Mercredi, 23 Mai 2018
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Extrême-Nord:quand les idées reçues plombent la vaccination

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Les parents s’opposent à la prise de certains vaccins au motif que ceux-ci les rendraient infertiles.

Par Jean De Dieu Bidias

Depuis septembre 2017, une folle et persistante rumeur au sujet d’un prétendu vaccin administré dans les établissements scolaires et qui rendrait les enfants stériles, se propage dans la région de l’Extrême-Nord. Elle a pris ses racines dans le département du Logone et Chari, avant de se répandre dans plusieurs établissements scolaires
de Maroua, Mokolo, Maga, Moulvoudaye Vélé et dans d’autres districts de santé. Dans ces écoles, à la vue d’un agent vaccinateur du ministère de la Santé publique ou des organismes non-gouvernementaux, les élèves vident automatiquement les salles de classe sur les conseils préalables des parents.

« Des parents viennent même souvent retirer les élèves des salles de classe tout en violentant les enseignants. Dès que les élèves aperçoivent un étranger pénétrer dans la cour, c’est la débandade. Cela a sérieusement perturbé nos cours parce que certains élèves ne revenaient plus », s’indigne Hamadjoda Boubakary, directeur de l’école publique groupe 2 de Kaigama, à Maroua.

« Il y a une rumeur comme quoi, on injecte les enfants au nombril et au sexe pour qu’ils ne procréent plus à l’avenir. Cela s’est amplifié avec la réticence de certains parents qui ne veulent pas du tout que leurs enfants soient vaccinés, quelque soit le motif, notamment dans le Logone et Chari. Les parents ne veulent pas soumettre leurs enfants aux vaccinations en disant que ce n’est pas dans leur culture et que c’est
suspect », explique Blama, un agent de santé communautaire.

C’est ainsi que de nombreuses campagnes de vaccination contre la polio, la rougeole, la méningite et autres vaccinations de routine, de riposte ou de ratissage se sont buttées à cette rumeur. Il aura fallu une campagne inclusive des autorités administratives, traditionnelles et religieuses, des leaders d’opinion et de forces vives pour limiter le phénomène. Pour Dr Fatné Mahamat, délégué régional de la Santé publique de l’Extrême-Nord, « la mauvaise information circule depuis quatre mois.

Nous avons pensé que pour y venir à bout, il fallait une réunion multisectorielle impliquant les secteurs comme la santé, l’éducation de base, la promotion de la femme et de la famille, les leaders traditionnels et religieux, les réseaux des organisations féminines, sous la coordination des autorités administratives afin de trouver la meilleure solution à ce phénomène ». Dans les faits, une communication tous azimuts sera menée dans les médias locaux sur les maladies ciblées et la qualité de la vaccination dans toutes les formations sanitaires et en communauté.

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