Lundi, 20 Mai 2019
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Entreprises privées : de père en fils

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Dans de nombreuses sociétés il est banal de retrouver à la tête des entreprises privées, qu’il s’agisse de simples unités de production artisanales ou des fleurons de l’industrie, des familles entières occupant de pères en fils, de mères en filles, des postes clés de leurs direction et la coordination de leurs départements les plus stratégiques.

Par Richard Makon*

Dans de nombreux pays effectivement, l’histoire de l’entreprise privée, de l’essor technique, de l’innovation technologique, de l’évolution des pratiques et de la révolution de la connaissance scientifique, dans des domaines aussi divers que variés, est rythmée par des générations et des générations d’hommes et de femmes arborant le même patronyme, accrochés aux arbres du même arbre généalogique, tirant la sève de vie et de la connaissance des mêmes racines.

On voit alors très souvent naître, croître et s’épanouir une culture entrepreneuriale remarquable et une tradition de l’excellence qui assure la perpétuation de ces entreprises et la pérennisation de leur contrôle sur des pans entiers du commerce ou de l’industrie, de leur magistrature d’influence dans des secteurs entiers de l’économie.

Qui ne se souvient pas de la dynastie des Nobel, scientifiques exceptionnels, Immanuel le Père, Alfred le plus célèbre à qui le monde doit la distinction, et Ludwig le frère tout aussi brillant ; les Graham Bell père et fille, moulés dans une tradition féconde d’innovation et d’invention ; les Cohen père, fils et petit-fils, des philosophes érudits explorateurs inventifs de la quasi-totalité des territoires de la connaissance ; les Rothschild père, fils, filles, petit-fils et arrières petit-fils, économistes réputés et banquiers ayant révolutionné les pratiques et usages de leur métier ; les Dassault père et fils, créateurs de génie qui ont fait de leur nom un label d’excellence dans l’aviation militaire, pour ne citer que ceux-là.

Cette culture de l’excellence de père en fils, cette tradition de la transmission intergénérationnelle de l’ambition et du leadership ne se limite pas seulement au monde de l’entreprise, de la science et de la connaissance, mais touche également ceux de la culture, du sport et de la politique. La dynastie des Kennedy, des Bush, de Clinton aux Etats-Unis fait écho à celles des Gandhi en Inde ou des Bhutto au Pakistan, et la dynastie des Jackson nous rappelle celle des Kuti (Fela et Femi), des Schumacher ou des Noah qui s’écrivent en lettres d’or depuis quelques temps déjà.

En Afrique justement et au Cameroun en particulier, à l’exception de quelques rares familles qui ont réussi l’exploit, de père en fils, de cultiver une tradition de réussite et de leadership dans un domaine donné, le plus souvent malheureusement ce sont des transmissions dictatoriales du pouvoir en politique, des successions népotiques dans la haute administration de l’Etat, des héritages sulfureux dans la gestion des entreprises criminelles apparentées économiques, sociales, culturelles ou politiques qui rendent célèbres certains patronymes.

La nouvelle nouveauté aujourd’hui, comme dans certaines sinistres familles de la mafia Corse, Calabraise ou Sicilienne, c’est le grand banditisme d’Etat qui se pratique de plus en plus en famille, de père en fils ; c’est la corruption, la prévarication et les détournements de deniers publics qui sont devenus des sports de famille. Et comme souvent en matière de mode le Cameroun est toujours premier, always in fashion ! Que dire, sinon salut les Artistes !
*Docteur en Droit Public,
Spécialiste du Droit des Investissements

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