Vendredi, 20 Juillet 2018
Accueil quotidien mutations politique Gilbert Tsimi Evouna, le délégué du gouvernement de la commune urbaine de Yaoundé: « Que Yoki Onana vienne me demander pardon »

Gilbert Tsimi Evouna, le délégué du gouvernement de la commune urbaine de Yaoundé: « Que Yoki Onana vienne me demander pardon »

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Le chef de la délégation permanente départementale du Mfoundi du Rdpc s’exprime sur la crise électorale à Yaoundé VI.

Par Crtv (Espace politique) et Ludovic Amara

Vous avez infligé une demande d’explication au camarade Yoki au terme des élections du maire et de ses adjoints dans la commune de Yaoundé VI pour quoi une telle démarche ?
Je dois dire que la situation dans la commune d’arrondissement de Yaoundé VI est claire. Yaoundé VI venait il y a quelques mois de perdre son maire qui était du Rdpc. Alors le ministre en charge des collectivités territoriales décentralisées a pris les dispositions pour organiser de nouvelles élections lesquelles devaient avoir lieu. Autrefois, c’était une affaire interne au parti et le Rdpc en tant que parti dis-
cipliné et leader qui contrôle entièrement le conseil municipal ne pouvait pas aller à cette élection en rangs dispersés.

On doit organiser et savoir qui est dedans, ce qui fait que de concert avec le secrétaire général du Comité central, nous avons eu à examiner la situation, nous nous sommes
dit que les élections sont prévues en 2018. On est à moins d’un an de cette échéance. Ce n’est pas le moment de diviser. Cela aura plutôt des conséquences sur la cohésion
dans les rangs du parti. Il valait donc mieux maintenir l’équipe en place c’est-à-dire madame Effa qui était jusque-là 1er adjoint et qui assurait l’intérim du maire décédé, et monsieur Yoki 2ème adjoint devrait passer premier adjoint. J’ai donc invité dans mon bureau monsieur Yoki et madame Effa.

Mme EFFA

YOKI ONANA

A monsieur Yoki, j’ai dit ‘tu es encore très jeune, tu as en face de toi ta maman, tu n’as même pas l’âge de son fils aîné, l’avenir est devant toi, laisse ta mère terminer le man-
dat’. Il m’a dit que ‘papa, quand tu me dis quelque chose, je ne peux pas faire autrement’. Et à madame Effa j’ai dit ‘tu représentes une certaine famille, qui a déjà eu à être maire par deux fois donc tu as juste ce mandat à terminer. Si Dieu le veut ne viens plus ici l’an prochain pour me dire ceci ou cela’. Et je l’ai dit devant un témoin. Ils sont dont partis.

Mais quelle n’a pas été ma surprise quand par la suite on me dit qu’à la sortie du bureau monsieur Yoki a balayé tout cela d’un revers de la main, il s’est présenté. Ce qui n’était pas dans les calculs du Rdpc en termes d’investiture. Donc finalement on a assisté à un cafouillage tel que le ministre Eyebe Ayissi, qui était le mandataire du parti, ne se retrouvait plus. Le président du groupe communal du Rdpc, en
dépit de tout ce qu’il a tenté comme effort pour ramener monsieur Yoki, à la raison n’a rien donné.

C’est ce refus de respecter les consignes du Rdpc en matière d’investiture que vous avez voulu sanctionner par cette demande d’explication …
Une indiscipline caractérisée qui est encore plus grave, c’est quelqu’un qui assure l’intérim du président de section Rdpc.

What next coming ?
C’est la procédure disciplinaire qui est ouverte à son encontre. Il faut commencer par une demande d’explication.

Est-ce qu’il y a répondu aujourd’hui ?
Pour le moment j’attends toujours sa réponse [l’interview a été diffusée le 14 juillet 2017, ndlr]. Mais parallèlement et administrativement, j’ai engagé d’autres démarches. J’ai saisi le ministre de l’Administration territoriale après avoir informé la hiérarchie du parti. C’est une élection à la limite que le Rdpc ignore, parce que ce qu’il a recommandé s’agissant d’un conseil qui est entièrement Rdpciste ne doit
pas avoir de désordre.

Qu’avez-vous demandé au ministre de l’Administration territoriale ?
Je lui ai demandé d’invalider les résultats de ces élections et pour cause, notre code électoral ne reconnaît pas les candidatures indépendantes. C’est un motif juridique. Ce sont les partis politiques qui présentent leurs candidats et monsieur Yoki n’a pas été
présenté par le Rdpc. Il s’est présenté en tant qu’individu donc il tombe sur le
coup de notre code électoral sans préjudice des sanctions qui pourront suivre.

Camarade quel message vouliez-vous faire passer ?
Vous savez, l’an prochain, des élections sont prévues. Si on commence à admet-
tre ce désordre maintenant, mes chers camarades, ce sera la catastrophe. Il fal-
lait donc arrêter ce désordre à la source et surtout quand c’est à Yaoundé,
c’est encore plus grave. Ailleurs les autres vont dire qu’à Yaoundé on avait fait
ci et ça. Je crois que c’est un message fort que j’ai voulu lancer et à cet effet j’ai pris mes responsabilités. Je crois que pour le reste, Monsieur Yoki c’est un fils et j’ai eu à le
recevoir. Malheureusement il n’a pas écouté mes conseils.

Et si monsieur Yoki vous présentait ses excuses, les accepteriez-vous ?
Un père ne rejette jamais son enfant. Mais qu’il sache que s’il excuse, il lui donne quand même une taloche sur la tête pour lui dire ne recommence plus. Mais qu’il comprenne que ce qu’il a voulu faire, à ma connaissance, a peu de chances de prospérer.

Ce que vous avez entrepris comme action jusque-là était dans l’intérêt général du Rdpc …
C’est dans l’intérêt du Rdpc, ce n’est pas une affaire de Tsimi Evouna. Je n’y gagne rien. Je suis responsable du Rdpc, et devant les situations pareilles, je me devais de
prendre mes responsabilités et rendre compte à la hiérarchie qui allait d’ailleurs me demander ce que j’ai fait à mon niveau. Etre responsable c’est aussi être capable d’engager les actions, pourvu que ce soit dans le cadre de l’intérêt général.

Quel message aux militants du Rdpc et des autres partis ?
Aujourd’hui c’est arrivé à Yaoundé VI, il ne faut pas que demain d’autres affichent de tels comportements déviants d’indiscipline. Quand on appartient à un parti donné, on accepte la discipline de ce parti, on s’y soumet. Moi je crois que c’est déjà une fierté que d’appartenir à un parti comme le nôtre. Un parti leader. Quand on affiche de tels comportements, c’est vraiment regrettable. C’est d’autant plus grave que je l’avais invité ici dans mon bureau bien avant l’élection avec madame Effa pour une réconciliation et apparemment tous se sont entendus.

J’ai dit à Yoki que tu es encore très jeune, patiente, laisse madame Effa terminer le reste du mandat qui est moins d’un an et l’an prochain on va voir ton cas. A mon fils Yoki j’ai même donné l’argent du carburant. Je suis donc surpris qu’il affiche ce genre de comportement. En tout cas ce que je vais dire à Yoki c’est qu’il est un enfant, il veut faire la politique et c’est un terrain qui est très glissant parce que s’il se maintient dans ce genre de comportement, je crois qu’il est mal parti. Je suis son père pendant qu’il est temps, qu’il revienne à la raison, qu’il vienne me demander pardon, pas pour être ce qu’il voulait être, mais pour autre chose.

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