Jeudi, 17 Octobre 2019
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Grand dialogue national:Brouillard sur la participation des groupes armés

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A quatre jours de l’ouverture des travaux prévus du 30 septembre au 04 octobre, l’absence de communication autour des milices séparatistes engagées dans le dialogue crée la confusion.     

Par Jean De Dieu Bidias

Dans un communiqué conjoint signé au terme d’une rencontre à Montreux (Suisse), lundi dernier, 10 leaders représentant 10 mouvements séparatistes anglophones disent clairement qu’ils ne prendront pas part à ce qu’ils qualifient de « soi-disant dialogue national », qui s’ouvre le 30 septembre prochain à Yaoundé, sous l’égide du Premier ministre, Joseph Dion Ngute. Ils informent par conséquent l’opinion de la constitution, par eux, d’une « plateforme politico-militaire unifiée en vue des négociations de la séparation d’avec la République du Cameroun » et, dans cette stratégie de la surenchère, encouragent les combattants « ambazoniens » sur le terrain « à continuer la lutte contre l’envahisseur de la République ». Parallèlement à ce mot d’ordre incisif, les chefs traditionnels du département du département du Fako, dans le Sud-Ouest, ont annoncé lundi aux autorités avoir pris langue avec des groupes armés sécessionnistes actifs dans la région. Qui auraient promis de participer aux pourparlers en préparation, en contrepartie de garanties pour leur sécurité de la part du pouvoir. « Ils ont convenu que pour un début, et pour montrer leur sincérité envers l’armée et l’administration, ils participeront au dialogue par téléphone ou par tout autre moyen qu’offre la technologie, depuis leur cachette. Après avoir eu toutes les garanties de sécurité, ils pourront alors participer en présentielle », ont rapporté les gardiens de la tradition.

Le rapprochement entre ces milices et les autorités traditionnelles du Fako semble s’inscrire dans le cadre des « négociations formelles » que le Premier ministre dit avoir initié avant l’ouverture proprement dite du dialogue. Cela est d’autant plus vraisemblable que, Dion Ngute avait ouvert les consultations en vue des pourparlers de paix par des entretiens avec des délégations de chefs venues du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Mais, à quatre jours de l’ouverture des travaux prévus du 30 septembre au 04 octobre, l’absence de communication sur les milices séparatistes ayant donné un accord de principe ferme en faveur du dialogue, dans un contexte où le mot d’ordre de guerre a été renouvelé par les leaders anglophone de la diaspora réunis au sein de l’Ambazonia Coalition Team (ACT) – l’aile politique de la sécession -, crée la confusion.

C’est à croire que les groupes armés – sept pour 2000 à 4000 combattants, selon International Crisis Group dans un rapport paru en mai dernier – n’ont pas encore été clairement identifiés, ou plutôt que les tractations avec ceux-ci coincent. Par ailleurs, l’espoir d’un cessez-le-feu pendant le dialogue semble s’envoler à mesure que le 30 septembre approche. Or, estime le géostratège Abel Mback Wara, « l’on ne peut pas, dans le même temps, dialoguer et guerroyer. Pour participer au dialogue, il faut d’abord : pour les uns, déposer les armes et pour les autres,  reconnaitre aux autres le statut d’interlocuteurs valables avec toute la considération que cela comporte ».

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