Vendredi, 4 December 2020

Enam où Nsam ?

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On a connu « l’éléphant de la piste », ainsi qu’on appelait ces camions grands comme des cachalots, qui traversaient autrefois nos villages, L’on connaît aujourd’hui « l’éléphant du travail ». Il se nomme Joseph Le, le ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative(Minfopra), « Jo » pour les amis. C’est « l’ouvrier du dimanche », l’infatigable Hercule de l’équipe Dion Ngute. Loin des plaisirs de la terre et du ciel, -le fils de l’Est bosse, bosse et bosse encore. Même le jour du Seigneur, figurez-vous !
C’est que l’heure n’est pas aux ronds de jambes. Le sable soulevé par l’ouragan du concours de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (encore !) vole haut dans les airs, obligeant le Minfopra à se fendre d’un communiqué le dimanche 8 septembre 2019, qui continue sa chevauchée fantastique sur les Rs. Attention, teneur salée ! « Des incohérences ont été enregistrées dans certains arrêtés portant publication des résultats d’admission aux concours d’entrée à l’Enam au titre de l’année 2019-2020, faisant appairer sur les listes d’attente, les noms de certains candidats définitivement admis. » Seigneur, prends pitié ! Et Jo conclut : « La présence des mêmes noms sur les listes d’attente ne relève que d’une malencontreuse erreur matérielle. » Et patata patata… Dites, ai-je bien lu « liste…d’entente » ? Vous savez avec mes vieilles binocles, tout est malheureusement possible… En tout cas, ça s’appelle trouver la bonne formule, au bon moment. C’est ça endosser le costume de sauveur de concours foireux. Néanmoins, il faut reconnaître un certain sens de la tournure à Joseph Le. Avec son « communiqué du dimanche », il a marqué les esprits. Il a surtout failli casser internet en déclenchant une citerne de crachats à l’encontre de ce qu’il est désormais convenu d’appeler, « Enamgate ». Question : celui qui fut dans une autre vie journaliste de la Crtv y croit-il vraiment ou se chatouille-t-il juste pour rire, tant s’essayer à expliquer une vieille pratique qui a poussé des racines voire des ailes semble illusoire.
Non, Jo ! Même dans la triche, il faut un minimum de professionnalisme. Ce qui s’est passé cette année comme les années antérieures et qui se passera dans les années à venir à l’Enam, n’est autre chose qu’un boulot d’amateur, d’abatteur d’arbres. Au moment où j’écris cette partie, ma fille me rappelle, index debout, que « ce sont des amateurs qui ont fait l’Arche de Noé et des professionnels, le Titanic ! » Tiens ! Et c’est vrai, le Titanic finit par couler lui aussi comme aujourd’hui la renommée de notre Enam. Ces « malencontreuses erreurs matérielles » sur les listes d’attente sonnent plutôt « listes d’entente » dans le cerveau du bouseux font bayer !
Nous avons chuté de manière abyssale. A l’Enam l’on peut retrouver un candidat dernier de la classe dans une université privée de la place mais qui se retrouve premier ou deuxième sur la liste d’admission définitive. Résultat (celui-là propre !), cette alchimie toujours réussie donne des « énamiens » parfois tout juste mieux que le vide. Et comment ! C’est en lisant la version english du communiqué signé Jo, que je découvre que la déclinaison anglaise de l’Enam est « Nsam ». Ah ! Hasard ? Conception ? En tout cas, certains habitants de Yaoundé reconnaissent là le nom de leur quartier où rien n’est jamais certain. Le bordel, quoi…
*Le *mutant*

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