Dimanche, 27 Septembre 2020
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Evocation:aux origines de la guerre du Mobile Money

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Le Mobile Money débarque au Cameroun le 29 juillet 2011.

Par lucien bodo

Ce jour-là, MTN et Orange reçoivent de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) une autorisation d’émission de monnaie électronique. Les deux opérateurs de téléphonie mobile peuvent ainsi effectuer toutes sortes de transactions financières à la manière d’une banque. MTN a comme partenaire Afriland First Bank et Orange, la Bicec. Le service Mobile Money connait une rapide adhésion du public à cause des facilités qu’elle apporte. Moins de déplacement, des prix abordables, l’instantanéité, etc.

D’après l’Agence de régulation des télécommunications, orange a enregistré jusqu’en 2014, des transactions de 72 milliards de Fcfa. En décembre 2016, Orange annonçait que 12 milliards de Fcfa ont déjà transité dans ses 2,8 millions de comptes Orange Money depuis son lancement. L’opérateur de téléphonie mobile compte par ailleurs plus de 3600 points de vente sur le territoire camerounais. Associés à cela, les services offerts dans les stations-services et les calls-box qui écument les grandes métropoles. MTN quant à lui dispose à ce jour de plus de 2,6 millions de clients pour son service Mobile Money. L’enquête n’a pas permis d’identifier la participation de ce service au chiffre d’affaires global de l’entreprise. Toutefois, la direction de l’opérateur des télécoms sud-africain a indiqué à plusieurs reprises que ce service est en expansion.

En Janvier 2012, Express Union, une micro-finance spécialisée dans le transfert d’argent se lance à son tour sur le territoire du Mobile Money. Le succès ne suit malheureusement pas. Pire, l’établissement perd une grande partie de sa clientèle au profit d’Orange et MTN. Pour essayer de suivre le rythme, et passer la barre des 600 000 utilisateurs, l’entreprise a fait installer plus de 6000 kiosques pour le retrait d’argent dans les grandes métropoles. Mais au moment de l’envol, il reçoit du plomb dans l’aile lorsque Orange et MTN suspendent l’accès des clients Express Union Mobile Money au code « USSD *150#».

C’est ce code qui leur permet d’effectuer leurs opérations de transfert. Plusieurs plaintes ont été déposées  et en justice par la direction d’Express Union. Celle-ci a obtenu gain de cause à chaque fois. Orange Cameroun est notamment accusée d’avoir augmenté de plus de 600% l’accès au code querellé, passant de 20 Fcfa à 153 Fcfa. Le 11 juillet dernier, Minette Libom Li Likeng le Minpostel a invité le régulateur à prendre des mesures pour que les opérateurs de téléphonie mobile intègrent dans leur catalogue d’interconnexion les codes d’accès USSD.

Le Mobile Money débarque au Cameroun le 29 juillet 2011. Ce jour-là, MTN et Orange reçoivent de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) une autorisation d’émission de monnaie électronique. Les deux opérateurs de téléphonie mobile peuvent ainsi effectuer toutes sortes de transactions financières à la manière d’une banque. MTN a comme partenaire Afriland First Bank et Orange, la Bicec. Le service Mobile Money connait une rapide adhésion du public à cause des facilités qu’elle apporte. Moins de déplacement, des prix abordables, l’instantanéité, etc.

Depuis son lancement en 2011, ce secteur d’après l’Agence de régulation des télécommunications, a enregistré jusqu’en 2014, des transactions de 72 milliards de Fcfa. En décembre 2016, Orange annonçait que 12 milliards de Fcfa ont déjà transité dans ses 2,8 millions de comptes Orange Money depuis son lancement.

L’opérateur de téléphonie mobile compte par ailleurs plus de 3600 points de vente sur le territoire camerounais. Associés à cela, les services offerts dans les stations-services et les calls-box qui écument les grandes métropoles. MTN quant à lui dispose à ce jour de plus de 2,6 millions de clients pour son service Mobile Money. L’enquête n’a pas permis d’identifier la participation de ce service au chiffre d’affaires global de l’entreprise. Toutefois, la direction de l’opérateur des télécoms sud-africain a indiqué à plusieurs reprises que ce service est expansion.

En Janvier 2012, Express Union, une micro-finance spécialisée dans le transfert d’argent se lance à son tour sur le territoire du Mobile Money. Le succès ne suit malheureusement pas. Pire, l’établissement perd une grande partie de sa clientèle au profit d’Orange et MTN. Pour essayer de suivre le rythme, et passer la barre des 600 000 utilisateurs, l’entreprise a fait installer plus de 6000 kiosques pour le retrait d’argent dans les grandes métropoles.

Mais au moment de l’envol, il reçoit du plomb dans l’aile lorsque Orange et MTN suspendent l’accès des clients Express Union Mobile Money au code « USSD *150#». C’est ce code qui leur permet d’effectuer leurs opérations de transfert. Plusieurs plaintes ont été déposées à la fois à l’Art, au ministère des Postes et télécommunications (Minpostel) et en justice par la direction d’Express Union. Celle-ci a obtenu gain de cause à chaque fois. Orange Cameroun est notamment accusée d’avoir augmenté de plus de 600% l’accès au code querellé, passant de 20 Fcfa à 153 Fcfa.

Le 11 juillet dernier, Minette Libom Li Likeng le Minpostel a invité le régulateur à prendre des mesures pour que les opérateurs de téléphonie mobile intègrent dans leur catalogue d’interconnexion les codes d’accès USSD.

WeCashUp

L’autre solution de paiement mobile

Un service primé à plusieurs reprises. La dernière distinction en date est celle obtenue à Marseille en France en début d’année 2017 comme prix de la meilleure innovation. Bien avant, il y a eu le prix la startup la plus innovante au monde en 2014 au Google I/O Pitch Night à la Silicon Valley (USA), ainsi que celui de la jeune entreprise africaine 2015 à New York. Avant même son lancement officiel en novembre 2016, WeCashUp, l’application créée par Cédric Atangana avait déjà connu une ascension fulgurante.

Il s’agit d’une interface de programmation logiciel (Api) de Mobile Money qui permet aux personnes non bancarisées en Afrique de payer en ligne avec leurs comptes Mobile Money détenus auprès de banques ou d’opérateurs télécoms. Destinée aux e-marchands, aux opérateurs de Mobile Money et aux institutions financières, elle entend proposer « une interface unique » qui leur permette d’intégrer toutes les solutions de Mobile Money.

Au plan des chiffres, « actuellement nous traitons environ 1,5 million de transactions par semaine, ce qui représente un volume de 15 millions de d’euros (9,75 milliards de Fcfa) par semaine », selon Cédric Atangana. Et si la fintech Infinity Space, entreprise éditrice de WeCashUp, a son siège à Marseille, elle détient également des bureaux au Kenya et au Cameroun. Déjà lancé en Afrique de l’Ouest et du Centre, les pays les plus actifs pour l’instant sont le Cameroun, le Congo-Brazzaville et la Centrafrique.

Opérant sur un marché à forte croissance de plus 800 millions de consommateurs, WeCashUp s’attend à 6,4 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2017. Son business model est simple. Les e-marchands lui versent des mensualités, déclinées en quatre offres selon leur chiffre d’affaires. Ces frais peuvent aller de 0 euros (pour le premier mois) à 150 euros. A leur tour, les marchant paient par transaction 1% du montant d’achat du client final aux institutions financières et opérateurs. A la clé, WeCashUp perçoit des institutions financières et plateforme de Mobile Money des frais par transaction représentant « un faible pourcentage des frais récoltés chez le marchand ». Dans ses projections, Infinity Space envisage une expansion dans plus de 30 pays de cette application, notamment dans les pays anglo-saxons d’Afrique.

 

Consommateur en détresse

Peu d’utilisateurs ont connaissance de son existence. Il existe pourtant un contrat qui lie un abonné Orange au service Orange Money. L’article 12 est clair : « Orange se réserve le droit de modifier à tour moment les conditions Orange Money ou la tarification. En cas de modification, l’utilisateur en sera informé au moins trente jours calendaires avant l’entrée en vigueur ». 30 jours. L’incompréhension c’est donc cette nouvelle tarification qui est passée comme une lettre à la poste, sans aucune réaction des autorités. Le message annonçant une « évolution » des prix est arrivé le 31 août dans la matinée et hier mardi, la nouvelle tarification prenait effet. Une loi simple et claire a ainsi été bafouée au grand désarroi des utilisateurs qui ont été mis devant les faits accomplis.

Les voix qui se réclament avocates des consommateurs n’ont pas été entendues. La ligue des droits des consommateurs a dénoncé un « abus ». Mais rien de plus. Pour le reste, ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui ont exprimé leur mécontentement à travers plusieurs publications dans les réseaux sociaux.

Mais le lendemain, hier, rien n’a changé dans les points de vente. Les menaces d’aller voir ailleurs n’ont pas été suivies d’actes, du moins pas encore. La raison est simple. Les prix pratiqués dans le cadre d’Orange Money ne sont pas pires que ceux que propose la concurrence. Cette enquête nous l’a démontré. Il y a donc un problème global qui mérite mure réflexion.

En effet, d’autres zones d’Afrique qui usent du Mobile Money bénéficient de tarifs relativement bas. La Côte-d’Ivoire, le Sénégal, le Nigeria ou encore le Kenya sont des exemples parmi tant d’autres qui devraient inspirés le Cameroun. Les chiffres ont démontré que le Mobile Money gagne du terrain et qu’il devient de plus en plus incontournable. Ne pas protéger le consommateur, c’est laisser libre champ à la surenchère.

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