Lundi, 14 Octobre 2019
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Eseka: L’autre drame des proches de victimes

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Certains réclament des réponses sur la catastrophe ferroviaire qui a fait une centaine de morts le 21 octobre 2016.

C’est dans une gargote d’un quartier populaire de la ville de Yaoundé que Serges Makong nous donne rendez-vous. La trentaine entamée, le jeune homme ne se montre particulièrement disposé à parler : « j’évite les médias. Nous ne voulons pas être sous le feu des projecteurs », explique-t-il. Visiblement embarrassé, il retrouve de la voix lorsque le reporter aborde la question relative au rapport de la Commission d’enquête sur l’accident ferroviaire d’Eséka : « On ne sait pas ce qui se passe ! Je n’ai jamais rien entendu de cette commission à part ce que la Crtv (Cameroon Radio Television, ndlr) a dit après le message à la nation du président de la République en décembre ! ». Et de poursuivre : « Le monde a vu ce que s’est passé et attend d’avoir des réponses ».

Serges Makong a perdu son frère cadet lors de cette tragédie et estime que les évènements sont encore trop frais dans les esprits pour faire le deuil. Ce d’autant plus qu’ « il [son frère cadet, ndlr] est parti à la fleur de l’âge. Il n’est pas facile d’oublier sa disparition ».

Une douleur toujours aussi vive chez Baba Apollinaire, agent de l’Etat. Après une quarantaine de minutes d’échange, ce dernier, plutôt disert,  remercie pratiquement le reporter : « Ça fait du mal d’y penser, mais ça fait du bien d’en parler. C’est thérapeutique », avoue-t-il. Lui aussi attend les résultats de l’enquête prescrite par le chef de l’Etat : « j’ai besoin de savoir ce qui s’est passé. J’ai besoin de savoir pourquoi mon épouse est partie, et n’est pas revenue. J’ai besoin de savoir pourquoi mes enfants n’ont pas revu leur maman depuis ce jour-là ». Il évoque les difficultés économiques et psychologiques qu’a entrainées cet accident dans sa famille. Lui aussi veut des réponses : « nous, plus que quiconque, avons besoin de savoir. Le gouvernement est en charge de la sécurité et des transports. Les responsabilités doivent être établies. Est-ce le gouvernement ou Camrail ? Nous devons savoir ».

Au lendemain du déraillement du train 152 de Camrail (le concessionnaire du réseau ferroviaire), le chef de l’Etat a mis sur pied une commission d’enquête présidée par le Premier ministre, Philemon Yang. La commission avait 30 jours pour remettre sa copie. Dans son discours de fin d’année à la nation, le 31 décembre 2016, Paul Biya évoquait le sujet en ces termes : « l’enquête approfondie que j’ai prescrite dira la vérité. J’en tirerais toutes les conséquences, je m’y suis engagé ». Le chef de l’Etat se prononçait ainsi plus de deux mois après le délai accordé à la commission Yang.

Ludovic Amara

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