Samedi, 11 Juillet 2020
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Enseignement privé:la remise des bulletins conditionnée

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Alors que les chefs d’établissements exigent le paiement complet de la pension par les élèves jusqu’ici insolvables, certains parents refusent de s’exécuter arguant que l’année scolaire ne s’est pas achevée comme les années antérieures.
Par Lorine Claudia Agnang
L’année scolaire 2019/2020 est achevée pour les élèves des classes intermédiaires. Conformément aux instructions données par les ministères en charge de l’éducation, les conseils de classe ont été déjà été tenus dans certains établissements scolaires et en cours dans d’autres. D’aucuns envisagent par contre, les tenir dans les jours à venir. Mais, les fondateurs et les principaux desdits établissements sont fermes lorsqu’ils font savoir que seuls les élèves qui se sont acquittés de la totalité de la pension ont droit aux bulletins de note annuels. Ils invitent par ailleurs les parents des élèves insolvables à régulariser la situation de leurs enfants. Et ils en sont informés, vu que ce carnet est indispensable pour leur inscription l’année prochaine.
Alors qu’une poignée de parents adhère favorablement à cette interpellation, d’autres estiment que l’année s’étant achevée précocement à cause du COVID-19, il n’est pas question de compléter la pension de leurs enfants. A cause de pandémie qui dicte sa loi depuis décembre 2019 dans le monde et ayant grippé tous les secteurs, y compris l’économie, une catégorie de parents appelle à l’indulgence des fondateurs et des principaux, tout en promettant d’éponger leur dette le plus tôt possible. C’est un phénomène récurrent au sein des établissements scolaires publics tout comme ceux du privé, celui des élèves qui sont insolvables jusqu’en fin d’année scolaire. Le prétexte du coronavirus est venu juste augmenter les cas. Pourtant, les dernières tranches de pensions sont payées au plus tard au mois de janvier. « Il y a des parents qui viennent nous voir pour nous demander des moratoires. Jusqu’au mois de mars lorsqu’on fermait les écoles, je recevais des parents qui venaient demander ces moratoires », explique l’Abbé Clément Nkodo Manga, principal du Collège de La Retraite.
En décidant de retenir les bulletins de ces insolvables, les responsables d’établissements sont conscients de ce les faux bulletins existent. Et que certainement, des parents auront recours à eux à la prochaine rentrée scolaire pour inscrire leurs progénitures, surtout pour les classes intermédiaires. Plus difficile encore, c’est le sort des insolvables en classes d’examen. « Il est interdit de retenir ni le récépissé ni sa la carte scolaire d’un candidat », souligne Gaëtan Yangben, responsable administration et ressources humaines du Collège Vogt.
Pertes
Une situation qui met à mal le secteur éducatif privé qui doit pourtant continuer de fonctionner. Les pertes pour cette année sont évaluées, d’après certains responsables d’établissements, à des millions pour le Collège Vogt ; le Complexe bilingue scolaire Amasia, le groupe Frantz Fanon, le Collège privé laïc international Pythagore, etc. pourtant, ces fonds sont la principale ressource qui fait fonctionner l’école: paiement des factures (eau, électricité, etc.), salaire du personnel, etc. L’argent n’étant plus suffisant pour payer l’ensemble du personnel, plusieurs fondateurs se sont vus obligés d’envoyer une partie en congés technique. « J’ai convoqué une réunion de crise, j’ai été franc envers les collaborateurs. Je leur ai payé le salaire du mois de mars. Et je leur ai fait savoir que je leur donnerais la moitié du mois de mois d’avril. Certains ont compris, d’autres, non. Puisque la situation du coronavirus a été opportuniste. Personne n’a été préparé. Vous imaginez bien qu’ils sont des pères de famille et ils doivent bien s’en occuper. Je ne sais même pas si tous reviendront l’année prochaine », explique le gestionnaire du Complexe bilingue scolaire Amasia.
Des mois de classe se sont ajoutés, les classes ont été éclatées. Ceci a aussi un coût pour ces établissements. Et dans le but de trouver une solution générale, ces établissements privés se tournent vers leurs secrétariats à l’éducation respectifs. En ce qui concerne les établissements privés catholiques par exemple, « nous avons soumis le problème au secrétaire national de l’enseignement catholique [Seneca, Ndlr]. Il nous a été demandé de dresser le bilan de toutes ces pertes financières, et le Seneca se chargera de les adresser à qui de droit », confie l’Abbé Clément Nkodo Manga, secrétaire à l’éducation, en charge de l’enseignement secondaire de l’archidiocèse de Yaoundé. Les établissements privés laïcs du Centre et de l’Est se sont aussi adressés à leur Seduc.

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