Samedi, 20 Juillet 2019
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Elecam: crise entre le conseil électoral et la direction générale

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Elecam

A Elecam Fonkam Azu’u et Abdoulaye Babalé sont en désaccord sur le compte de la dotation spéciale dudit conseil.

Par Ludovic Amara

Il y a comme un air de friction entre Fokam Samuel Azu’u, président du conseil électoral d’Elections Cameroon (Elecam) et Abdoulaye Babalé, directeur général de cette institution. Jeudi 06 avril dernier, au terme de la deuxième session ordinaire dudit conseil qui s’est tenue à Yaoundé, Fonkam Samuel Azu’u signe un communiqué qui laisse quelque peu perplexe plusieurs observateurs. La lecture du document laisse en effet transparaître un désaccord entre les deux personnalités. Le président du conseil électoral écrit : « Au cours de cette rencontre, le directeur général des élections a rendu compte d’une part des résolutions du Conseil électoral et d’autre part, a fait le point sur le compte administratif d’Elections Cameroon pour l’exercice 2016 ». Mais, c’est l’un des points inscrits à l’ordre du jour qui apparaît comme la pomme de discorde. A savoir, la « présentation du compte de gestion d’Elections Cameroon au titre de l’exercice 2016 (budget annuel d’Elecam et dotation spéciale du conseil électoral), présenté par l’agent comptable ». Le conseil électoral, qui est composé de 18 membres dont le président et le vice-président Justin Ebanga Ewodo, a renvoyé le directeur général à revoir sa copie sur le compte à problèmes. « Les membres du conseil électoral ont demandé au directeur général des élections de présenter au conseil électoral, à la prochaine session, un rapport complet relatif au compte de gestion administratif et au compte de gestion de la dotation spéciale dudit conseil ».

Fonkam Azu'u

Président du Conseil Électoral

En d’autres termes, Fonkam Samuel Azu’u et les membres du conseil n’ont pas été satisfaits du rapport fait au sujet de la dotation spéciale qui leur revient. Aussi, ont-ils tenu à (re)préciser que ce compte de gestion « sera présenté par l’agent comptable, conformément à la réglementation en vigueur », au cours de la prochaine session. En janvier dernier, Mutations révélait des tensions de trésorerie à Elecam que l’absence de diligence du ministre des Finances (Minfi) avait contribué à exacerber. Dans des correspondances au premier ministre, Abdoulaye Babalé demandait le déblocage en urgence de plus de deux milliards de francs Cfa pour faire face à certaines charges, dont celles liées au conseil électoral. Dans une des lettres, Abdoulaye Babalé pressait le Premier ministre qu’« il serait hautement souhaitable que soit également autorisé en faveur de la dotation spéciale du conseil électoral, un décaissement de 730 000.000 de Fcfa». Et notait que depuis le début de l’exercice 2016, ledit conseil n’a bénéficié que «d’un seul décaissement de 2.000.000 Fcfa » sur un montant d’un milliard et demi. Pour les responsables d’Elecam, qui avouent ne pas avoir assisté à la session de jeudi dernier, c’est précisément la ventilation de cette dotation qui est au centre de la discorde.

Bis repetita

Elecam est de nouveau sous le feu des projecteurs. Le contexte est le même, les acteurs aussi. A l’exception de la direction générale des élections, qui est désormais pilotée par Abdoulaye Babalé.

Abdoulaye Babale

Dg des élections à Elecam

Son prédécesseur, Mohaman Sani Tanimou, en son temps, avait également eu maille à partir avec le conseil électoral. La faute sans doute (mais pas seulement) aux textes organiques de cette institution, qui ont la délicate mission de l’organisation des scrutins au Cameroun. La première faille est sans doute le bicéphalisme latent dans cette institution. L’ancien Dg des élections avait toujours contesté la préséance du conseil sur la direction générale et ne s’empêchait pas de le manifester lorsqu’il s’agissait de délier les cordons de la bourse. La seconde faille est vraisemblablement le mode de désignation des membres du conseil. En effet, « le conseil électoral comprend dix-huit (18) membres, dont un (01) président et un (01) vice-président […] Le président, le vice-président et les membres du conseil électoral sont nommés par décret du président de la République, après consultation des partis politiques représentés à l’Assemblée nationale et de la société civile […] Le mandat des membres du conseil électoral est de quatre (04) ans, éventuellement renouvelable ». Or, le renouvellement de mandat répond très souvent au « temps du président ». Enfin, l’indépendance d’Elecam, clamée par les autorités, est régulièrement mise à mal par sa dépendance financière vis-à-vis du pouvoir politique. Ce mélange détonnant aboutit à de nombreuses tensions au sein de l’institution, qui viennent encore porter des coups à sa crédibilité déjà fortement entachée par un code électoral décrié.

 

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