Mardi, 23 Octobre 2018
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En attendant les projets de société…

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L’élection présidentielle du 07 octobre 2018 se déroulera dans 04 jours, et déjà nous pouvons nous risquer à une évaluation de la campagne en cours, tant sur la forme que sur le fond.
Par Richard Makon*

SUR LA FORME DE LA CAMPAGNE nous pouvons nous attarder sur la mobilisation des 03 principaux acteurs de cette élection : les candidats, ELECAM et le peuple. Au niveau des candidats, si on peut aisément constater dans leur déploiement d’importantes difficultés financières et logistiques, en l’occurrence chez les opposants, et si l’on peut regretter sur le terrain quelques violations flagrantes des règles élémentaires de fairplay, on ne peut également qu’être admiratif de leurs efforts courageux de mobilisation et de déploiement tout azimut. Au niveau d’ELECAM, on assiste pantois à une multiplication de bourdes qui ne rassure pas sur la suite du processus, de même qu’on peut difficilement expliquer les retards dans la publication des chiffres officiels (nombre d’électeurs et des bureaux de vote) après 07 années de préparation. Au niveau du peuple souverain, on se réjouit de l’intérêt renouvelé pour le débat politique et des joutes électorales. Tout le mérite ici revient incontestablement aux nouvelles figures de l’opposition.
SUR LE FOND DE LA CAMPAGNE, les stratégies de mobilisation, discours et programmes des candidats interpellent. S’agissant de leurs stratégies, elles sont globalement illisibles et ne semblent obéir qu’à une seule règle : reprendre les recettes des adversaires. Quant aux discours, hors mis quelques projets de réformes scandés mécaniquement, leurs propos foncièrement empreints de populisme sont généralement meublés de polémiques inutiles. Quant à leurs ‘‘programmes électoraux’’ ils restent globalement peu connus, et leurs ‘‘projets de société’’ quasi inexistants, à moins de les résumer au très éculé ‘‘Biya must go’’ ou au constat constant : ‘‘Ce régime a échoué !’’.
Mais rappelons qu’un PROGRAMME ÉLECTORAL est l’ensemble des actions politiques de caractère général qu’un candidat s’engage à réaliser s’il est élu. Il se résume généralement en quelques points majeurs. C’est d’ailleurs ce dont dispose la majorité des candidats et qu’ils confondent avec un PROJET DE SOCIETÉ, qui lui constitue une vision cohérente d’ensemble de l’organisation et du fonctionnement du type de société que le candidat se propose de bâtir une fois élu. Dans sa conceptualisation il est soutenu par des valeurs (religieuses, morales ou éthiques), élabore des lois, formule des principes d’action et de vie, donne des orientations générales sous forme d’un PROGRAMME POLITIQUE. Dans sa configuration il propose généralement un modèle alternatif à celui existant, généralement dominant (libéral, mondialisé, consumériste, individualiste) et quelquefois un projet de reconstruction d’un pays après un désastre, une catastrophe ou une guerre.
C’est la cohérence structurelle et l’efficacité fonctionnelle qu’on lui crédite qui permettent de relativiser son caractère idéal voire utopique. S’ils ne sont partagés au départ que par ses partisans, tout candidat sait que c’est la qualité de sa stratégie et sa force de persuasion qui peuvent fédérer une majorité autour de sa vision et de son projet. Seule cette adhésion peut lui assurer le passage à la phase de réalisation où le projet de société se décline en PROGRAMME DE GOUVERNEMENT et en PLAN D’ACTION. Mais çà nous savons tous que c’est pour 2025 !
* Docteur en droit public
spécialiste du droit des investissements

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