Samedi, 26 Septembre 2020
Accueil quotidien mutations economie Fmi, Banque mondiale et COVID-19:l’Afrique pour une aide plus accrue

Fmi, Banque mondiale et COVID-19:l’Afrique pour une aide plus accrue

251
- Publicité -

Le 06 août dernier, la réunion 2020 du Caucus africain s’est achevée par l’adoption d’un mémorandum dans lequel le continent formule des propositions pour une meilleure riposte face au Coronavirus.

Par Pascal Dibamou et Lucien Bodo

Autrefois, les échanges se faisaient en présentiel. Des sourires et des rires, des poignées de mains, des discussions de visu, etc. L’arrivée du Coronavirus est venue déconstruire ces habitudes conviviales, imposant le recours à la technologie pour pouvoir se voir et se parler. C’est donc par visioconférence que s’est tenue la réunion 2020 du Caucus africain, le 06 août. Une instance mise sur pieds pour permettre à l’Afrique de parler d’une même voix, face aux institutions de Bretton Woods que sont le Fonds monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale.

Le Cameroun a eu l’honneur de présider les débats cette année. Au terme des travaux, les 54 pays-membres se sont mis d’accord sur la version finale du mémorandum qui sera présenté lors des Assemblées annuelles du Fmi et du Groupe de la Banque mondiale. Un rendez-vous calé pour le mois d’octobre prochain. Le document est structuré en cinq axes, tel que le révèle le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey.

Mémorandum

Le premier aspect est relatif à l’amélioration de l’aide extérieure et de l’efficacité de l’aide pendant la pandémie du COVID-19. En fait, toutes les échéances de remboursement de la dette du 31 mai au 31 décembre sont reportées, ce qui crée un espace budgétaire pour régler certains problèmes. Une avancée considérable certes, mais que l’Afrique juge insuffisante au regard de l’ampleur des effets de la pandémie en cours. Les Etats africains souhaitent plutôt une annulation de la dette. Plaidoyer martelé par le délégué malgache lors des échanges.

« Il a soulevé un certain nombre de problèmes puisque cette dette qui est reportée finira par être remboursée.  Il y a quelques jours, le Fmi, le G20, la Banque de France, le Trésor français, etc. nous ont dit que cette discussion se tient déjà entre eux. A savoir s’ils doivent aller au-delà de ce qu’ils ont fait en matière d’allègement de la dette », révèle le ministre des Finances camerounais, Louis Paul Motaze, au terme des assises.

« Nous espérons qu’ils comprendront qu’il faut alléger davantage la dette ou l’annuler. Nous allons discuter avec nos partenaires en leur faisant comprendre que nous ne demandons pas des choses pour repartir dans l’indiscipline », poursuit-il. Ce dernier insiste sur le fait que certaines solutions proposées sont insuffisantes au regard de la situation. D’où la nécessité d’une prise d’engagements mutuels. 

Le deuxième axe du mémorandum souligne la nécessité d’un renforcement de la prestation de services dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’eau et de la protection sociale. Tous ces secteurs ont été gravement impactés par la pandémie du COVID-19. En insistant sur ce volet, l’Afrique rappelle la place importante du capital humain dans ses politiques de développement.

Dans le même temps, le continent souhaite une consolidation des politiques macro-budgétaires et de la gouvernance. « Nous avons convenu qu’il faille encore bénéficier davantage de l’assistance technique, du soutien et de l’accompagnement de nos partenaires pour garantir une stabilité à l’intérieur et à l’extérieur », expose le Minepat, Alamine Ousmane Mey.

Comme quatrième point, le mémorandum africain plaide pour un renforcement des marchés, du secteur privé et de l’emploi. Du fait du Coronavirus, des millions d’emplois ont été perdus sur le continent. D’autres employés subissent les effets d’un chômage technique dans certains secteurs qui attendent encore la relance. L’appui des partenaires techniques est alors sollicité pour redresser la barre, ceci à travers l’appui direct au secteur privé, ainsi que la mise en place de divers mécanismes d’incitation et de facilitation des affaires.

En dernier point, les gouverneurs du Caucus africain 2020 militent pour l’amélioration de la représentation de la voix et de la diversité de l’Afrique au sein des Institutions de Bretton Woods. Un chantier promoteur si l’on en juge par la nomination d’un vice-président pour l’Afrique centrale et l’Afrique occidentale.

Porte-voix

Dans son discours de clôture de la rencontre virtuelle d’hier, Alamine Ousmane Mey, estime que « ces recommandations cadrent bien avec les problématiques du moment et méritent d’être prises en compte par nos deux institutions (Fmi et Banque mondiale, ndlr) dans le cadre de leurs futures interventions sur le continent ». Pour lui, « l’Afrique doit être fortement soutenue parce que les efforts de ses gouvernants contribuent à éloigner définitivement la crise de COVID-19 tout en renforçant la capacité de résilience des Etats ».

Du reste, en s’adressant à ses partenaires historiques, le continent espère que ces derniers feront entendre sa voix auprès de la communauté des bailleurs de fonds. En ligne de mire, un financement massif à la hauteur des défis que pose cette pandémie au développement durable de l’Afrique. Ceci pourrait alors lui permettre de se relever des projections négatives qui fusent de part et d’autres sur son cas. En 2020, pour la première fois depuis 25 ans, les indicateurs s’accordent à dire que le continent connaîtra une récession.

Newsletter: Restez au courant de l'actualité

Loading

- Publicité -

AGENDA

Festival des musiques et danses patriomoniales

première édition de Business Coffee Break

Tous nos évènements
Mutations SHOP