Mardi, 4 Août 2020
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Douala:les trois plaies de  Makèpè Missokè

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Ce quartier tristement célèbre de la capitale économique croule sous le poids de l’insécurité, de l’insalubrité et des inondations.

Par Merveille Tadesue (Stagiaire)

La réputation du quartier Makèpè Missokè le précède, du moins, en ce qui concerne les inondations. Car, ce quartier figure parmi les plus inondé de Douala. Pourtant, depuis quelques temps, ce quartier populeux de la capitale économique ajoute un autre triste palmarès à ce tableau déjà assez noirci. Vols, braquages et agressions sont devenus presque la norme dans ce quartier de l’arrondissement de Douala 5e. Tenez par exemple. Mi-février 2020, un quadragénaire est mortellement poignardé par des hommes non identifiés alors qu’il revient de son travail. L’homme est arraché à la vie à quelques mètres de son domicile. Les scènes d’agression à l’arme blanche et à travers des motos sont courantes. Les lieux dits «Carrefour Ipa », «Marché, foyer Bamoungoum », «Sommet» figurent parmi les endroits les plus dangereux de Makèpè Missokè.

Une situation qui, d’après les populations, est favorisée par l’absence d’éclairage public. « Vous savez que les voleurs profitent de l’obscurité pour opérer en toute quiétude. L’obscurité va de paire avec l’insécurité. Car il n’y a presque pas d’éclairage public. Dès que le soleil se couche, plusieurs axes, coins et endroits deviennent dangereux. Il est peu conseillé de se balader dès la tombée de la nuit, au risque de se faire agresser », explique le chef de bloc du secteur G, Jean Mengue. Une insécurité source d’agressions. «Ils prennent même les choses les plus insignifiantes, comme des ustensiles de cuisine, des appareils électroniques, des bouteilles de gaz. Ils prennent tout ce qu’ils trouvent à portée de main», ajoute Francis Yanou un habitant du quartier.

Coupures d’électricité

Une insécurité qui peut être revue à la baisse avec la double présence des comités d’auto-défense et de l’énergie électrique. Une absence d’éclairage publique pour laquelle les populations vivant du côté du marché de Makèpè Missokè ont organisé une manifestation de protestation. Par ailleurs, des réunions ont été organisées entre éléments des forces de maintien de l’ordre, les habitants, le chef de quartier et de blocs. Sans suite. L’insécurité se poursuit.

L’insécurité en rajoute au malheur de ces habitants, surtout en saisons des pluies. Car, la moindre pluie est source d’inondations dans ce quartier. Le quartier a déjà été victime de la fureur des eaux à l’issue de la pluie qui est tombée sur la ville de Douala en février dernier. Et pour cause, ce quartier est en partie situé dans une zone marécageuse, donc, non constructible. Les populations  ont également construit sur les voies de passage de l’eau de pluie, des voies également bouchées par les déchets de tout genre. «  Au-delà des constructions anarchiques, la promiscuité est l’autre pan du problème. Mille couloirs forment un labyrinthe entre différentes habitations », déclare le chef de bloc du secteur B, Luc Feujio.

Les habitants de ce quartier ne dorment que d’un œil en saison pluvieuse, et pas du tout, lorsqu’il pleut. Et le spectacle est triste. De nombreuses maisons sont remplies d’eau. Certaines, jusqu’aux fenêtres. D’autres sont abandonnées par leurs occupants en saison des pluies. Ils ne regagnent leurs domiciles qu’une fois les pluies terminées. Et comme d’habitude, la pluie qui s’est abattue sur Douala dans la nuit du lundi 09 mars 2020 a entrainé son lot de malheurs. « J’ai perdu ma petite fille de trois ans à cause de l’inondation causée par cette pluie », déclare, les yeux remplis de larmes, maman Marie.

Promesses non tenues

D’après les populations, lorsque la saison de pluie arrive, ils  ne savent plus  à quel Saint se vouer, car les déchets de toutes sortes, des bouteilles en plastiques  et autres détritus drainés par le torrent d’eau jonchent les alentours de leurs maisons. « Quand la saison des pluies arrive, nous prenons certaines dispositions pratiques. On essaye de faire des étagères pour ranger certains objets importants », confie Estelle Momo. Les promesses faites par la mairie et les autorités au lendemain des inondations de 2019 n’ont toujours pas été réalisées. « Elles avaient promis de creuser des drains. Une saison est passée. Voici une autre qui commence », ajoute-t-elle. Le problème croit savoir Roger Nguémo chef de bloc A, « c’est le lit de la rivière qui est étroit et bouché. Lorsque l’eau arrive, elle ne trouve pas de passage, elle commence à envahir les domiciles », explique-t-il.

Cependant, les ordures ne causent pas que les inondations, mais, également l’insalubrité à travers les artères de ce quartier. Dans les marchés, les immondices d’ordures s’étendent à perte de vue. Dans les rues aussi. Les tranchées creusées pour agrandir les routes sont devenues les lieux par excellence pour vider les poubelles. Des odeurs épouvantables s’y échappent. Des senteurs nauséabondes exposent les populations à de nombreuses  maladies. Les usagers ne trouvent plus de place dans les bacs a ordures, désormais plus que pleins.

Les habitants et commerçants estiment que c’est la Société d’hygiène et de salubrité du Cameroun (Hysacam) qui est la cause de cette situation parce que ses agents ne vident pas les bacs à temps. Même si certains d’entre eux, pointent un doigt accusateur sur le manque d’hygiène de certains habitants. « Certains personnes préfèrent jeter leurs ordures en bordure de route ou par terre. Dans certains coins il y a manque de bacs à ordures et les populations ne savent pas où jeter les déchets ménagers », affirme Armand Tchakounté.

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