Lundi, 18 Juin 2018
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Financement des organisations patronales :pourquoi et comment?

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Au Cameroun l’activité des organisations patronales date de la période post-indé-
pendance.

Par Lucien Ntamag: SPÉCIALISTE EN INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE

Période qui a consacré l’hégémonie d’une seule organisation, portée par les
grandes entreprises à capitaux français notamment, or depuis une trentaine d’années, l’esprit d’initiative des Camerounais a généré un tissu non- négligeable de PME locales qui, ne se reconnaissant pas toujours en l’action de la principale organisation, ont suscité la création et l’éclosion d’organisations patronales locales, qu’ils pen-
saient plus représentative des enjeux nationaux.

Ce qui amène certains acteurs a décrier la soi-disant obésité de l’écosystème des organisations patronales qu’on dit trop nombreuses et à tort, car si l’on considère la multiplicité des enjeux socio-économiques et la typologie d’interventions de
ces organisations, on réalise qu’à ce jour, il n’y a même pas assez d’organisations pour adresser toutes ces questions.

Or ces organisations, la première avec, considérées au départ comme des « paria » par les pouvoirs publics sont devenues aujourd’hui les véritables interlocuteurs du dialogue socio-économique, contribuant par leurs idées, leurs actions fédératrices et leur influence auprès des PME locales, créatrices d’emplois et porteuses de
croissance. Ironie du sort, elles sont aujourd’hui le véritable baromètre de l’action gouvernementale vis-à-vis des PME camerounaises, avec pour conséquence, la réalité du débat économique au Cameroun et la stabilité du dialogue sociale, l’illustration est faite avec la tenue annuelle du Cameroon Business Forum, instance multipartite de
dialogue et d’évaluation de la situation socio-économique du pays, en début de chaque exercice.

Cette situation met en lumière une double responsabilité de l’Etat, qui doit garantir l’effectivité du dialogue socio-économique en s’assurant de la pérennité de ces organisations. Dès lors une contribution financière de l’Etat est incontourna-
ble. Il ne s’agirait point d’une remise de récompense au bons élèves mais d’une véritable contribution étatique.

Cette contribution financière, loin d’être un verrou à l’indépendance de ces organisations, constitue une obligation régalienne de l’état démocratique
qui, remplissant ses missions grâces aux contributions des entreprises et des personnes, doit absolument favoriser la protection de ces entités par une contribution tout aussi financière, au bon fonctionnement des organisations, représenta-
tives de celles-ci. Dans les pays ambitieux, ce financement, revêt les caractéristiques d’un droit fondamental, au même titre que le droit à manifester et le droit au financement des partis politiques. Une question se pose dès lors, comment procéder au calcul de cette contribution, et sur quoi se baserait-on ?

Des pistes existent, en France par exemple, les sommes prélevées pour la formation professionnelle, selon un taux forfaitaire, sont réparties entre les organisations syndicales et les organisations patronales, ce montant forfaitaire est prélevé sur chaque bulletin de paie dans la part patronale, et dans la part salariale selon un règle-
ment appelé « PRECIPUT », ce principe peut très bien valoir pour le Cameroun où malgré leur contribution considérable au dialogue socio-économique, aucune organisation syndicale ou patronale n’émarge de manière formelle or, c’est là
une subvention d’état ordinaire et un droit fondamental, adossé à l’impôt.

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