Dimanche, 20 Septembre 2020
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Endettement des Etats africains:Le clash des institutions

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Dans un communiqué publié le 13 février, la Banque africaine de développement réfute les propos du président de la Banque mondiale qui insinue qu’elle contribue à alourdir la dette des pays du continent.

Par Lucien Bodo

Source de préoccupation permanente pour les partenaires techniques et financiers, l’endettement des Etats africains est au centre d’un désaccord entre la Banque africaine de développement (Bad) et la Banque mondiale. Le 10 février dernier, lors d’un forum tenu à Washington, le président de la Banque mondiale a reproché à certaines institutions multilatérales d’appui au développement leur « tendance à prêter trop rapidement et à aggraver le problème de la dette des pays ». David Malpass a clairement pointé du doigt la Banque asiatique de développement, la Banque africaine de développement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.

En réponse à cette sortie, la Bad a rendu public un communiqué le 13 février dernier pour s’insurger contre ces propos. Pour l’institution dirigée par Akinwumi Adesina, « cette déclaration est inexacte et non fondée sur des faits. Elle met en cause l’intégrité de la Banque africaine de développement, sape nos systèmes de gouvernance et insinue à tort que nous fonctionnons selon des normes différentes de la Banque mondiale. La notion même va à l’encontre de l’esprit du multilatéralisme et de notre travail collaboratif ».

La Bad insiste également sur le fait qu’elle maintient un niveau de transparence très élevé. A cet effet, elle rappelle que dans le rapport 2018 « Publish What You Fund », elle est présentée comme la 4e institution la plus transparente du monde. Ainsi, sur le point essentiel de la dette, elle dit proposer un programme de gouvernance solide à ses pays membres régionaux.

Celui-ci « se concentre sur la gestion des finances publiques, une gestion des ressources naturelles meilleure et transparente, une gestion durable et transparente de la dette et la mobilisation des ressources intérieures. Nous avons dirigé l’émission de financements en monnaie locale dans plusieurs pays afin d’atténuer les effets des risques de change, tout en aidant les pays à améliorer la collecte des impôts et l’administration fiscale, et en tirant parti des fonds de pension et des fonds souverains pour affecter davantage de fonds au financement des programmes de développement, en particulier Infrastructure ».

Emprunts concessionnels

S’appuyant sur un outil dénommé « African Legal Support Facility », la Bad dit aider les pays à négocier les conditions de leurs redevances et taxes aux entreprises internationales, ainsi que les conditions de leurs prêts non concessionnels à certains financiers bilatéraux. Une opération menée avec « beaucoup de succès », de son point de vue.

Grâce à son statut « AAA », la Bad, signale sa facilité à obtenir des financements à des conditions très compétitives ; ce qui lui permet de passer ensuite des conditions favorables à ses pays membres régionaux. « Combiné avec d’autres mesures pour garantir que les fonds sont utilisés aux fins prévues, il aide les pays membres régionaux à financer la dette et le développement de la manière la plus responsable et la plus durable », lit-on dans le communiqué. La Bad invoque aussi les « approches institutionnelles conjointes [avec le Fonds monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale (BM), ndlr] pour lutter contre la vulnérabilité de la dette dans les pays du Fonds africain de développement et de l’Association internationale de développement ».

Au Cameroun, l’endettement reste lui aussi un sujet préoccupant sur lequel reviennent régulièrement la BM et le Fmi. A ce jour, la dette publique du pays s’établit à 8384 milliards Fcfa ; ce qui représente 37,4% du produit intérieur brut (Pib). Une donnée qui se situe encore très en deçà de la borne communautaire qui est de 70% du Pib.

Pour certains économistes, le problème de l’endettement au Cameroun est surtout celui du rythme de plus en plus rapide qui caractérise les emprunts. A ceci s’ajoute une récurrence des prêts non concessionnels au détriment des prêts concessionnels, pourtant plus recommandés.

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