Mercredi, 12 December 2018
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Enseignements secondaires : les pages 59 et 60 du livre de sciences de la classe de 5ème font polémiques

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Inscrit au programme de la classe de 5e, ce manuel choque certains par son contenu présentant des pratiques sexuelles perverses.
Par Rosine Ntolo

A propos de la présence du livre « L’excellence en sciences » au programme des classes de 5è de l’enseignement secondaire général de l’année scolaire 2018-2019, parents, enseignants et syndicats du livre crient au scandale. Sur les réseaux sociaux depuis le 06 septembre dernier, les messages des internautes sont virulents. « Pendant qu’on crie sur la France, le Cameroun avait déjà son livre porno gardé en douce. Ouvrez-le et découvrez ce qui s’y trouve », s’étrangle un internaute sur sa page Facebook. « Il est préférable que mon enfant ait zéro en science. Fellation, excitation, masturbation, sodomie. Le diable s’est installé au Cameroun», décrie un autre. « C’est quand même aberrant. Je vais scruter minutieusement les livres de mon fils. Ça c’est sérieux », prévient un parent.

Selon ces internautes, le livre édité par la maison bilingue «Nmi éducation » avec pour auteurs : Charles Ebang Ehole, Joseph Hessel, Patrick Yves Ango et Martin Ndzana Bella, contiendrait des enseignements « trop poussés en sexualité » et trop « crus pour les enfants de la classe de cinquième ». Il serait pour certains, « un complot immoral pour la culture africaine et une main des sectes pernicieuses occidentales pour dévier nos enfants », peut-on lire sur le mur d’un internaute. Certains exercices du livre également, ont des déclinaisons pouvant inciter les jeunes apprenants à la perversion sexuelle.

Sur WhatsApp, Facebook et Twitter, principaux médias sovieux utilisés au Cameroun, les appels à la grève du personnel enseignant et des associations des parents d’élèves se multiplient. « Je propose que tous les parents d’élèves s’entendent pour manifester devant les ministères et délégations afin de montrer notre mécontentement. A la limite, déchirons cela », conseille un parent. « Les syndicats d’enseignants doivent s’insurger contre ce livre en 5e et refuser de l’enseigner. Les parents doivent refuser d’acheter ce livre pornographique. Il faut lancer un mot d’ordre de grève pour la sortie d’un tel torchon du programme », déclare pour sa part Jean Takougang, enseignant.

Une source interne au ministère des Enseignements secondaires soutient que le manuel scolaire est la déclinaison des concepts contenus dans un programme scolaire. Pour le cas d’espèce (classe de 5e), il s’agit du module 04 qui concerne la santé de la reproduction. « Nous sommes dans l’approche par les compétences qui veut que l’élève soit en situation. Il est normal qu’avant de parler de comportements émergents néfastes à la santé de la reproduction, de bien identifier ces comportements et les définir », explique-t-elle.

La maison bilingue d’édition « Nmi Education » dénonce, quant à elle, un sabotage. « Si les Camerounais estiment que ce livre est un cheveu dans la soupe, il faut davantage questionner le programme. Parce que ce livre est une déclinaison du programme de cette classe », affirme Roger Nforgwei, président directeur général de « Nmi Education/Cambridge ». Il poursuit : « Nous ne pouvons en aucun cas faire l’apologie de telles pratiques dans notre livre. Il s’agit de dénoncer les comportements néfastes émergents à la reproduction et les gens comprennent cela à l’envers. Beaucoup de jeunes garçons sont victimes de pratiques mystiques homosexuelles juste parce qu’ils ne connaissent pas les conséquences lointaines. On veut sensibiliser et non encourager », conclut un cadre à « Nmi Education ».

Un doigt accusateur est aussi pointé sur le Conseil national d’agrément des manuels scolaires et des matériels didac- tiques. Pour certains observateurs, il s’agit plutôt d’une nouvelle « mafia » installée dans le secteur du livre, qui suscite de gros appétits. « Les livres n’ont pas été évalués dans le fond. Plusieurs manuels ont été écartés bien avant le début des assises [sur le choix des manuels scolaires] », confie une source sous anonymat. Le marché ayant été donné à ceux qui auraient « contribué financièrement une semaine avant le début des assisses », s’emporte ce connaisseur des arcanes du livre scolaire.

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