Dimanche, 8 December 2019
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Eric Mansuy:Défi électrique

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A l’issue d’un conseil d’administration tenu le 28 novembre à Yaoundé, le Français remplace à la tête de l’électricien Eneo le Camerounais Joël Nana Kontchou, démissionnaire.

Par Lucien Bodo

Après 63 mois de bail, l’épisode Eneo est désormais derrière Joël Nana Kontchou. Arrivé à la tête de l’opérateur du service public de l’électricité en 2014, il a choisi de déposer sa démission avant d’être aussitôt remplacé par Eric Mansuy en tant que directeur général. Ceci à l’issue d’un conseil d’administration tenu à Yaoundé le 28 novembre. Peu d’informations filtrent concernant ce départ, même si des rumeurs persistantes l’annonçaient. Néanmoins, le désormais ex-Dg n’a pas manqué d’adresser une lettre au personnel pour se féliciter de la qualité de la collaboration, et surtout, vanter les réalisations enregistrées.

Il évoque, entre autres, le transfert de 5% d’actions de l’entreprise aux employés, l’obtention d’une extension de la concession pour dix années supplémentaires et la connexion de plus de 450 000 nouveaux clients, portant le taux d’accès à l’électricité à environ 65%, contre 56% en 2014. « Aujourd’hui, les fondations d’Eneo sont un peu plus solides. Afin de pouvoir satisfaire les attentes sans cesse croissantes de nos clients et de nos partenaires, je vous exhorte à poursuivre les efforts, pas à pas, pour continuer à améliorer le service électrique au Cameroun », conclut-il.

Défis

Cela dit, dans les faits, il reste tant à accomplir pour assurer un meilleur accès à l’électricité aux Camerounais. Le chantier est donc vaste pour Eric Mansuy. Notamment en ce qui concerne le segment distribution. Au cours des derniers mois, le réseau électrique national s’est montré très instable. Celui-ci est caractérisé par des baisses de tension, des pannes régulières et des explosions de transformateurs. La conséquence directe étant la récurrence des délestages.

Il faudra également améliorer la collaboration avec la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel). Jusqu’ici, la cohabitation entre les deux entités s’avèrent timides, surtout dans les situations d’intervention d’urgence, lorsqu’une panne survient.

L’autre défi porte sur une mise à jour des équipements de l’entreprise, dont certains sont victimes des affres du temps et montrent des signes d’essoufflement. Aussi bien au niveau de la distribution que de la production, Eneo – dont le capital est détenu à 56% par le groupe d’investissement britannique Actis et à 44% par l’Etat du Cameroun – a engagé des travaux pour donner une nouvelle vie à certaines infrastructures. C’est le cas du barrage de Songloulou, dont la première phase des travaux de réfection devrait être bouclée d’ici 2020.

En même temps qu’il lui faudra travailler sur l’amélioration du taux d’accès à l’électricité, Eric Mansuy devra aussi poursuivre la lutte contre les fraudes. Selon le rapport annuel d’Eneo pour l’année 2018, la fraude électrique coûte au moins 20% de l’énergie, soit autour de 200 mégawatts. Un effort devra également être fourni pour ce qui est du recouvrement auprès des clients – l’Etat en tête de liste -, dont les impayés s’élèvent à environ 100 milliards Fcfa. Chose qui lui permettrait aussi de s’acquitter de ses créances et de donner un souffle nouveau à la situation financière jugée « critique » par l’entreprise elle-même.

Du reste, Eneo s’est dotée d’un ambitieux plan d’investissement qui s’étend de 2019 à 2031. Estimé à près de 500 milliards Fcfa, il devrait permettre à l’entreprise d’améliorer son rendement (accès à l’électricité, entretien et réhabilitation des infrastructures, extension des réseaux, équilibre offre/demande/qualité de service, etc.). Mais pour ce faire, il faudra trouver le moyen de mobiliser suffisamment de financements externes.

Autant de défis et bien d’autres qui attendent Eric Mansuy. Jusqu’ici, et ce depuis janvier 2019, le français était directeur général adjoint en charge de la distribution et du commerce à Eneo depuis janvier 2019. Il prend donc les rênes d’une entreprise qu’il connaît plus ou moins. Agé d’environ 55 ans, celui qui a occupé des postes de direction dans des services publics d’électricité en Europe de l’Est (président et directeur général) bénéficie aussi d’une riche expérience professionnelle en Afrique. Il apportera sans doute au Cameroun une expertise de trente ans dans le transport et la distribution de l’électricité.

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