Mercredi, 21 Février 2018
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L’effet Emmanuel Macron

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Mort de l'évêque Bala

Agé de 39 ans, Emmanuel Macron entre en fonction  comme président de la France. Au terme du premier tour de la présidentielle, et bien avant, l’âge du capitaine d’En marche a fait le buzz. De fait, Macron est le plus jeune président français. Il pulvérise le record détenu jusqu’alors par Louis-Napoléon Bonaparte, 40 ans au moment de son élection. Le 8e président de la Ve République fait désormais partie du cercle restreint des chefs d’Etat les plus jeunes au monde, aux côtés de certains dirigeants pour qui le mot démocratie peut paraître étrange. Il s’agit du Nord-Coréen Kim Jong-un (34 ans), de l’émir du Qatar, Tanim Bin Hamad Al Thani (36 ans) et du roi du Bhoutan, Jigme Khesar Namgyel Wangchuck (37 ans).

En proclamant Emmanuel Macron président de la France, le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, a cité François René de Chateaubriand, écrivain et homme politique français. Pour «être l’homme de son pays, il faut être l’homme de son temps». Comme jadis, la saillie de Barack Obama, «l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes», prononcée le 11 juillet 2009 par l’ex-président américain devant le Parlement du Ghana, la déclaration de Laurent Fabius revêt son «plein sens» en France, mais également en Afrique, continent où la longévité au pouvoir et l’âge de certains chefs d’Etat agacent.

Sous les tropiques

Au Cameroun, Paul Biya (84 ans dont 34 au pouvoir) est-il toujours l’homme de son pays ? Le chef de l’Etat est-il l’homme de son temps ? Faisons l’économie du débat sur le grand âge du timonier, qui constitue, de toute évidence, plus une faiblesse qu’un atout. L’homme de son temps- et donc l’homme de la situation- à en croire Laurent Fabius, c’est celui-là qui peut «apaiser les colères, réparer les blessures, lever les doutes, tracer la route et incarner les espoirs». C’est sur ces variables que doivent s’affronter les arguments des pour et contre sur le cas Biya.

Par ces temps, l’unité nationale est fragilisée, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Le pays est attaqué sporadiquement par des terroristes dans l’Extrême-Nord et par des bandes armées à l’Est. La pauvreté s’accroît dans les villes et les campagnes, les clignotants de la croissance économique sont rouge-orangés… Les pro-Biya invoqueront certainement la longue expérience aux affaires du président  et son sens de la modération, pour lui donner un blanc-seing. Quant à eux, les contempteurs du chef de l’Etat porteront le fer sur les louvoiements et contre-performances économiques, l’incapacité manifeste à combattre efficacement les détournements de fonds publics et la corruption, dont semble se nourrir le système, la redistribution inéquitable de la richesse nationale, l’accès insignifiant de la majorité de la population aux services de base (eau, électricité, école et routes), les demi-gestes sur le plan démocratique, etc. Entre les deux camps, les oppositions sont donc irréductibles.

En France, le peuple a souverainement fait son choix. La prochaine élection présidentielle au Cameroun doit permettre à l’électeur de voter librement et de voir son choix respecté. Plus qu’un vœu, il s’agit d’un enjeu essentiel pour l’avenir du pays.

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