Mardi, 23 Octobre 2018
Accueil quotidien mutations opinions Élection présidentielle 2018 : contrepied de campagne

Élection présidentielle 2018 : contrepied de campagne

105
- Publicité -

Au, final cette campagne présidentielle de l’an 2018 nous aura fait découvrir de « biens bonnes » et non pas des moindres.

Par Michèle Esso*

En politique, comme Descrea le dit si bien, « les promesses se sèment au gré des vents mais ne récoltent pas… » Claude Roy ajoute d’ailleurs que « le mal ce n’est pas de ne pas tenir ses promesses : c’est d’abord d’avoir fait des promesses impossibles à tenir. »

Pour ne pas tomber sur des piques qui feraient sourire un observateur averti, comme cette question du smic qui ne pourrait, sans conteste, ni égard pour les contours, passer du simple au triple, pourquoi pas… c’est bien tenté. On ira en regroupant ou en catégorisant les belles promesses des fleurs, qui sont en termes polis des contre-vérités pour ne pas dire simplement des utopies.

La première tromperie est de vouloir déstructurer le Cameroun et d’en faire un festin des ethnocentristes, tribalistes à souhait et d’une intolérance jamais égalée. Sans honte, ni aucune pudeur, nous avons vu et tous vu, notre Cameroun, bradé dans la plateforme mondiale, réseaux a priori diplomatiques et secrets, toutes les autres supposées connexions extérieures et occultes pouvant donc décider du sort des Camerounais et influencer leur devenir. Comme aux bons vieux temps, en trahissant les fonds baptismaux de notre Nation.

Notre désincarnation est sur la place du monde, les réseaux sociaux et particulièrement l’égérie Facebook, nous a dévoyé ; insultes, violences, incorrections et condescendances. Cela demeure incroyable ! Au point de distiller des messages subliminaux, dans le style, si les résultats des élections ne se passent comme eux, l’entendent, le Cameroun volera en éclats. En réalité, ce serait donc leur propriété exclusive et nous ne sommes que des faire-valoir sans aucun discernement. Tout simplement impressionnant comme réflexion.

L’engagement factice de la diaspora

Sauf que le Cameroun est, et demeure, un bien commun qui appartient à tous avec nos différences. C’est cela la constance. Personne ne sera et ne doit être l’otage d’un groupe ou groupuscule qui viendra annihiler et travestir sa et ses libertés.

Si la diaspora a pris une valeur positive aujourd’hui dans certains cas, c’est que lui sont prêtées des vertus économiques et politiques qui tranchent avec la vision classique des diasporas marquées par l’exclusion et le rejet. La multiplication des sites consacrés aux diasporas depuis le début des années 2000, qui forment un ensemble disparate, donne la mesure de l’installation et de la banalisation des diasporas dans l’espace public.

La deuxième tromperie y réside donc. Ces indignés de la République ont fait le choix mûri et égoïste de vivre ailleurs et d’épouser une autre citoyenneté. En général, c’est un choix pour un confort et des avantages personnels. C’est toujours foncièrement égocentrique et non pour un intérêt général. Notre devenir, à l’exception de quelques-uns, est réellement secondaire et ne compte que juste le temps d’un post. Ce qui se passera au Cameroun demain n’a de sens pour eux, que la présence des membres de leur famille qui n’ont pas encore pu avoir une autre Nation.

Participer, même par le moyen des impôts ou des valeurs ici, n’est pas leur préoccupation et leur seule légitimité est le lien de sang sans d’autres obligations. Que vos demeures se consument, que votre labeur s’effondre, seul leur clavier suffit.

Les postulants et le terrain

Au sujet des candidats à la magistrature suprême, les huit postulants face au candidat du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) ont chacun joué une partition particulière. Pour la majorité d’entre eux, et surtout, l’élu du Social Democratic Front (SDF), l’un des partis le plus anciens quand même, il a été question d’effets d’annonce et de meetings pompeux. Morceaux choisis : retour au fédéralisme, régionalisation, smic au centuple, soins de santé gratuit (il y a de l’argent pour tous) ; Suppression et pas réformes, des hautes institutions (SENAT) et le cœur de l’administration et de la fonction publique (ENAM).

Par contre, aucune proposition concrète, ni stratégie pour résoudre la situation anglophone, des délais annoncés, mais aucune descente sur le terrain, encore moins un meeting en dehors du R.D.P.C.

Dans la blogosphère étendue et fixée sur l’élection présidentielle camerounaise, tout semblait se jouer à l’adhésion de façade de militants d’un jour. En jouant les populistes face à la tranquille assurance du président-candidat porteur d’un projet futuriste et réaliste tout en affichant des réalisations inscrites au calendrier d’une émergence programmée, l’opposition a joué à l’opposition tout simplement. La critique acerbe, le verbe ballant et l’érudition facile, c’est à qui aurait eu les mots les plus savants pour s’en prendre au pouvoir en place.

Et pourtant, les Camerounais voient chaque jour se dérouler devant eux, une feuille de route calibrée et de grandes réalisations. L’exercice n’a pas été vain pour le RDPC qui, au lieu de simplement déployer la force de ses militants, est allé à la rencontre du peuple. Les équipes tournantes n’ont pas ménagé leurs efforts pour sillonner les régions, les villes et villages ou encore dans les quartiers, amener les citoyens à encore plus de conscience afin de ne se faire rouler dans la farine.

Cette opposition, prétendument honnête, incorruptible, n’avait rien de visionnaire sinon que les slogans convenus de dernière minute. Depuis la dernière élection, plusieurs de ces candidats se sont vautrés dans le lit de l’indigence et de la malhonnêteté intellectuelle. Certains, comme des courtisans refoulés, se sont jetés dans l’invective et l’insulte, accompagnés par une horde de conseillers toxiques et d’une garde rapprochée intolérante. Quelques journalistes et autres célébrités pourront vous témoigner du sort subi à certaines occasions parce que l’on n’avait nécessairement pas les mêmes positions que le champion en tournée.

En un mot, cette campagne nous aura confortés dans cette crainte d’avoir des politiciens de second rang plus militants qu’hommes d’État. Le pouvoir politique ne s’invente pas, il se construit tout en expériences. Face au candidat naturel du RDPC, on a malheureusement des individus peu aguerris et loin d’une conscience nationale. Cette dernière est le ciment de l’unité du Cameroun depuis près de six décennies et on ne la braderait pour rien au monde. Car c’est surtout de cela que l’avenir du Cameroun dépend d’abord.
*Journaliste. Chef du Centre de Communication du Cameroun aux Etats-Unis

Newsletter: Restez au courant de l'actualité


- Publicité -

AGENDA

Festival des musiques et danses patriomoniales

première édition de Business Coffee Break

Tous nos évènements
Mutations SHOP