Dimanche, 9 December 2018
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Enquête: les Camerounais reprennent-ils goût à la politique ?

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L’on observe un déferlement populaire autour des meetings, qui rappelle l’élection historique de 1992.  

Par Jean De Dieu Bidias

Le kick-off de la campagne électorale officielle en vue de la présidentielle du 07 octobre prochain a été donné le samedi, 22 septembre dernier. Au Palais des congrès de Yaoundé, ce même jour, Akere Muna, candidat investi par le Front populaire pour le développement (Fpd), mobilise plus de 3000 personnes – selon son équipe de campagne – pour son meeting à l’américaine qui dure environ huit heures d’horloge. Le même jour, à Douala, le candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), Maurice Kamto, provoque une marée humaine au quartier Bonabéri. Dimanche 23 septembre, au stade de la cité Cicam (Cotonnière industrielle du Cameroun), toujours dans la capitale économique, un autre candidat de l’opposition, Cabral Libii du parti Univers en l’occurrence, fait une démonstration de force en mobilisant plus 10.000 personnes qu’il présente comme ses militants. Le lendemain, lundi 24 septembre, sur le même site, Frankline Afanwi Ndifor, investi par le Mouvement citoyen national du Cameroun (Mcnc), réussit un méga-meeting devant une foule surexcitée qui scande à tue-tête : « Ndifor for President ! ». Serge Espoir Matomba du Peuple uni pour la rénovation sociale (Purs) ne mobilise pas moins. Ces quatre candidats partagent un point commun : ils briguent tous pour la première fois la Présidence et bousculent les codes en termes de capacité de mobilisation. Sur l’ensemble du territoire, leurs meetings se suivent et se ressemblent.

Depuis l’élection présidentielle historique de 1992, seuls le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) de Paul Biya, le Social Democratic Front (SDF) de Ni John Fru Ndi et l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) dans une moindre mesure, pouvaient rassembler 10.000 personnes à la même heure et au même endroit. Les deux premiers partis ont conservé cet acquis qu’ils semblent d’ailleurs consolider à l’occasion de la campagne électorale qui bat son plein. Cela s’est vu à Sangmélima et Ebolowa, le 25 septembre dernier lors du lancement de la campagne de Paul Biya dans la région du Sud. A l’aune du déferlement populaire qui caractérise la campagne électorale en cours, on est tenté de dire que la politique a retrouvé une place de choix dans le cœur des Camerounais. « A mon avis, cela relève encore de la logique du folklore et du voyeurisme. Parce que, si l’intérêt pour la politique était profond, il se serait au préalable traduit par une forte mobilisation pour aller s’inscrire sur les listes électorales. Il se serait également manifesté par la demande d’une plus grande structuration de l’offre politique : nous voulons discuter directement avec vous sur vos offres pour nous montrer en quoi est-ce qu’elles sont pertinentes », explique le politologue Mathias Eric Owona Nguini. Selon Elections Cameroon (Elecam), 6,5 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales. Si la stature des candidats à la présidentielle de 2018 est pour beaucoup dans la forte mobilisation que l’on observe, le taux de participation au scrutin du 07 octobre sera un indicateur de taille pour savoir si les Camerounais sont réenchantés par la politique ou non.  

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