Dimanche, 27 Septembre 2020
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Freddy Lagme: « Yaoundé est la ville de prise de décisions »

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Géostratège et chercheur à l’Université de Douala, département de science politique, il propose des solutions pour une sortie de crise pacifique.

Par Paulette Ndong

Plusieurs régions sont en crise au Cameroun et on enregistre déjà des explosions dans la ville de Yaoundé. Y a-t-il un message à décoder ?

Le Cameroun souffre depuis une période d’une recrudescence de crise au niveau de ses frontières. De nombreux facteurs contribuent à déstabiliser la situation dans plusieurs parties du Cameroun. La situation est caractéristique de cela. La porosité des frontières est un problème sérieux. Cela invite à renforcer la coopération internationale, au sein de l’Afrique et parmi les pays qui sont concernés par son développement. Le message qu’il faut déceler à cette situation crisistique se situe au niveau de l’interpellation des forces de sécurité, de renseignement et les opérationnels des zones de crise. La méthode employée aujourd’hui par des acteurs et des responsables de ces attaques vise à déstabiliser d’une certaine manière le centre des institutions politiques qui est la ville de Yaoundé.

Quelles sont les raisons de ce choix?

Yaoundé est le cœur du Cameroun en tant que ville des institutions, de prise de décisions ainsi que le socle de la pensée politique. Les visées expansionnistes des mouvements de déstabilisation tendent à créer le désordre au cœur du pays dans la logique d’inquiéter, ou de montrer les failles du système sécuritaire actuel.

La seconde raison serait la stratégie d’encerclement n’ayant pas été pratique dans la logique de déstabilisation totale du pays, ces acteurs pensent qu’il serait mieux de partir attaquer la ville de Yaoundé afin de contenir et paralyser le fonctionnement du pays.

La ville de Yaoundé de par sa position et son rôle politique est stratégique parce que contrôler cette ville revient à maîtriser le cœur du pays. C’est le « Heartland » du Cameroun. À partir de Yaoundé, il est facile d’avoir la main mise sur l’étendue du territoire national. Étant un enjeu dans la logique de la pensée des acteurs des explosifs, c’est pourquoi cette ville devient la cible prioritaire des acteurs.

Des opérations «coup de poing » et des fouilles ont été pourtant lancées pour prévenir cette insécurité à Yaoundé…

Jusqu’ici, il est complexe et précipité de donner une certaine position avec exactitude sur les mesures de sécurité déployées dans le cadre de contrer ces menaces qui constituent une gangrène pour l’Etat. Notons que ces mesures opérations «coup de poing», sont en cours et montrent à l’horizon que très bientôt les forces de sécurité vont dompter ces acteurs asymétriques qui posent ses actes à l’aide d’explosifs. L’action du gouvernement est en cours et nous espérons que ce qui en sortira comme mesure palliative sera une véritable solution pour sortir définitivement de cette ornière.  Déjà il faut noter au préalable que le Cameroun a fait face à des nébuleuses plus dangereuses mais s’en est sorti. C’est dire en réalité que le Cameroun va certainement penser une bonne stratégie pour anéantir cette situation qui, pour l’instant ne vise qu’à semer de la psychose à l’endroit du peuple.

Il est important de noter que le système sécuritaire et les méthodes pensées au préalable pour endiguer une menace restent un secret de professionnalisation sécuritaire. La faible communication de l’Etat n’est pas un défaut ou encore n’est pas une défaillance. Il s’agit de préserver les stratégies réelles et de ne propager que celles qui peuvent servir à recueillir les informations essentielles pour davantage mettre sur pied une technique de contrôle appropriée.

Comment résoudre le problème ?

L’importation des moyens et des stratégies d’une contrée vers une autre ne saurait s’adapter ni coller dans un milieu étranger. Pour le Cameroun, il faudrait penser les stratégies d’éradication de l’extrémisme en mettant en avant les moyens de subsistance ; l’intégration des anciens radicaux dans les services publics de maintien de l’ordre.  Améliorer les conditions de vie dans les villages frontaliers, pour étouffer le processus d’instrumentalisation et d’intégration des groupes radicaux pour des rançons quelconques et parfois insignifiantes.

En l’état actuel des choses, le Cameroun a du mal à relever le défi des menaces asymétriques en général, et de l’insécurité transfrontalière en particulier au centre. Pour sortir de cette ornière, il doit se donner une vision, une stratégie et des moyens opérationnels appropriés pour le traitement desdites menaces, dans une optique de spécialisation, d’opérationnalisation et de mutualisation des forces et des efforts, aux niveaux national, régional et international, conformément à la sécurité collective.

Le chercheur Camerounais Nana Ngassam propose également des solutions de sortie de crise. Pour lui, la concertation et la coopération sont donc indispensables pour la sécurité et le développement de cette sous-région d’Afrique centrale. Dans cette optique, l’intégration régionale, qui est encore un vœu pieux, pourrait contribuer à éradiquer ces menaces transnationales.

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