Mardi, 4 Août 2020
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Exportation du bois en grumes:60 milliards Fcfa de pertes annuelles pour le Cameroun

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Ce montant pourrait être gagné si l’on procédait au moins à la première transformation telle que préconisée par la loi de 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche.

Par Guy Martial Tchinda

Selon la loi du 20 janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche  en son article 71 (1), « l’exportation des grumes est interdite et la totalité de la production nationale est transformée par l’industrie locale » à partir de 1999. Celle-ci préconisait, en attendant ce délai, que « les grumes soient transformées par essence à hauteur de 70% de leur production nationale pendant une période transitoire de cinq ans à compter de la date de promulgation de la présente loi ». Cette législation a contribué à faire baisser considérablement le niveau d’exportation du bois en grumes, passant de plus de 1,2 millions de m3 à moins de 200 000 m3 en 2004.

Seulement, une étude du Centre pour l’environnement et le développement (Ced) menée par Achille Wankeu sur la production et l’exportation du bois au Cameroun, révèle que 19 ans après le délai fixé pour l’interdiction, le volume des exportations du bois en grumes va plutôt crescendo. Il est passé de 164 124 m3 en 2004 à 828 209 m3 en 2018, pour un volume d’exportation en grumes de 8 045 522 m au cours des 14 dernières années. Ce qui contribue à la perte de la biodiversité, avec une pression accrue sur les essences qui sont surexploitées. Les principales destinations des grumes camerounaises sont la Chine, le Vietnam, l’Italie, la Turquie, la France et l’Inde. Viennent ensuite le Maroc, l’Allemagne, la Belgique, le Portugal, etc.

Ceci au détriment de la première transformation préconisée par la loi. Très peu d’entreprises le font en effet. « Sur les 160 unités de transformation de bois opérationnelles sur l’ensemble du territoire, 124 se limitent à la première transformation, 25 vont jusqu’à la 2e transformation et 11 procèdent à la 3e transformation », révèle l’étude du Ced. Restituée le 15 novembre dernier à Yaoundé, cette dernière indique que le niveau de transformation actuel ne génère que 25 000 emplois.

Pourtant, le secrétaire exécutif du Ced, Samuel Nguiffo, qui dit ignorer les blocages de la première transformation au Cameroun estime que cette dernière pourrait augmenter de 55000 le nombre d’emplois directs. De même que la fiscalité directe forestière qui rapporte environ 50 milliards Fcfa à l’Etat par an pourrait augmenter de 60 milliards Fcfa. Samuel Nguiffo déclare par ailleurs que pour un m3 de grume exporté, 3 m3 restent en forêts, d’où l’importance de la transformation qui permettrait de récupérer ces pertes.

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