pris un acte important, celui du relèvement de l’âge du départ à la retraite. Il était question pour moi de venir voir quel est l’impact de ces mesures sur le terrain. Je suis heureux de voir que ces actes ont dopé la motivation des concernés ».
Autre chose, « je voulais vérifier la fréquentation de nos formations sanitaires. J’avais quelques préoccupations en matière de continuité des soins et services de santé primaires. Je suis satisfait parce que même si la fréquentation n’a pas repris, elle continue. Nous continuons avec les soins de santé primaires, avec la vaccination de routines et à suivre un certain nombre de pathologies qui étaient déjà suivies avant. La troisième chose était de voir et encourager les personnels en service dans les unités d’isolement, de leur dire toute ma proximité à la suite du président de la République et du chef du gouvernement », a poursuivi Malachie Manaouda.
Le Minsanté a saisi l’occasion pour réitéré la nécessité d’observer les mesures barrières afin de limiter la propagation du coronavirus. « Nous sommes à une phase où nous maîtrisons la pandémie ; il nous faut redoubler d’effort pour infléchir définitivement la courbe. Nous devons tout faire pour limiter la transmission communautaire, tout faire pour minimiser le taux de mortalité et de morbidité dans nos formations sanitaires. Si nous voulons en finir avec la pandémie, nous devons renforcer l’observance des mesures barrières », a-t-il conclu.

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