Samedi, 28 Novembre 2020
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Douala:des manifestants pacifiques déshabillés et gardés à vue

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Ils manifestaient pacifiquement pour demander des ralentisseurs sur le prolongement nord du boulevard de la République à l’origine d’accidents mortels. Des habitants de Bonabo déshabillés et quatre gardés à vue et dans le commissariat.

Par Blaise Djouokep (Jade)

La manifestation s’était dispersée dans le calme. Mais vers 9h du matin,  Adonis Febe, Babette Nongni et deux autres manifestants ont été interpellés sur le prolongement  nord du boulevard de la République, le mercredi, 04 novembre 2020 à Bonabo. Après sept heures de garde à vue, ils sentaient l’inquiétude les gagner. « Vers 16h, nous avons vraiment commencé à paniquer. Personnellement, je me demandais si j’allais passer la nuit au commissariat », reconnaît Adonis Febe.

Protéger les usagers de  la route

Heureusement,  l’association « On est ensemble » à laquelle ils adhèrent a saisi l’Organisation non gouvernementale « Un Monde à Venir ». Le Coordonnateur de cette ONG, Philippe Nanga, s’est rendu au commissariat pour dialoguer avec les enquêteurs en charge du dossier puis avec le commissaire. « Les enquêteurs, puis le commissaire  lui-même,  nous ont dit que seul le sous-préfet de Douala 5ème  était habilité à décider de la libération des gardés à vue», explique Philippe Nanga.

« Nous avons longuement discuté, et le commissaire a pris sur lui d’appeler le sous-préfet qui lui aurait donné l’autorisation de résoudre le problème. A un peu  plus de 20h, les jeunes ont été libérés», poursuit-il.  Le commissaire a indiqué qu’à l’avenir les manifestants devront informer les autorités avant toute manifestation sur la voie publique. Cette  démarche aurait été faite, selon le vice président de l’association, Joseph Atesse.

« Depuis la mise en circulation de cette route, il y a environ 2 ans, une vingtaine de morts et de nombreux blessés ont déjà été enregistrés. Des riverains arrachés à la vie en voulant traverser la route. Face à ces drames, nous avons saisi le sous-préfet, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala et même le maire de la ville pour la pose de ralentisseurs sur cette voie. En vain ! Face à ce silence de l’administration, nous avons organisé cette manifestation au bord de la route pour passer le message aux médias », indique Njikam Mama, un manifestant.

« Interpellations illégales »

Selon les manifestants, des éléments de la police et de la gendarmerie sont descendus sur les lieux alors que la manifestation, qui a duré une trentaine de minutes, était déjà achevée. Les représentants de loi ont discuté avec eux, puis, ont reçu un appel du sous-préfet qui est arrivé quelques minutes plus tard et a ordonné l’interpellation de quatre leaders pour « troubles à l’ordre public ». Ceux-ci  disent avoir été déshabillés. Ce que confirme à demi-mots un policier.

Ces interpellations ont été faites en violation de l’article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui reconnaît le droit de réunion pacifique. D’après le Comité des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies (Onu), ce droit est reconnu même si la réunion pacifique n’a pas été déclarée. Dans son observation générale N°37 portant sur l’article 21, ce Comité précise que « le fait que les autorités ne se sont pas vues notifier de la tenue d’une réunion ne devrait pas rendre la participation à la réunion illégale, et ne devrait pas être utilisée en soi comme un motif pour disperser la réunion, arrêter les participants ou organisateurs ou infliger des sanctions indues comme les accuser d’une infraction pénale. Un tel fait ne dispense pas les autorités de l’obligation, dans la limite de leurs possibilités, de rendre possible la réunion et de protéger les participants ».

De plus, selon la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (article 11), « toute personne a le droit de se réunir librement avec d’autres ». Selon Philippe Nanga, la non-déclaration d’un rassemblement ne saurait le rendre illégal, ni justifier que les personnes interpellées soient libérées sous caution. Le défenseur des droits de l’homme a signé une fiche d’engagement en faveur de ces quatre habitants de Bonabo, au cas où elles seraient à nouveau appelées à se prononcer sur ces faits.

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