Mardi, 14 Août 2018
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Dr Hamadou Bâ: »Les pertes de connaissance brève et de vue peuvent annoncer un Avc »

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Le cardiologue et par ailleurs conseiller à la Scc conseille de limiter la restauration rapide le stress.
Par Paulette Ndong
L’étude réalisée en mai dernier avec près de 17.000 personnes dans huit régions révèle que 1/3 des adultes sont hypertendus au Cameroun et 60% l’ignorent. Qu’est ce qui peut justifier cette situation?
Il faut dire que les changements de mode de vie de nos populations de plus en plus urbanisées, occidentalisées explique cette évolution. On est de plus en plus sédentaire, on mange très souvent des repas non équilibrés, avec des ajouts de sel ou autres aromes à tables sans oublier le stress qui est fréquent soit dans le cadre familial, social ou professionnel. L’Organisation mondiale de la santé (Oms) estime que la prévalence de l’hypertension est plus élevée dans la région africaine avec environ 46% d’adultes âgés d’environ 25 ans atteints. Par ailleurs 75% des patients hypertendus traités ne prenaient pas bien leurs médicaments.

Le coût de la prise en charge est onéreux pour l’hypertension artérielle (Hta). La Société camerounaise de cardiologie (Scc) a-t-elle pensé à proposer une réduction ou une subvention?
Effectivement certains médicaments antihypertenseurs notamment de spécialités sont très onéreux pour un Camerounais moyen. Le fait que ces pathologies touchent des sujets âgés avec d’autres maladies chroniques associées a amené les pouvoirs publics à subventionner certains médicaments antihypertenseurs, à promouvoir la création des centres d’hypertension et de diabète dans les hôpitaux où les médicaments sont cédés à prix réduits aux patients. Il y a moins de deux semaines, le ministre de la Santé publique a signé un accord-cadre avec une grosse firme pharmaceutique pour rendre disponibles et à moindre coût les médicaments des maladies chroniques non-transmissibles les plus fréquentes au Cameroun.

L’accident vasculaire cérébral (Avc) est l’une des complications de l’Hta…
L’hypertension est une cause évitable d’hospitalisation et de décès. Pour éviter cette hypertension artérielle et sa principale complication qu’est l’Avc, il faut connaitre et éviter les facteurs de risque cardiovasculaires surtout ceux qui sont modifiables. Il faut éviter de fumer ou de s’exposer au tabac et d’abuser de la consommation d’alcool. L’alimentation doit être peu sucrée, peu salée et peu grasse avec la consommation de beaucoup de fruits et légumes. A cela il faut ajouter une activité physique et sportive régulière et autant que possible éviter ou bien gérer son stress. Bien entendu il ne faut pas négliger de se faire dépister dès l’âge de 35-40 ans par la simple prise de la tension artérielle.
Les signes sont très peu nombreux et très peu spécifiques. Cependant, lorsque vous avez dans votre famille des hypertendus, lorsque vous ressentez des maux de tête ou avez des troubles visuels, des bourdonnements d’oreille, des douleurs à la nuque, faites-vous prendre votre tension artérielle. Ces signes peuvent être annonciateurs d’une hypertension artérielle méconnue. La survenue brutale d’une faiblesse ou d’une paralysie d’un membre ou d’un côté du corps, d’une difficulté à parler, d’une difficulté à voir, d’une perte de connaissance brève ou une perte de conscience peuvent être les premières manifestations d’un Avc.

L’enquête concernait huit régions. Où retrouve-t-on plus de cas?
Nous retrouvons beaucoup plus de cas dans les zones urbaines. Dans ces zones, les populations ont un mode de vie beaucoup plus occidentalisé, pratiquent peu l’activité physique, font parfois appel à de la restauration rapide qui n’est pas très équilibrée et sont très stressés par l’environnement professionnel et social.

Comment couvrez-vous les zones rurales?
Dans les zones rurales, les stratégies avancées de dépistage et de prise en charge sont effectuées à travers les campagnes de santé. La formation médicale continue des médecins généralistes et la capacitation des personnels infirmiers organisée par les facultés de médecine, la Société camerounaise de cardiologie (Scc) qui compte environ 100 cardiologues et d’autres sociétés savantes nationales et internationales permettent de prendre en charge et de référer les patients qui se trouvent dans les zones très reculées. Par ailleurs, nous avons le développement de la télémédecine dans le domaine de la cardiologie au Cameroun avec le Cardiopad inventé par notre compatriote Arthur Zang et qui est utilisé par plusieurs hôpitaux de district.

Il se dit que les femmes sont les plus exposées…
En l’absence des facteurs de risque cardiovasculaires les femmes sont protégées par leurs hormones qui tendent à diminuer le taux de mauvais cholestérol et à maintenir les artères souples. Ceci explique pourquoi les maladies cardiovasculaires apparaissent après la ménopause chez les femmes qui ont une bonne hygiène alimentaire et une bonne hygiène de vie. Mais le cocktail explosif que constituent la prise de pilules contraceptives, la consommation du tabac et le stress exposent davantage les femmes aux terribles conséquences des maladies cardiovasculaires dès l’âge de 30-35 ans.

Les séances de dépistage étaient gratuites durant la campagne. Quelle a été la particularité de cette initiative?
Bien qu’elles soient très souvent l’apanage des personnes adultes, les maladies cardiovasculaires touchent aussi les enfants qu’elles soient congénitales ou acquises. Les stratégies d’une prise en charge efficace de ces maladies impliquent donc le dépistage précoce. La campagne organisée dans tout le pays par la Société camerounaise de cardiologie avec l’aide des sponsors et l’appui multiforme du ministère de la Santé publique a permis de faire le dépistage gratuit des milliers d’enfants. Ceux qui ont été suspectés puis confirmés atteints de maladies cardiovasculaires ont bénéficiés d’une prise en charge adéquate et gratuite. L’objectif de la commémoration cette année était d’inciter les familles camerounaises à se faire dépister pour connaitre leur statut d’où le thème « Je protège mon cœur, ma famille aussi».

Quels rapports entretenez-vous avec la Société camerounaise de diabétologie puisque ces maladies ont un lien avec le diabète ?
Les deux sociétés sont des sociétés savantes qui luttent contre des maladies qui très souvent évoluent ensemble. En effet, les malades souffrant du diabète meurent de complications cardiovasculaires. C’est pourquoi les deux sociétés savantes œuvrent dans les cadres de la prévention, de la détection et de la prise en charge des maladies cardio-métaboliques chroniques aux conséquences médicales, médico-économiques et sociales très dramatiques.

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